31 déc.
2007

17:02

Tournai : les jeux populaires (3)

L'activité dont nous parlerons ce jour est plus un sport qu'un jeu. Le "tir à l'arc" est une des traditions les plus vivaces dans le Tournaisis. Les sociétés d'archers sont les héritières des confréries, des serments d'archers du moyen-âge. Sport de plein air, pratiqué tant par les jeunes que par les anciens, il se déroule également l'hiver comme nous le verrons. Il existe deux versions de ce sport, la "perche" et le "bersault".

La perche se situe au milieu d'un espace découvert, bien souvent un pré, le mât se dresse à environ 30 mètres du sol, il est terminé par une série de verges appelées "vergillons" qui sont disposées soit en pyramide, soit en herse. Au sommet de la herse, le "papegay" (le perroquet qui représente le premier prix), en dessous des rangées d'oiseaux de plus en plus difficiles à atteindre lorsqu'on s'approche du papegay. Les flèches sont tirées par des arcs développant, en moyenne, une puissance d'environ quarante kilos, elles sont terminées par un "maquet" ou "mac", sorte de boule qui permet de faire basculer l'oiseau touché. L'archer tire donc à la verticale.

Le bersault, terme qui trouve son origine dans le verbe "bersailler" qui signifie "tirer des traits", est une sorte de longue tranchée large, relevée sur les côtés et garnie dans toute sa longueur de "gabions" (cylindre de branchages rempli de terre) et de claies en osier ou en saule, tressées, dans laquelle les archers s'entraînaient. Au bout de la tranchée, la cible, appelée "targe".

Il existait également des perches couvertes pour les tirs lors de la mauvaise saison. Celle de Tournai, située à l'arrière du café le Picotin, rue Saint Jacques, souffrant des outrages du temps et présentant un risque pour les habitations voisines lors de tempêtes, a été démontée, il y a quelques années. C'était la dernière perche couverte de la région qui permettait les activités hivernales ! Le tir à l'arc possède ses traditions : le "Tir du Roi", organisé le dimanche de la Pentecôte, composé d'un unique oiseau, aux couleurs nationales, il permettait au premier qui l'abattait d'être sacré Roi de la société. Le "Tir de la Sainte Anne" disputé à la fin du mois de juillet se terminait toujours par un grand souper aux "assiettes froides", le "Tir des restes" avait lieu en octobre, il clôturait la saison et était l'occasion pour les participants de déguster une bonne assiette de "mutieau", ce plat typiquement tournaisien. Le village de Chercq est à l'heure actuelle celui qui regroupe le plus d'archers de la région de Tournai, le tir à l'arc étant une activité fort prisée dans le bassin carrier du Tournaisis.

17:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tir a l arc, tir a la perche, tir au bersault |

30 déc.
2007

13:54

Tournai : les jeux populaires (2)

Le "jeu de boule", voilà une distraction particulièrement appréciée des Tournaisiens, certains situent son origine dans les Pays de Loire, d'autres actent sa naissance dans le Boulonnais où des ouvriers hollandais venaient régulièrement remplacer les galets de bois des moulins à vent. Après un certain temps d'utilisation ceux-ci présentaient, en effet, une usure plus marquée sur un face que sur l'autre. Les Hollandais les récupéraient comme boules d'un jeu régional. Son origine est donc incertaine, tout comme le nom qu'on lui prête à Tournai.

On l'appelle "jeu de boule dit carreaulé", Pourquoi cet adjectif ? Cette question, souvent posée par les amateurs de ce jeu, a trouvé une ébauche de réponse auprès d'un philologue. L'éthymologie proviendrait du mot "carole", qui désignait le choeur de la cathédrale dans lequel on faisait le tour lors de dévotions, en "caracolant" entre les fidèles, allant à droite puis à gauche, poursuivant son chemin ou ayant sa marche interrompue par un obstacle. Il est vrai que cette description fait particulièrement songer au parcours d'une boule sur une bourloire.

L'expression "Jeu de boule carolé" ou "Carolet", comme trouvé dans des articles consacrés à ce jeu en France, serait donc plus appropriée ! Au début du siècle dernier, on dénombrait dans la région des dizaines de "bourloires", terme qui désigne la surface de jeu.

