30 janv.
2008

11:05

Tournai : l'entreprise Deplechin

L'histoire de cette entreprise tournaisienne de pompes et appareils hydrauliques débute au milieu du XIXe siècle. C'est en effet le 12 février 1829 que naît, à Obigies, Antoine, Joseph Deplechin. Son père Jacques-Emmanuel (1789-1869) y exerce le métier d'agriculteur, de charpentier et de fabricant de tuyaux en bois forés.

A l'age de 17 ans, en 1846, le tout jeune Antoine Deplechin quitte son village des bords de l'Escaut et vient s'installer à Tournai, où il ouvre, à la rue de Pont, un magasin à l'enseigne de "la Pompe d'Or" et y exerce le métier de plombier. Quinze ans plus tard, le magasin est transféré à la rue du Cygne. En 1865, Antoine Deplechin crée une petite fonderie dans un bâtiment de la rue de la Madeleine, face à l'église. Enfin en 1869, magasin, atelier... la totalité de l'activité se retrouve dans un bâtiment de l'Avenue de Maire, au n°28, bâtiment qui existe toujours près de 150 ans plus tard.

Antoine Deplechin se spécialise non seulement dans la fonderie de fer ou de cuivre mais ajoute aussi un département créant des pompes et appareils hydrauliques ainsi qu'une activité d'extrusion de tuyaux de plomb et un laminoir pour feuilles de plomb. Désormais, on connaîtra à Tournai son activité sous le nom des "Pompes Deplechin". Au décès d'Antoine survenu le 14 décembre 1881, ses deux fils, Jules, Edouard, né en 1851 et Arthur, né en 1853 assurent la succession et fondent la société privée "Deplechin Frères". Ils développent un nouveau produit connu sous le nom de "La Pompe de Tournai", une pompe mécanique à pistons. En 1927, Jules Deplechin décède.

Depuis la fin du premier conflit mondial, l'entreprise s'est fortement développée et a créé différents types de pompes : rotatives, réversibles, centrifuge, inoxydables. On y élabore aussi des pompes ornementales de différentes tailles qu'on retrouve sur de nombreuses places publiques. Les deux frères mettent aussi au point la pompe à "balancier" permettant des forages à très grande profondeur. Leur dynamisme et leur esprit d'entreprendre les poussent aussi à investir dans un département de constructions mécaniques pour y construire des transmissions par poulies et courroies, des tonneaux à tanner, du matériel pour les brasseries (très nombreuses dans la région), savonneries, filatures...

Après le décès de son frère, Arthur Deplechin cède le relais à son fils Robert, né en 1851. Celui-ci va s'atteler à restructurer l'entreprise ne conservant que l'activité des pompes. Robert Deplechin sera la Président de la Chambre de Commerce de Tournai de 1929 à 1932 et également Président de Fabrimétal. En 1950, le fils, Marcel Depechin, né en 1923, succède à son père, gravement malade. Durant vingt ans, Marcel va faire connaître son entreprise partout en Belgique, en France, en Europe ensuite et même sur le continent africain. C'est sous sa direction qu'on verra naître un nouveau département "Sanidep", commerce d'accessoires en plomberie et robinetterie sanitaire pour entrepreneurs et particuliers. L'entreprise procure à cette époque de l'emploi à plus de 100 personnes. Jean Moyart, cadre de l'entreprise, deviendra le directeur au départ de Marcel Deplechin dans le milieu des années quatre-vingt.

Comme dans les autres secteurs d'activité, voici que surviennent les fusions et absorptions afin de faire face au grand marché européen qui se profile à l'horizon. Le secteur des pompes de Deplechin est alors repris par Thompson Aircraft Belgium et sera par la suite intégré au puissant groupe français Moret. En l'an 2000, On assiste à un nouveau rapprochement entre les ateliers d'Ensival et le groupe français. A la drève de Maire, on voit donc apparaître l'enseigne "Ensival-Moret-Deplechin S.A.".

