16 févr.
2008

Tournai : la distillerie Carbonnelle

L'histoire de cette distillerie commence avec François Joseph Carbonnelle, né à Vaulx en 1870. A l'âge de 22 ans, il épouse Isabelle Raquet. Le couple abandonne alors le magasin de bibelots qu'il tenait et François-Joseph s'installe marchand de genièvre, dans le quartier Saint Jean à Tournai. Le genièvre est une boisson très prisée dans le Nord de la France, en Belgique et surtout au Pays-Bas. Eau-de-vie obtenue par la distillation de moûts de céréales (qu'on trouve en abondance dans nos contrées) en présence de baies de genévrier, elle est la boisson favorite des ouvriers de la région, surtout ceux qui travaillent à l'extérieur, qui se servent, pour se réchauffer et pour se donner du coeur à l'ouvrage, une bonne "bistouille", une rasade de genièvre versée dans un café bien chaud.

En 1811, François-Joseph Carbonnelle achète un bâtiment situé dans la rue Saint Brice, à l'angle de la rue Haigne. Celui-ci est composé d'un corps de logis et de dépendances à usage de brasserie. Là, il va poursuivre son commerce de spiritueux et faire redémarrer la brasserie. Ce père de huit enfants meurt prématurément en 1825, il n'est âgé que de 45 ans ! Deux de ses fils, François-Louis Carbonnelle, né en 1804 et Jean Baptiste, né en 1809, reprennent l'affaire familiale à la mort du père. François-Louis épouse, en 1831, Gertrude Neirinckx, plus communément prénommée Colette. Le couple va habiter la maison de la rue Saint Brice tandis que la mère, Isabelle Carbonnelle-Raquet va d'abord demeurer un peu plus loin dans la même rue avant de déménager pour le quai des Salines.

Francois va se séparer de la brasserie en 1835 (celle-ci sera reprise par son frère Jean-Baptiste) et va s'établir dans la rue Saint Piat, dans un immeuble situé au n° 22, dénommé à la "Brassery Saint Piat" (anno 1644). En 1832, trois ans auparavant, il était devenu Maître des Poste, c'est sans doute la raison pour laquelle, dix ans plus tard, lorsqu'il ajoute une distillerie à sa brasserie, il intitulera l'ensemble "Brasserie et Distillerie du Cornet de Poste". Tournai compte à cette époque une trentaine de brasseries. François-Louis Carbonnelle vit aisément et il les investit ses bénéfices dans l'achat d'estaminets mais aussi de terres. En 1853, il déménage à nouveau et s'installe à la rue du Désert, où il fait construire un moulin à grains à la rue de la Planche. Il décèdera en 1862, âgé de 58 ans laissant l'affaire à son épouse et à ses deux fils Victor-Antoine et Edmond.

Victor-Antoine est né en 1840, à l'âge de 35 ans, il épouse Léontine Delye. Après des études à l'Athéne Royal de Tournai, il a été initié par son père aux affaires. Aidé de son frère Edmond, son cadet de trois ans, il liquide la brasserie pour ne conserver que la distillerie. La prospérité est au rendez-vous et la réputation de la distillerie dépasse nos frontières. La production se développant, il se trouve bientôt trop à l'étroit dans ses locaux et aménage une nouvelle distillerie à la rue du Gaz à Kain. En ce lieu, la proximité de l'Escaut offre de nouvelles possibilités pour l'écoulement de la production. A la mort d'Edmond Carbonnelle, en 1916, Victor-Antoine préside aux destinées de la distillerie qui devient Société Anonyme en 1924. Victor-Antoine Carbonnelle décèdera en 1927. La direction de l'entreprise familiale est désormais exercée, conjointement, par ses deux fils Edouard, né en 1880, ingénieur civil de formation et Albert, né en 1883, distillateur. Edouard épousera en 1909, Yvonne de Hoon, tandis qu'Albert avait épousé en 1907, Alice Huet. Albert Carbonnelle exercera le mandat de bourgmestre de Kain de 1930 à 1932 et de 1939 à 1946. Trois ans après le décès d'Edouard Carbonnelle qui est survenu le 17 octobre 1960, la distillerie fusionne avec celle de Schoten (près d'Anvers). Les fils respectifs d'Edouard (Victor) et d'Albert (Robert) continueront à gérer l'entreprise jusqu'à ce qu'elle cesse définitivement ses activités en avril 1972.

14:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : distillerie carbonnelle, le genievre |

Commentaires

Tres beau site, si je passe par là, je viendrai sûrement voir ce qu'il y a à visiter sur ton blog.
Atalante.

Écrit par : Atalante | 17/02/2008

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Les compteurs Merci pour la visite sur mon blog.

J'ai bien l'impression aussi que les compteurs de skynetblogs ne sont pas fiables en ce moment. J'avais remarqué ça aussi depuis la mise à jour de la semaine dernière. D'autant que j'avais mis un autre compteur (que j'ai supprimé depuis) qui n'enregistrait que peu de visites. Mais de toute façon, il n'y a pas deux compteurs qui donnent les mêmes résultats... Alors à qui se fier ?

Écrit par : Arcane | 17/02/2008

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Tres belle synthèse de l'histoire de cette entreprise dont mon père Robert fut le dernier directeur.
Quelques remarques: à mon avis l'aieul Feancois Carbonnelle est ne en 1770 et non 1870. Ensuite, vous êtes assez discret sur Victor Carbonnelle, sa longue carrière politique: échevin et bourgmestre de Tournai de très nombreuses années et député de la chambre des représentants. Il a eu un rôle prépondérant dans la vie de Tournai fin 19ème et début 20ème
Merci pour ce travail
François Carrbonnelle

Écrit par : Carbonnelle François | 06/07/2012

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