Une bourloire s'étend sur 20 à 28 mètres de long, 2 à 3 mètres de large. Jadis, le sol était composé d'argile mélangée à du crin ou à de la bouse de vache, désormais il est en terre ou sable tassé. Pour comprendre les règles, il faut se référer à un jeu mondialement connu : la pétanque.

Au fond de la bourloire, juste avant le bac où toute boule qui y tombe est perdue, on plante une "plume". Les joueurs doivent au moyen d'une boule de bois dissymétrique présentant un "fort", le côté le plus petit, et un "faible", côté le plus grand, s'approchait le plus possible de la plume. La bourloire n'est pas une piste plane, elle est incurvée et bordée de "rives" qui permettent soit de freiner, soit d'accélerer la boule.

Le joueur, à la main experte, va lancer sa première boule afin qu'elle arrive le plus près possible de la plume, on essayera d'en mettre ensuite un maximum, les autres boules tombant lors de leur parcours formeront des obstacles, plus ou moins difficiles à franchir, pour l'équipe adverse qui jouera ensuite. Celle-ci devra imprimer à la boule un parcours particulier, en "caracolant" entre les obstacles, en essayant de ne pas prendre trop de vitesse sur la rive ou, au contraire, d'être stoppée par manque de force au lancer. Certaines boules effectuent ainsi de véritables slaloms entre les obstacles ! Il y a dans chaque équipe des "pointeurs", ceux qui engagent la partie et vont tenter de placer leur boule près de la plume (on dit de ces joueurs qu'ils ont la "longueur du jeu dans la main") et des "tapeux" (les frappeurs), joueurs au bras solide, qui, lançant leur boule avec force, parviendront à dégager la boule de l'adversaire pour ensuite venir prendre sa place. Comme à la pétanque, les boules appartenant à une même équipe les plus proches de la plume marquent chaque fois un point. Le jeu se déroule en un nombre déterminé de parcours (de jeux), c'est-à-dire dans les deux sens de la bourloire !

Autre tradition, le "jeu de boule à la platine", variante du jeu précédent où le fond de la bourloire est garni d'un dispositif faisant songer à un pont auquel sont suspendues des platines représentant des points (cinq, quatre, trois..), les boules plus petites et baguées de fer doivent toucher la pointe de la platine afin de la détacher. Celui qui aura marqué le plus de points au cours de la partie sera déclaré vainqueur. Il s'agit là plus d'un jeu de force que d'adresse. Ce jeu est essentiellement pratiqué lors de la kermesse de septembre sur des bourloires dressées par les ouvriers communaux aux quatre coins de la ville. Le jeu de boule a donné naissance à ses propres expressions tournaisiennes ainsi celui qui réussi à marquer le point s'exclamera " c'est jéeau", on conseillera à un joueur de "mette l'fort au mur ou au gardin (jardin)" (en dehors ou en dedans) " jeue in deux ou trois rifes" signifie qu'il faut arriver à la plume en allongeant le parcours de la boule, "t'es dins l'cul" signifie tout simplement que la boule est tombée dans le bac ! Expressions populaires d'un jeu qui ne l'est pas moins !

29 déc.
2007

16:22

Tournai : les jeux populaires (1)