Lors de la reprise de l'activité pompes, d'anciens cadres de l'entreprise se sont associés pour reprendre le département "Sanidep" qui s'installa dans des bâtiments spacieux et ultra-modernes à la rue de Maire à Froyennes. Le 20.6.2007, Sanidep est racheté par Induscabel, société fondée en 1955 par Pol Blockmans qui s'était d'abord spécialisé dans la fabrication de courroies en caoutchouc pour les charbonnages (de là son nom INDUStrie du CAoutchouc BELge). Suite à la fermeture des charbonnages dans la seconde moitié du XXe siècle, cette société s'est reconvertie en entreprise grossiste en chauffage, salles de bains et cuisines. Depuis le 3 septembre 2007, le grand hall d'exposition et les magasins de la rue de Maire à Froyennes portent désormais la nouvelle enseigne mais le savoir-faire développé par Antoine Deplechin en 1846 est toujours bien présent tant à l'avenue de Maire chez Ensival-Moret-Deplechin qu'à Froyennes chez Induscabel.

28 janv.
2008

16:16

Tournai : la Maison Decallonne

Nous poursuivons notre série sur les sagas des familles fondatrices de maisons qui font la réputation de Tournai. Sur la Grand'Place, au numéro 18, tous les visiteurs connaissent la maison Decallonne, spécialisée en librairie et papeterie.

Simon, Antoine, Victor Decallonne est né à Tournai en 1829, dans l'actuelle rue du Cygne où son père, Simon-Antoine exerçait la profession de maréchal-ferrant. En 1868, agé de 39 ans, il épouse Marie-Elise Liagre et s'installe dans un immeuble de la rue Claquedent où il va exercer le métier d'imprimeur. Le couple ne restera pas très longtemps au sein du quartier Saint Jacques, en effet, peu de temps après leur mariage, il achète un immeuble situé au numéro 18 de la Grand'Place où est transférée l'imprimerie alors dénommée "Decalllonne-Liagre". Simon se spécialiste principalement dans l'édition de livres religieux et imprime : "La Semaine religieuse du diocèse de Tournai" mais aussi " la Revue des Humanités en Belgique", "le Bulletin des écoles primaires" et la "Revue des gens de lettres belges". Les ouvrages pieux et profanes imprimés par Simon Decallonne sont également traduits en néerlandais. La maison s'inscrit dans un autre créneau : les faire-part de naissance, de mariage ou de décès, le souvenir mortuaire distribué au cours des funérailles et les documents commerciaux.

Nous sommes à la fin du XIXe siècle et Simon Decallonne est désormais éditeur-imprimeur-libraire. Face au développement de ses affaires, il se voit dans l'obligation de s'agrandir et transfère son imprimerie à la Roquette Saint Nicaise, où il travaillera désormais avec ses deux fils, Victor né en 1870 et Julien, né en 1876. Hélas, Victor, l'ainé, décèdera à l'âge de 18 ans en 1888, Julien en 1901 et leur père, cinq ans plus tard, le 14 mai 1903. Il était agé de 74 ans. Une telle accumulation d'évènements aussi tragiques fait que les affaires sont vite en difficulté, Ce sont finalement les éditeurs-imprimeurs Louis et Henri Casterman qui rachètent le fonds de commerce, le matériel d'impression et l'immeuble de la Grand'Place.

La Maison Decallonne va néanmoins renaître de ses cendres et le 30 septembre 1931, devient Société Anonyme, elle confie ses travaux d'impression à l'imprimerie Lefebvre de Warchin. Neuf ans plus tard, la seconde guerre mondiale éclate. Le 16 mai 1940, les Allemands bombardent Tournai, les immeubles de la Grand'Place sont détruits, il ne reste qu'un vaste champ de ruines desquelles émergent notamment les facades de la Halle-aux-Draps et les murs de l'église Saint Quentin. Dès la fin de la guerre, la papeterie va rouvrir ses portes à la rue Claquedent tandis que la librairie occupera une des échoppes construites par l'Administration Communale au centre de la place et mises à la disposition des commerçants sinistrés. Trois ans plus tard, en 1948, la maison Decallonne réintègre son bâtiment reconstruit du 18 Grand'Place qu'elle occupe toujours.

De conception moderne, sur deux étages, la librairie propose ses livres classiques, romans, parutions de maison d'édition, papeterie mais aussi disques classiques et DVD. Sa vitrine à thémes, très souvent renouvelée, attire toujours le regard du passant et nombreux sont les bibliophiles qui s'y rendent régulièrement. Dans cinq ans, elle fêtera son cent cinquantième anniversaire !

16:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, maison decallonne, simon decallonne |

27 janv.
2008

13:55

Tournai : la manufacture d'orgues Delmotte.