Au début du siècle dernier, la vie quotidienne n'offrait pas le choix de distractions que nous possédons désormais. Théâtre, voyages, opéras ou opérettes, concerts... étaient réservés à la bourgeoisie. Dans sa grande majorité, la population, après une dure journée de travail, avait peu d'occasion de se divertir. Si l'été voyait se rassembler les familles sur le pas de porte afin de profiter de la fraîcheur du soir, l'hiver était une saison particulièrement redoutée. Le chauffage et l'éclairage coûtaient très cher et les soirées étaient très longues. A cette époque, pas de télévision, de magnétoscope, peu de TSF, aussi pour meubler ces longs moments, les familles se réunissaient-elles bien souvent pour les veillées. On s'invitait à tour de rôle ce qui permettait de réduire le chauffage en mettant du "m'nu" (sorte de poussière de charbon) dans le poêle de Louvain et d'économiser l'éclairage. On commençait toujours par faire "l'noir quart d'heure", le jour baissait lentement, le rougeoiement du poêle à charbon projettait des lueurs dansantes sur les murs de la pièce, l'heure était à la méditation. Ensuite on allumait le quinquet et on entamait la conversation en commentant les dernières nouvelles glanées tout au long de la journée, en évoquant les naissances, les décès, tous les petits potins du quartier. Les femmes cousaient, reprisaient le linge ou tricotaient, les hommes occupaient leurs soirées à jouer au piquet, aux cartes, c'était une époque où on ne parlait pas encore de scrabble, de monopoly, de cluedo... Sur un coin du feu, dans une bouilloire, l'eau chauffait pour une infusion de camomille, de verveine ou de tilleul, ces boissons apaisantes aujourd'hui délaissées, qui préparaient une bonne nuit de sommeil. C'est souvent avec impatience qu'on attendait la fin de semaine, car après plusieurs dizaines d'heures passées au travail, après avoir assisté durant l'après-midi du dimanche à une lutte de jeu de balle ou à un match de football, il était alors agréable de gagner la chaude ambiance de l'estaminet où on pouvait s'adonner à des jeux populaires tout en dégustant "ein crasse pinte" ou en tirant "su s'touquette (pipe)". Dans chaque café, un jeu de fer, un billard Faidherbe, un jeu de fléchette ou un jeu de grenouilles. Dans des annexes parfois, une "bourloire" permettait des parties de jeu de boules carreaulé (ou carolé) ou à la platine, des tirs à l'arc ou à l'arbalète...Nous entamons aujourd'hui une rubrique consacrée à ces jeux populaires, témoins d'une époque, où le plaisir de jouer n'était pas lié à l'électronique mais simplement à cette expérience souvent acquise depuis le plus jeune âge et qui faisait de certains joueurs de véritables artistes !

16:22 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeux populaires tournaisiens |

26 déc.
2007

12:55

Tournai : les articles de 2007 (1)

La fin de l'année est propice aux rétrospectives.

Depuis la création du site, à la mi-avril, l'Optimiste a enregistré plus de 22.500 visites. Chaque jour, de nouveaux internautes découvrent le blog et souhaitent eux aussi découvrir la ville de Tournai. Pour ces nouveaux visiteurs et afin de simplifier leurs recherches, l'Optimiste dresse à partir d'aujourd'hui le relevé des articles consacrés à la "Visite Virtuelle de Tournai" au cours de l'année 2007.

Du 15 au 24 avril, nous avons visité la cathédrale, le 25.4, le beffroi, le 26.04, la Grand'Place et le 30.04, nous avons parlé de la Tour Saint Georges.

En mai, nous avons débuté une balade dans les quartiers, rues et ruelles en évoquant leur histoire, ainsi les 1er et 2 mai, nos pas nous ont portés à la découverte du quartier Sainte Marguerite, quartier ouvrier au riche folklore, le 3.5, nous avons parlé de la vivante Fondation Follereau de Tournai qui oeuvre en faveur des lépreux et des tuberculeux, le 5.5, la place de Lille, le 6.5, la léproserie du Val d'Orcq, le 7.5, la chapelle Saint Lazare. Le 8.5, nous sommes partis à la découverte du Fort Rouge, de la rue Perdue, les 9 et 10.5, nous avons parcouru le quartier Saint Jacques et le 12.5, le quartier de la Madeleine, avec une visite particulière, le 13.5 aux églises Saint Jacques et Sainte Marie Madeleine. Du 14 au 17 mai, le quartier du centre de la ville, celui de Notre-Dame, qui s'étend au pied de la cathédrale. Du 19 au 23.5, nos pas nous ont dirigé vers la quartier le plus populaire, le quartier Saint Piat (un dicton tournaisien dit, à son sujet, "à Saint Piat, la chance est là"), le 22.5 était d'ailleurs consacré à la visite de l'église Saint Piat (dédicacée au premier évangélisateur de Tournai). Le 24.5, un quartier plus tranquille, celui du Parc et les 26 et 27.5, une évocation de l'histoire de l'Hôtel de Ville. Nous avons terminé le mois par une découverte du fleuve qui traverse la ville, l'Escaut et les par les ponts qui permettent de le franchir. Voilà, si des sujets, vous attirent plus particulièrement, il suffit d'un "clic" sur la période choisie, dans la colonne de droite du site. Demain, nous poursuivrons notre retrospective destinée à vous éviter de longues recherches....

12:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : articles du site en 2008, avril et mai |

25 déc.
2007

17:39

Tournai : Les atouts de 2008

Tournai a été une ville longtemps isolée, trop souvent ignorée du reste de la Wallonie et de la Belgique. Depuis quatre décennies, la ville a trouvé peu à peu un rayonnement régional mais aussi international.

L'Escaut, le fleuve qui traverse la cité est une richesse pour l'avenir en terme de transport fluvial. Il faudra, bien entendu, adapter son gabarit pour permettre le passage de convois plus importants, sans pour autant détruire le tissu urbain, ni ces nombreux témoignages du passé qui le bordent, c'est le premier défi important à relever par les responsables régionaux.

Le noeud autoroutier est déjà une réalité, il met Tournai en liaison avec Bruges, Courtrai, Lille, Mons, Liège, Bruxelles. Grâce à ces voies rapides, Tournai est à moins de 2h30 de Paris et de la frontière allemande, à environ 2h00 de Liège et d'Anvers, à une heure de Bruxelles, une demi-heure de Mons et un petit quart d'heure de Lille-Roubaix-Tourcoing, la grande métropole du Nord de la France. Sa position lui permet de se trouver à 90 km de la capitale belge, 100 km de celle de la Région Wallonne, 50 km du chef-lieu du Hainaut, 35 km de Valenciennes, 26 km de Lille, 25 km de Courtrai, quant à la côte belge, elle est à moins de 100 km. Entretenir et améliorer ce réseau de communication, est le second défi pour les milieux économiques régionaux.

Le réseau ferroviaire qui reste un point faible (la ligne 94 est une des moins bonnes lignes de Belgique en terme d'exactitude des trains) permet de relier Lille ou Mouscron et Tournai à Bruxelles et de prolonger son déplacement vers Anvers, la dorsale wallonne relie, quant à elle, la cité aux cinq clochers à Mons, Charleroi, Namur, Liège et Cologne. Obtenir des instances de la SNCB que Tournai ne soit plus négligée est le troisième défi pour les décideurs régionaux.

La zone d'intérêt économique de Tournai Ouest, destinée aux petites et moyennes entreprises affiche complet et son extension est prévue dans le courant des prochaines années.

Le riche passé de la ville et son patrimoine que nous vous présentons depuis huit mois plaident pour un essor de l'activité touristique, le projet "cathédrale" devrait, durant les quinze années à venir, être mobilisateur en terme de tourisme et de découverte pour les scientifiques du monde entier.

Son industrie de la pierre et de ses arts graphiques ont fait sa renommée dans l'Europe entière et procurent de nombreux emplois à une région où le taux de chômage reste néanmoins une préoccupation constante.

Si ces différents défis sont relevés avec dynamisme et clairvoyance, alors 2008 devrait être la date d'un renouveau pour Tournai.

17:39 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, défi, escaut |

24 déc.
2007

16:27

Tournai : le Centre de la Marionnette...

En empruntant la rue Saint Martin au départ du beffroi, rien ne permet de distinguer, au loin, le Centre de la Marionnette de la Communauté française de Belgique.

A hauteur du n° 47, une grille entre deux maisons ouvre sur un couloir qui débouche sur une esplanade, là, au milieu d'un espace vert, se dresse l'Hôtel Peeters, édifice isolé de style néo-classique palladien aux proportions soignées. Il abrite depuis près de deux décennies, le Centre de la Marionnette et le Créa-Théâtre.

Le centre vous permet de découvrir l'univers merveilleux de ces petites poupées de bois, de chiffon et de ficelles issues du monde entier. La collection est importante (on parle de plus de 1.300 pièces), marionnettes traditionnelles ou contemporaines, elles viennent de Thaïlande, du Pakistan, d'Indonésie, du Sri Lanka, du Vietnam, de Sicile, du Portugal, de France, de Bulgarie... et de Belgique. Chaque année de nouvelles poupées sortent des riches réserves et remplacent celles qui ont été exposées l'année précédente. Ainsi, d'une année à l'autre, le visteur peut découvrir de nouvelles pièces de la collection.