Pour retracer l'histoire de cette famille de facteurs d'orgues, il nous faut remonter au début de XIXe siècle. C'est en effet en 1812 que Pierre-Fidèle Delmotte, né en 1792, horloger avec son père et organiste dans l'église du village, crée à Saint Léger (près de Pecq) une manufacture d'orgues. Il s'associe durant une dizaine d'années avec son frère. En 1867, Pierre-Fidèle Delmotte meurt mais il a depuis longtemps instruit son fils Théophile, né en 1833, à la technique des facteurs d'orgues. En 1855, agé de 22 ans, Théophile Delmotte se rend à Paris où il s'initie au style symphonique chez A. Cavaillé-Colli.

A son retour, il décide avec son frère Edouard de s'installer, en 1872, à Tournai, tandis que son second frère, Constantin, continue à habiter Saint Léger où il se spécialise dans la fabrication de tuyaux d'orgues. La renommée des frères Delmotte s'étend et ils équipent en orgues les églises de Belgique, du Nord de la France et du Pas de Calais. C'est de cette époque que date la création d'un système de transmission à dédoublement dont l'église de Roncq (F) sera une des premières équipées. La succéssion sera assurée par Maurice Delmotte, né en 1855.

Celui-ci aborde le système électro-mécanique et il équipe ainsi les église de Jumet Gohyssart, de Charleroi Saint Christophe et de Charleroi Ville Basse. Maurice Delmotte créera également les orgues de Châtelet, d'Auvelais et de Maredsous. Mais il restera celui qui construisit l'orgue monumental, le plus grand de Belgique avec ses 110 jeux, de l'I.N.R. (Institut National de Radiodiffusion), ancêtre de la RTBF, à la Place Flagey à Ixelles (Bruxelles). Maurice Delmotte décèdera en 1961, son fils Georges, né en 1925, lui succèdera, quatrième génération de la famille.

C'est à l'age de 21 ans, en 1946, que Georges Delmotte avait débuté dans l'entreprise familiale. Il développa à partir de 1975, à nouveau, des instruments à traction mécanique et poursuivit le travail de son père dans le système électro-pneumatique. Il équipera l'église Saint Brice à Tournai. Par la suite, il créera les orgues de Nivelles Récollets et de l'église Saint Quentin à Tournai avec ses 36 jeux (1986). En 1992, Georges Delmotte décède inopinément. mais la tradition familiale ne s'éteint pas pour autant, deux neveux, Guy Seghers et Denys Delporte ont été initiés à l'harmonisation et à la conception d'orgues. La gestion de l'entreprise est reprise par Etienne Delmotte. Installée à la chaussée de Lille, la manufacture d'orgues Delmotte exerce son activité en Belgique, en France mais a déjà était appelée en Italie, en Grèce et même en Colombie. Parmi les autres réalisations de cette maison tournaisienne, citons l'orgue de l'Exposition universelle de Bruxelles en 1935 et celui de l'église Saint-Lazare à Tournai qui datent de 1888.

13:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : orgue de l i n r, manufacture d orgues delmotte |

26 janv.
2008

11:19

Tournai : les produits artisanaux (7)

Pour la deuxième fois dans cette rubrique consacrée aux artisans des saveurs de Tournai, nous retournons dans le village de Templeuve.

Après avoir évoqué l'histoire de la brasserie du Cazeau, nous découvrons aujourd'hui un artisan producteur en pâté, foie gras et confits. la Ferme Louis Legrand, située à la rue de Néchin. Depuis huit générations, la famille Legrand a pratiqué l'élevage et les cultures traditionnelles de notre région comme les betteraves, la pomme de terre et les céréales. Il y a dix ans, elle a choisi de se spécialiser dans l'élevage du canard et la préparation de nombreux produits dérivés de celui-ci. L'élevage des volatiles et la fabrication des produits sont réalisés de manière totalement artisanale.

Afin d'atteindre le degré de qualité qui est le leur, les responsables de la ferme Legrand ont construit des installations d'abattage et de cuisson qui répondent strictement aux normes d'hygiène actuellement en vigueur ce qui garantit non seulement l'authenticité mais également la fraîcheur des produits élaborés. On peut ainsi y trouver des foies gras crus, des viandes de canard (comme le magret), des foies gras mi-cuits ou des terrines, des pâtés de canard, des rillettes, des confits ou encore un excellent cassoulet.