Le Centre organise régulièrement, de janvier à novembre, des expositions thématiques comme "la véritable histoire de Malvira", "XIII carnavaux", "Pinocchio"... Plus qu'un musée, le centre est également un centre de documentation (bibliothèque, vidéothèque) qui est consultable sur place.

Le Créa-Théâtre est le prolongement du Centre, c'est une compagnie de Théâtre de Marionnettes Jeunes Publics, fondée il y a vingt cinq ans, qui crée des spectacles, organise des ateliers de théâtre, de construction et d'animation des marionnettes, met en scène (notamment lors de la période de Noël) des spectacles intergénérationnels ("Scènes à Noël"). Subventionné par le Ministère de la Communauté française de Belgique, soutenu par la Ville de Tournai, la Maison de la Culture, par "Art et Vie" et de bien d'autres associations, il propose des spectacles qu'il présente également en tournée en Belgique et à l'étranger. Le Créa-théâtre est membre fondateur du réseau Europuppet et partenaire du projet Teatro Figura Europa, soutenu dans le cadre du programme Culture 2000 de la communauté européenne.

Franchir la grille, emprunter le long couloir et arriver face à l'Hôtel Peeters, c'est en quelques dizaines de mètres passer de la réalité quotidienne au monde de la féérie, de quotidien parfois gris de l'adulte à celui rose tendre de l'enfance, du rêve et de la magie, un monde que les adultes aiment aussi retrouver...

23 déc.
2007

14:09

Tournai : le Musée de Folklore

L'Histoire est le lien qui relie tous les hommes, elle enseigne la formation et l'évolution de la vie en société, les faits qui créèrent des alliances et des mésalliances, des conflits et des réconciliations, des déclarations de guerre et des traités de paix. L'Histoire ne s'arrête donc pas aux frontières d'un pays, d'une région, d'une localité.

Cependant, dans le monde, chaque région possède sa propre histoire, elle est composée d'une foule de petits faits, parfois anodins, très limités géographiquement, qui déterminent la vie de ses habitants, on appelle cela les us, les coutumes, la façon propre à une région d'appréhender des moments particuliers dans la vie de l'homme. On parle alors de folklore !

La Ville de Tournai possède, à deux pas de la Grand'Place, aux 32-36 Réduit des Sions, son musée du folklore, mieux connu sous le nom de " Maison Tournaisienne".

C'est juste après la première guerre mondiale, lors d'un voyage à Colmar, en 1920, que Walter Ravez, magistrat, historien et passionné de traditions locales envisage de créer à Tournai un musée de folklore. En compagnie de deux amis, Jules Messiaen, grand collectionneur d'objets anciens, et Gaston Horlait, important homme d'affaires, il achète, dans une ruelle menant à la Grand'Place, deux immeubles délabrés, édifiés à la fin du XVIIe, en briques et pierre, de style espagnol. Après restauration, les maisons peuvent accueillir le musée du folklore qui ouvre ses portes en mai 1930. Walter Ravez en devient tout naturellement le premier conservateur.

En 1936, une petite maison voisine est aménagée pour y créer la conciergerie. Hélas, les bombardements de mai 1940 détruisent la totalité du musée ne laissant, pour uniques témoins de son existence, que les façades. Les Tournaisiens ne se laissèrent pas abattre par ce coup du sort et des centaines d'habitants apportèrent au conservateur de très nombreux objets détenus dans une cave ou un grenier. Sa collection reconstituée, la Maison Tournaisienne ouvrira à nouveau ses portes en 1950, malheureusement en l'absence de son fondateur, décédé en 1946. Elle sera désormais le véritable conservatoire de la vie de la cité.

Si au cours de la visite, on veut s'arrêter dans chaque pièce, examiner chaque objet présenté dans son décor d'alors, admirer la scénographie, lire les nombreux textes explicatifs, alors une journée complète ne suffit pas !

La reconstitution de l'atelier du balotil, celle de la cuisine d'une habitation modeste du 19e siècle, d'une forge, d'une vieille boutique ou d'un vieux cabaret dans lequel on découvre le jeu de fer, jeu populaire tournaisien par excellence, la chapelle, le cloître des clarisses et le "tour des enfants trouvés", la salle des maquettes avec le majestueux plan en trois dimension de Tournai en 1701, telle que la ville se présentait sous Louis XIV et celles de bâtiments aujourd'hui disparus, voilà déjà quelques raisons d'émerveillement.

La salle des jeux populaires, celle consacrée au carnaval d'antan et aux plaisirs de la rue, au Cabaret Wallon, aux anciens uniformes, les mille et un objets provenant du folklore nobilaire ou religieux, les usages calendaires, le théâtre des marionnettes, sont autant de sujets de découverte. Que dire alors de la reconstitution plus récente d'une pharmacie ayant réellement existé à Tournai et celle d'une salle de classe du milieu du 20e siècle.

Au premier étage, à l'entrée d'une salle, attendez-vous à être accueilli par Grammère Cucu ou Louis Spinette, le nain Louis XVIII ou une austère religieuse ! Nicole Demaret, l'actuelle conservateur a succédé à Lucien Jardez et poursuit l'oeuvre de sauvegarde et de présentation que ce dernier, orfèvre en la matière, avait entamé avec l'enthousiasme et l'amour pour sa cité qu'on lui connaîssait. Le musée offre ses trésors dans une succession de 23 salles et un espace visitable de plus de 1.100 m2.

Avec le Musée de Folklore se termine la visite des musées tournaisiens, l'Optimiste a une préférence pour cette Maison Tournaisienne, où le temps semble s'être arrêté et où un sentiment de sérénité transparaît à quelques pas de l'animation quotidienne du centre-ville. Demain, nous parlerons d'un "musée vivant", le plus récent, celui de la marionnette : le Créa-Théâtre !

22 déc.
2007

16:52

Tournai : le Musée des Beaux Arts

En 2008, le Musée des Beaux Arts de Tournai, situé à l'Enclos Saint Martin, à deux pas de l'Hôtel de Ville, a soufflé ses quatre-vingt bougies. Pourtant son histoire a commencé bien avant 1928, année de son inauguration.

C'est en effet en 1903 qu'un mécène bruxellois, Henri Van Cutsem, ami du peintre tournaisien Louis Pion, offrit à la ville de Tournai non seulement sa prestigieuse collection de peintures mais également une importante somme d'argent destinée à bâtir un nouveau musée. La ville de Bruxelles avait fait la fine bouche pour accepter ce don. Les plans du musée furent confiés à Victor Horta qui élabora un bâtiment répondant, dans sa disposition et son éclairage, aux exigences de la muséographie du XXe siècle.

Le musée des Beaux Arts de Tournai a été inauguré le 17 juin 1928. La collection Van Cutsem vint donc s'ajouter aux nombreuses peintures anciennes que possédait la Ville. On peut y découvrir des oeuvres des "primitifs", Robert Campin, Roger de la Pasture, Breughel, celles de maîtres des XVIIe et XVIIIe siècle tels Rubens, Jordaens, Watteau et Piat Sauvage. Les impressionnistes sont présents grâce aux tableaux de Monet, Seurat, Van Gogh mais aussi avec deux oeuvres maîtresses "Argenteuil" et "Chez le Père Lathuile" d'Edouard Manet.

Les artistes tournaisiens trouvent tout naturellement place aux cimaises (Louis Pion, Roméo Dumoulin, Leroy). Louis Gallait, le grand peintre romantique tournaisien est présent avec ses tableaux monumentaux dont "la Peste à Tournai", "les Têtes Coupées" ou le "Sacre de Charles Quint".