Avant que ne débute les fêtes de fin d'années, les activistes de l'organisation Gaïa ont installé leur tente sur la Grand'Place de Tournai dans le but de sensibiliser la population à la souffrance des animaux gavés. Notre propos n'est pas de prendre position dans cette remise en question, par un groupe, des traditions séculières dans le secteur de l'alimentation. A notre époque il y a tellement de raisons de manifester sa réprobation surtout lorsqu'on vit en démocratie et que des hommes, des femmes et des enfants connaissent des souffrances innombrables. Nous voulons mettre en évidence le travail d'un artisan de chez nous qui apporte, dans son secteur, un produit de qualité, reconnu au-delà de la frontière puisque la clientèle qui se rend à la ferme Louis Legrand est tout aussi bien française que belge.

25 janv.
2008

10:18

Tournai : les produits artisanaux (6)

La Maison Fretin.

Nous continuons notre découverte des goüts et des saveurs au travers de l'artisanat de la cité aux cinq clochers. Nous l'avions déjà évoqué dans l'article consacré aux gaufre Marquette, aujourd'hui c'est vers ce breuvage fort prisé dans nos régions, le café, que nous allons nous tourner. Avant d'entamer la lecture, n'hésitez pas à vous servir "eine beonne jatte d'jus tout fraîque", du "colle-à-l'jatte", du "chéribeon" comme on dit à Tournai. Si vous êtes en train de le faire, surveillez bien "vo marabout" (cafetière) car, comme on dit aussi, "café boulu, café foutu" et quand vous vous servirez une tasse n'oubliez pas : "Cha ch'est cha, mais du café sans chuque (sucre), ch'est pos cha".

En 1950, un Tournaisien, Mr Robert Fretin créa son entreprise artisanale de torréfaction du café. Aidé par son épouse, Raymonde, débuta pour lui le travail de découverte des cafés crus, de la science des mélanges et d'une bonne torréfaction. Au moyen d'un torréfacteur de petites dimensions, il produisait alors 10 kilos de café toutes les 15 minutes. Voulant lier le nom de son café à celui de sa ville, il le baptisa "Café 5 Clochers". Mr. Fretin ouvrit alors un magasin à la chaussée de Douai où il vendait directement au consommateur le café issu de ses mélanges personnels et torrifié par ses soins. Par la suite, toujours avec l'aide de son épouse, il entreprit la remise à domicile dans les villages voisins de Tournai. Les affaires prospérèrent au point que seize ans plus tard, l'entreprise ouvrit un second magasin dans le centre-ville.

En 1970, leur fils Michel, les rejoignit et apprit de son père les secrets du café et d'une bonne torréfaction. Lorsque les parents se retirèrent, c'est donc tout naturellement qu'on retrouva Michel Fretin et son épouse à la tête de l'affaire familiale. A la fin des années septante, Michel Fretin entreprit de moderniser les locaux et se dota d'un nouveau torréfacteur d'une capacité de 120 kilos, d'une machine à emballer et créa des silos pour le café vert et le torréfié. En 1979, il ouvrit un troisième point de vente à Tournai, dans le Centre Commercial des Bastion. Ce magasin plus facile d'accès pour la clientèle remplacera progressivement celui de la rue Gallait, dans le piétonnier, qui fermera ses portes par la suite.

Entretemps, la famille Fretin avait ouvert un magasin à Mouscron. Le "Café 5 Clochers" se décline en sept versions : le "Ménage", le "Supérieur", le "Gourmet", le "Bourgeois", le "Dessert", le "Moka" et le "Décaféïné". La remise à domicile s'est élargie à tous les villages du Hainaut occidental de Basècles à Molenbaix, de Rumes à Amougies. La Maison Fretin défend la tradition de la torréfaction à l'ancienne, soit une opération lente de 10 minutes qui permet de développer de façon optimale les arômes du café. De plus, grâce à une trieuse, les cafés sont débarrassés des grains immatures qui lui donnent ce qu'on appelle parfois un "goût de jeune".

C'est à la rue Jean Cousin que sont situés les locaux de torréfaction. Quand, à certains moments de la journée, une fumée bleuâtre envahit, pendant quelques instants, le quartier, on peut alors humer la bonne odeur du café qu'on vient de torréfier ! Tournai possède également une seconde maison spécialisée dans la torréfaction du café mais aussi dans la vente de thés, la Maison Favot située à la rue de l'Hôpital Notre-Dame. "Allez, on n'va pos s' quitter sur eine gampe (jambe), quoisque vous direz d'acore boire eine goutte d'jus, ch'est du fraîque... d'au matin". A vot' beonne santé, mes gins !

10:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cafe fretin, cafe 5 clochers, cafe favot |

24 janv.
2008

10:16

Tournai : les produits artisanaux (5)

En 1982, la Ville de Tournai organisa en la Halle-aux-Draps, une exposition consacrée à la commémoration du 1.500e anniversaire de la mort de Childéric et de l'avènement de Clovis. Celle-ci remporta un important succès car on pouvait notamment y voir le trésor découvert au pied de l'église Saint Brice conservé à Paris.

A l'occasion de cet évènement exceptionnel, l'association des pâtissiers de Tournai élabora un gâteau spécial quit fut dénommé le "Clovis". Ce gâteau a été offert, en primeur, au roi Bauduin lors de sa visite de l'exposition. Par la suite, les maîtres pâtissiers tournaisiens en confectionnèrent un exemplaire géant de 600 personnes à l'occasion de l'émission de jeu de la RTBF "Qui veut le gant ?" opposant la cité aux cinq clochers à celle de Namur. Enfin lors des fiançailles du Prince Philippe et de la Princesse Mathilde, chaque région du pays étant invitée à offrir un cadeau représentatif, c'est à nouveau le gâteau "Clovis" qui fut mis à l'honneur.

Le "Clovis" est composé d'une pâte à biscuit pour le fond, d'une confiture d'abricots et d'ananas, d'une pâte à cake et est saupoudré d'amandes.

Une autre spécialité est celle créée au milieu des années quatre-vingt dix (nonante) par Dominique Van Hove, boulanger pâtissier, installé sur la place de Lille. A cette époque, la voirie était en pleine rénovation, les travaux durèrent de nombreux mois au grand dam des commerçants qui voyaient se réduire la clientèle, comme c'est souvent le cas lors d'un chantier, en raison des difficultés de stationnement ou d'accès. Son magasin étant situé à quelques mètres de l'église Sainte Marguerite, il baptisa du nom de celle-ci, le gâteau qu'il avait confectionné pour fêter la fin des tourments.

Le gâteau "Sainte Marguerite" est composé d'une génoise chocolat, d'une mousseline de chocolat, de crême brulée à l'intérieur, de praliné croquant, le tout recouvert d'un miroir de chocolat. Si le gâteau "Clovis" peut être commandé dans de nombreuses maisons tournaisiennes, le "Sainte Marguerite" est uniquement disponible à la boulangerie pâtisserie Van Hove.

La Tournay et les autres bières régionales, les spécialités de biscuits Desobry, les gaufres fourrées Marquette, les gâteau Clovis et Sainte Marguerite servis après un repas précédé de l'apéritif le "Tournaisien" et composé d'une assiette de "mutiau" (tête pressée finement hachée, garnie d'ail et de persil servie avec de la gelée), d'une salade tournaisienne, du lapin aux prunes et raisins et de pommes "vapeur", voilà un menu à ne pas manquer par les gourmets.

10:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : le sainte marguerite, le clovis, dominique van hove |

23 janv.
2008

15:43

Tournai : les produits artisanaux (4)

Avec le biscuit, la gaufre est aussi une spécialité tournaisienne grâce à la Maison Marquette.

L'entreprise familiale Marquette a été fondée le 01.01.1902. Depuis cette date, quatre générations se sont succédées à sa tête pour lui conférer sa renommée. Elle est actuellement dirigée par Philippe Marquette, Administrateur Délégué et Bernard Marquette, Président du Conseil d'Administration. Elle fut longtemps située à la rue Blandinoise.