Dès l'entrée du musée, on est accueilli par une sculpture de Georges Grard intitulée "l'Ode au Soleil". Louis Pion, Serge le Bailly de Thilleghem ont été des conservateurs bénévoles, attentifs et attentionnés des richesses du musée, désormais la ville a opté pour un conservateur professionnel, le premier de l'histoire des musées tournaisiens. Celui-ci devra continuer l'oeuvre entamée par ses prédécesseurs mais probablement aussi entamer un combat pour faire prendre conscience aux responsables qu'un musée doit être l'objet d'un suivi régulier et faire entreprendre des travaux de rénovation nécessaires (hygrométrie, climatisation) afin d'éviter que ses véritables trésors ne souffrent de l'usure du temps (celui qui passe et celui qu'il fait), ennemi des toiles qu'il détend et décontracte au gré des caprices de la météo, craquant la peinture et laissant des cicatrices indélébiles. Encore un musée dont la visite d'impose aux connaisseurs, amateurs de peintures ou de sculpture, aux amoureux de l'Art...

20 déc.
2007

13:40

Tournai : le Musée d'Histoire Naturelle et son Vivarium (2)

Nous poursuivons notre visite du Musée d'Histoire Naturelle. Lorsque Paul Simon en reprit la gestion, le musée allait bientôt fêter son 125e anniversaire. Durant une décennie, le nouveau conservateur va entreprendre un travail colossal de tri des collections, de destruction des sujets en mauvais état, de recherche des appartenances, de classification, d'embellissement des salles. Ainsi, avant l'inauguration de 1962, on dénombre pas moins de 9.000 spécimens dont 4.700 oiseaux qui peuvent être introduits dans les trente-cinq nouvelles vitrines. Un choix judicieux dès lors s'impose.

Paul Simon sera également à l'origine de la salle des "dioramas". Les marais de l'Escaut, la campagne de Béclers, les carrières du Tournaisis, la forêt domaniale de Bonsecours mais aussi, une reconstitution d'une portion de littoral belge, la forêt ardennaise, la lande campinoise, la savane africaine, l'antartique, le désert ou la jungle tropicale vont présenter plantes, animaux, poissons, crustacés dans leur biotope naturel.

Un excellent travail accompli, en 1978, Paul Simon demande à être déchargé de sa fonction. Le 18 octobre, l'Administration Communale rendra un vibrant hommage à ce bénévole qui a insufflé une seconde vie au musée d'Histoire Naturelle en lui rendant une âme. Son successeur, Philippe Brunin, reprend alors le flambeau et, lui aussi, va s'atteler à rendre le musée plus vivant, plus attractif.

En 1982, il ouvre un vivarium où on peut découvrir reptiles, poissons, batraciens, lézards, araignées, tortues. Pour assurer le bien-être des animaux, du personnel est engagé, Philippe Planquaert et Laurent Vienne deviendront ainsi soigneurs mais aussi éleveurs pour apporter la nourriture appropriée aux divers pensionnaires. Le nouveau conservateur attire également les visiteurs par l'organisation d'expositions temporaires telles "les Plantes d'ichi", les "Animaux venimeux", les "Orchidées", les "Papillons" ou une celle consacrée au "monde des abeilles".

En collaboration avec le Musée des Beaux Arts, il monte une exposition sur le thème des "illustrations de Buffon", jouxtant les planches dessinées avec les modèles naturalisés. En 1988, le musée fête ses 160 ans d'existence et, à cette occasion, la Halle aux Draps accueille une exposition de vulgarisation sur la nature et les espèces en danger, on peut y voir des pièces rares d'espèces parfois disparues ou en cours d'extinction, sorties des réserves.

En 1993, un incendie touche les services administratifs de la commune situés juste à côté du musée dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville. Lors de la reconstruction des bâtiments détruits par le feu, une partie des locaux sera cédée au musée qui pourra ainsi s'étendre. En 1998, le musée ferme à nouveau ses portes pour une longue période consacrée à sa totale rénovation et à sa réouverture. Près de 1.800 m2 sont désormais accessibles au public.

Un hall d'accueil, une longue galerie comportant des vitrines latérales regroupant les différentes espèces, la reconstitution du bureau du conservateur au 19e siècle, une rangées d'animaux en plein centre (éléphant, girafe, rhinocéros, bison...), la galerie des dioramas ou se trouve également le premier éléphant acquis par le musée, la salle des expositions temporaires, celle de la minéralogie, la nursery où sont élévés en couveuse les jeunes reptiles, lézards, grenouilles... nés au sein même du bâtiment, la serre avec ses plantes tropicales, ses orchidées, son étang habité par les crocodiles de Chine, ses plantes carnivores, les terrariums abritant les mygales, serpents, orvets, grenouilles, crapauds, tortues, lézards..., les aquariums aux poissons multicolores, les caméléons qu'il faut deviner dans la végétation etc... C'est la flore et la faune du monde entier qu'on découvre en parcourant ses différentes salles.

19 déc.
2007

13:47

Tournai : le Musée d'Histoire naturelle et son vivarium (1).

Les musées dont nous vous avons entretenus jusqu'à présent ravissent principalement les amateurs d'archéologie, d'histoire, d'art et les collectionneurs. Le Musée d'Histoire Naturelle, celui dont nous allons vous faire la présentation aujourd'hui est désormais un des préférés du jeune public, il est aussi le plus ancien des musées de la ville. On peut situer sa conception, il y a près de 180 ans.

C'est en effet le 16 juillet 1828, sur la demande de nos concitoyens les plus versés dans les sciences avec à leur tête Barthélémy Dumortier (ou Du Mortier), que le conseil de Régence fit la concession de bâtiments du Parc communal. Un an plus tard, le 31 juillet 1829, le règlement administratif de la commission du Musée est arrêté. Parmi les membres fondateurs, on retrouve paradoxalement le nom de Guillaume 1er, Roi des Pays-Bas, qui fut une des personnalités qui se dévoua le plus pour l'enrichissement des sections minéralogie et zoologie. Ironie de l'histoire, un an plus tard, Barthélémy Dumortier s'opposera au monarque en boutant dehors la garnison hollandaise stationnée à Tournai au cours des journées qui précédèrent l'indépendance de la Belgique.

En 1837, les travaux d'aménagement débutent, ils sont confiés à l'architecte Bruno Renard, adepte du style Empire. Il construisit donc dans le parc, une longue galerie se terminant par un hémicycle, de part et d'autre de la galerie, les animaux et les collections seraient disposées en les regroupant par espèce. Le musée est inauguré le 15 septembre 1839, durant la kermesse de septembre, dès lors, la foule se presse pour les visites qui sont organisées deux dimanches par mois du 1er mai au 31 octobre et durant toute la durée de la kermesse.

En 1860, selon Bozière (auteur de "Tournai, Ancien et Moderne"), le musée possède 723 mammifères, 2887 oiseaux, 253 poissons, 300 reptiles, de très nombreux squelettes, 8.000 papillons et insectes, 4.000 coquilles et un nombre important de minéraux et de fossiles. Hélas, la mode passe et à partir de 1870, le Musée n'est plus qu'un lieu de présentation d'animaux empaillés, la curiosité passée, il va rapidement tomber dans l'oubli. A un point tel qu'au début du XXe siècle, une seule personne gère encore les collections, disons simplement qu'elle évite à celles-ci d'être envahies par la poussière. Pire encore, durant la guerre 14-18, de nombreux animaux naturalisés servent de cibles pour l'entraînement des militaires et lors du second conflit mondial, le musée est bombardé et une partie de ses collection est détruite.

Par la suite, on y installera même des classes repoussant dans les réserves les animaux encombrants. La collection de papillons se réduisit, de nombreux spécimens rares partirent en poussière, un grand nombre d'espèces disparues furent détruites. Le premier Musée d'Histoire Naturelle ouvert en Belgique allait-il disparaître ? Non, car Le 25 septembre 1959, un tournaisien passionné, Mr Paul Simon accepta, bénévolement, la charge de conservateur. Enthousiaste, il sollicita et obtint le soutien scientifique de M. Capart, Directeur de l'Institut Royal des Sciences Naturelles, son but recréer un musée régional et didactiques ouvert aux tournaisiens, aux touristes et au monde scolaire. Le Conseil Communal est subjugué par le dynamisme du nouveau conservateur et lui accorde deux adjoints en la personne des Mrs. Ludovic Nef et Paul Dachy, de plus l'Administration Communale et l'Etat belge apporte d'importants subsides. Trente-cinq nouvelles vitrines sont créees et en mai 1962, le nouveau musée est inauguré... Demain, nous découvrirons la suite de son histoire et visiterons ses collections actuelles...

13:47 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vivarium, musee d'histoire naturelle, tournai |