Une anecdote nous revient concernant cette époque. Entre l'après-guerre et les années quatre-vingt, on a vu fleurir dans chaque quartier de Tournai, des amicales pour personnes agées, bien souvent dénommée "Amicale du Bon Vieux Temps" ou "Amicale des Cheveux d'argent"... Chaque semaine, des personnes retraitées ou veuves, membres de ses amicales, se réunissaient ainsi dans une salle paroissiale ou autre et passer l'après-midi à jouer aux cartes, aux dominos, à évoquer des souvenirs, rencontres hebdomadaires, occasions pour ne pas rester seul à la maison. L'amicale qui se tenait, le jeudi après-midi, au centre Saint Paul, sous la présidence de Madame Jacques Spreux, avait trouvé une façon originale et peu onéreuse pour agrémenter ses réunions. Une personne était préposée à l'achat et à la confection du café, du "chéribeon", comme on dit en tournaisien pour qualifier un excellent café, une autre se rendait à la Maison Marquette et achetait, pour quelques sous, des "rognures" de gaufres. Il s'agissait de morceaux de gaufres issus des fers trop remplis ou de gaufres non commercialisables. Il faut se rappeler qu'au était alors au sortir de la guerre et que ces douceurs qui nous semblent dérisoires aujourd'hui étaient alors fort prisées par une population agée qui fut longtemps privé de tout (en plus, elles étaient faciles à manger !).

La maison Marquette a depuis lors quitté la rue Blandinoise, à deux pas de la place de Lille, pour s'installer dans le Parc Industriel et de Services de Tournai Ouest à Orcq/Marquain, plus précisément à la rue du Serpolet. Là, on y produit toujours la gaufre "Succès du Jour" et la "Gaufre fourrée de Tournai", fourrée de vanille, de "castonate" (cassonade appelée en France, vergeoise) et même au Grand Marnier. La production de l'entreprise Marquette est destinée à la grande distribution, soit sous son nom propre ou sous des appellations du distributeurs tel le produit "Souvenir du Terroir" distribué par Carrefour. Elle est aussi vendue dans le commerce de détail et de "délicatesses" ou encore dans l'Horéca. La maison Marquette exporte une partie de sa production en France, au Royaume Uni et en Suisse et cherche actuellement à conquérir d'autres marchés européens et même mondiaux. L'entreprise procure une vingtaine d'emplois directs.

22 janv.
2008

18:18

Tournai : les produits artisanaux (3)

En 1947, Léon Desobry, Maître-Biscuitier, s'est attaché à la fabrication de biscuits de saveur et de caractère. Soixante années plus tard, l'entreprise familiale située au coeur du Vert Bocage, à la rue du Vieux Colombier, connaît une renommée qui a largement dépassé les frontières de notre pays. Entreprise wallonne à capitaux 100% belges, 4ème au ranking en Belgique en 2006, la firme Desobry produit annuellement plus de 4.500 tonnes de biscuits et procure de l'emploi à près de 230 personnes. Sa production, répartie en plus de 50 biscuits différents, est vendue dans les magasins belges ou directement à la biscuiterie pour 25 % tandis que les autres 75 % partent pour l'exportation en Europe, sur le marché américain et même en extrême-orient. Les locaux de la rue du Vieux Colombiers ont été agrandis et depuis l'année 2000 Desobry a également créé dans le zoning de Tournai-Ouest un centre de stockage de 36.000 m2 à température idéale représentant un investissement de près 3,6 millions d'euros. Les responsables de la firme sont continuellement à la recherche de goûts nouveaux pour cet authentique produit belge. Ainsi, il y a quelques mois, il se sont associés avec le Maître Cuisinier Pierre Wynants du réputé restaurant bruxellois "Comme chez soi" afin d'élaborer des mets inédits, des biscuits aux formes nouvelles mêlant sucres et épices diverses à prendre en accompagnement d'un verre de vin ou en fin de repas, des saveurs évoquant les pays lointains. Les premières poductions vont apparaître prochainement sur le marché en des conditionnements signés par les deux intervenants. En 2005 et 2006, Désobry a été élu Trends Gazelle, prix récompensant les entreprises qui connaissent la croissance la plus rapide en Belgique. En 2006 également, la maison Desobry a reçu le Prix Wallon à l'exportation des mains du Prince Phillipe de Belgique et du Ministre Jean Claude Marcourt. Desobry est d'ailleurs présent lors des grands rendez-vous mondiaux de l'alimentation, ainsi en 2007, la firme fut présente à "Foodex Japan" à Tokyo de 13 au 16 mars, au PLMA d'Amsterdam du 22 au 23 mai, à "All Candy Expo" de Chigago du 17 au 19 septembre, au PLMA's 2007 de Chigago du 11 au 13 novembre et tout prochainement du 27 au 30 janvier 2008, elle participera au salon de Cologne. Soixante années se sont écoulée depuis que Léon Desobry a développé son entreprise qui porte sur les cinq continents le renom de la cité aux cinq clochers.

18:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : biscuits, desobry, tournai |

21 janv.
2008

16:32

Tournai : les produits artisanaux (2)

C'est dans le village de Templeuve (entité de Tournai) que subsiste la dernière brasserie tournaisienne : la brasserie du Cazeau. Elle a probablement plus de 250 années d'existence car le plus vieux document trouvé à son sujet date du XVIIIe siècle. On y lit qu'un dénommé Nicolas Descamps obtint de son père, décédé le 22 avril 1753, une maison, chambres, étables et autres édifices à usage de cabaret et de brasserie. Deux ans plus tard, le dit Nicolas épouse Melle Marie-Anne Pottier. Leur union sera de courte durée puisque l'époux meurt en 1760. Sa veuve se remarie quelques mois plus tard avec un dénommé Jules Dujardin. Ils auront une fille, Julie qui épousera en 1785, Jacques Delcoeuillerie natif du Fourcroix, un hameau du village voisin de Blandain.

Le sieur Delcoeuillerie racheta le bien manoir aux héritiers Descamps suite à un incendie qui avait gravement endommagé les bâtiments en 1797. Deux ans auparavant, Julie avait mis au monde un garçon prénommé Denis qui, devenu adulte, poursuivit l'activité brassicole. En 1840 cependant, il céda la brasserie à Henri de Lannoy de Messines qui mourut seize ans plus tard. En 1856, donc, les héritiers d'Henri de Lannoy, peu attirés par le monde de la bière, cédèrent à nouveau la brasserie à Denis Delcoeuillerie. Ce dernier n'ayant probablement pas envie de reprendre l'activité abandonnée seize années plus tôt, la remet, la même année à son neveu, Jean Baptiste Agache, natif du village français frontalier de Willems.

Jean Baptiste est alors agé de 31 ans et deux ans plus tard, il épouse Elisa Libert, une jeune femme native d'Hertain (village voisin). Leurs deux enfants, Arthur et Charles Agache reprirent tout naturellement la brasserie en 1892. Les deux frères vont développer les activités de la brasserie, investir dans du nouveau matériel, diversifier les points de vente, restaurer les bâtiments. L'entreprise est totalement modernisée lorsqu'éclate le premier conflit mondial. L'occupant allemand a vite fait de réquisitionner les cuves en cuivre pour l'armement. Dès la fin de la guerre, la brasserie du Cazeau redémarre ses activités en s'associant avec deux autres brasseurs locaux et la production est relancée à la brasserie Duchatelet à Néchin.

C'est le second fils de Charles, Maurice Agache qui en assure la direction et qui se met à produire une bière de type Scotch, la Priming, une bière classique, la Triple Agache, une bière forte et une bière de table, la Super Familia. Mais, le renouveau sera de courte durée, dès 1940, Maurice Agache doit affronter la sombre période du second conflit mondial. En 1952, il prend une retraite bien méritée et remet les commandes de l'entreprise familiale à son second fils, Jean Agache. Celui-ci, aidé de son frère cadet, Maurice crée une bière qui remporte un certain succès, la "Cazbier", bière ambrée rappelant le Pale-Ale. En 1969, les goûts de la clientèle s'étant modifiés, la brasserie doit cesser sa production et les deux frères ne conservent que le commerce de bière.

Trente cinq années plus tard, en 2004, Laurent Agache, Ingénieur civil en construction, second fils de Jean, s'associe avec son cousin, Quentin Mariage, pour redonner vie à la brasserie. Achetant du matériel d'occasion en Angleterre, restaurant les bâtiments afin de les rendre conformes aux règles d'hygiène qui avaient fortement évolué pendant la période d'inactivité, ils mettent au point une nouvelle bière qu'ils baptisent la "Tournay" dont le premier brassin a lieu le 1 mai 2004. La production atteint désormais les 300 hectolitres par an. Bière naturelle sans ajout d'épices, elle est refermentée en bouteille, non filtrée et non pasteurisée. Blonde titrant 7,2 % d'alcool, elle est composée d'eau, de deux malts, de quatre houblons, de levure et d'un peu de sucre. La brasserie produit également la "Tournay Noël" et la "Saison Cazeau", titrant 4,2 % d'alcool, cette blonde est agrémentée de fleurs de Sureau qui lui donnent son goût apprécié des connaisseurs. Les brasseurs organisent régulièrement des visites. Ils ont redonné à Tournai, des lettres de noblesse dans le monde de la bière...

16:32 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brasserie du cazeau, agache, la tournay |

20 janv.
2008

14:20

Tournai : les produits artisanaux (1)

Nous débutons aujourd'hui notre rubrique sur les productions artisanales locales. A tout seigneur, tout honneur, la Bière. Si la France est le pays du Vin, la Belgique est incontestablement celui de la Bière et si Jacques Brel avait habité notre région, il aurait probablement changé les paroles de sa chanson pour proclamer : "ça sent la bière de Leuze à Tournai...".

En effet, Tournai est au centre d'une région brassicole qui va de Silly à Ploegsteert. La brasserie de Silly est réputée pour sa bière Saison, sa Double-Enghien, sa blanche Titje et sa Divine. A Irchonwelz (entité d'Ath), la brasserie des Géants produit, la Gouyasse Tradition titrant 6 % et la Gouyasse Triple à 9 %. Ces deux bières font référence au nom du géant athois, elle élabore également la Saison Voisin à 5 % et la Urchon, une bière brune qui titre 8,5 %. A Ellezelles, au coeur du pays des Collines, non loin de Lessines, la brasserie locale produit la Quintine Blonde à 8 % et la Quintine Brune à 8,5 %. Ce nom a été donné pour rappeler qu'Ellezelles est le pays des sorcières où un sabbat est organisé chaque année le dernier week-end de juin et que Quintine était une des dernières sorcières du village, la bière Hercule titre 9%, elle commémore le fait qu'Ellezelles s'est auto-proclamé village natal d'Hercule Poirot, le célèbre détective belge, dont l'auteur n'a jamais situé le lieu de naissance dans ses romans. A Tourpes (entité de Leuze-en Hainaut), la brasserie Dupont brasse sa Moinette blonde ou brune à 8,5% de volume d'alcool, sa Saison Dupont à 6,5%, sa bière de Beloeil à 8,5% , sa Cervesia (8%) ou encore le Redor Pils à 5 % et des bière bio.

A Pipaix, la brasserie à Vapeur propose sa Saison de Pipaix à 6% de volume d'alcool, sa Vapeur Cochonne à 9 %. Dans le même village, la brasserie Dubuisson brasse, depuis 65 ans, la Bush ambrée, une des plus fortes bières belges avec ses 12 % de volume d'alcool mais aussi sa Bush 7 (plus légère), la Bush Blanche et la Bush de Noël. Une anecdote à son sujet, exportant vers les Etats Unis, la brasserie a été obligée de changer le nom de sa bière sur le marché local US (Présidence oblige) ! A la brasserie de Brunehaut, depuis 1990, on brasse la bière de l'abbaye de Saint Martin (suivant une recette originale des moines de l'abbaye tournaisienne) qui titre 8 % de volume d'alcool, la Brunehaut Terroir, une bière légère à 5%, la Brunehaut Village et la Brunehaut Tradition titrant 6,5 % et la Mont Saint Aubert (8%). La brasserie de Brunehaut était installée depuis 1890 à Guignies où elle portait le nom de son fondateur, Mr. Allard. A l'autre extrémité du Hainaut Occidental, la brasserie Vanuxem installée à Ploegsteert produit la Queue de Charrue, la Baptiste (en hommage au dernier meunier du village, Jean Baptiste Soete), la Fleur de Lys....

Au centre de cette région de brasseurs, la ville de Tournai possède également un passé brassicole, elle compta, en effet, un grand nombre de brasseries aujourd'hui disparues : la brasserie Bourgois, la brasserie Delevingne, celle du Saint Esprit de Mr Moncheur, la Grande Brasserie du Lion de la famille Spreux située le long de l'Escaut, la brasserie Losfeld à la rue As-Pois, la brasserie de l'Aigle, de Charles Bara, la Brasserie Leman-Delmée à la rue du Viaduc , la Brasserie Crombé Frères à Saint Brice, la Grande Brasserie Tournaisienne de Vannieuwenhuysen-Payen à la rue des Clairisses et même la brasserie Dubuisson (toujours bien présente, elle, sur le marché brassicole) qui y était installée avant de quitter la ville pour Pipaix. Une seule brasserie est encore en activité sur le territoire tournaisien : la brasserie du Cazeau à Templeuve que nous vous inviterons à découvrir demain...

14:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : les brasseries du hainaut occidental |