23 déc.
2007

Tournai : le Musée de Folklore

L'Histoire est le lien qui relie tous les hommes, elle enseigne la formation et l'évolution de la vie en société, les faits qui créèrent des alliances et des mésalliances, des conflits et des réconciliations, des déclarations de guerre et des traités de paix. L'Histoire ne s'arrête donc pas aux frontières d'un pays, d'une région, d'une localité.

Cependant, dans le monde, chaque région possède sa propre histoire, elle est composée d'une foule de petits faits, parfois anodins, très limités géographiquement, qui déterminent la vie de ses habitants, on appelle cela les us, les coutumes, la façon propre à une région d'appréhender des moments particuliers dans la vie de l'homme. On parle alors de folklore !

La Ville de Tournai possède, à deux pas de la Grand'Place, aux 32-36 Réduit des Sions, son musée du folklore, mieux connu sous le nom de " Maison Tournaisienne".

C'est juste après la première guerre mondiale, lors d'un voyage à Colmar, en 1920, que Walter Ravez, magistrat, historien et passionné de traditions locales envisage de créer à Tournai un musée de folklore. En compagnie de deux amis, Jules Messiaen, grand collectionneur d'objets anciens, et Gaston Horlait, important homme d'affaires, il achète, dans une ruelle menant à la Grand'Place, deux immeubles délabrés, édifiés à la fin du XVIIe, en briques et pierre, de style espagnol. Après restauration, les maisons peuvent accueillir le musée du folklore qui ouvre ses portes en mai 1930. Walter Ravez en devient tout naturellement le premier conservateur.

En 1936, une petite maison voisine est aménagée pour y créer la conciergerie. Hélas, les bombardements de mai 1940 détruisent la totalité du musée ne laissant, pour uniques témoins de son existence, que les façades. Les Tournaisiens ne se laissèrent pas abattre par ce coup du sort et des centaines d'habitants apportèrent au conservateur de très nombreux objets détenus dans une cave ou un grenier. Sa collection reconstituée, la Maison Tournaisienne ouvrira à nouveau ses portes en 1950, malheureusement en l'absence de son fondateur, décédé en 1946. Elle sera désormais le véritable conservatoire de la vie de la cité.

Si au cours de la visite, on veut s'arrêter dans chaque pièce, examiner chaque objet présenté dans son décor d'alors, admirer la scénographie, lire les nombreux textes explicatifs, alors une journée complète ne suffit pas !

La reconstitution de l'atelier du balotil, celle de la cuisine d'une habitation modeste du 19e siècle, d'une forge, d'une vieille boutique ou d'un vieux cabaret dans lequel on découvre le jeu de fer, jeu populaire tournaisien par excellence, la chapelle, le cloître des clarisses et le "tour des enfants trouvés", la salle des maquettes avec le majestueux plan en trois dimension de Tournai en 1701, telle que la ville se présentait sous Louis XIV et celles de bâtiments aujourd'hui disparus, voilà déjà quelques raisons d'émerveillement.

La salle des jeux populaires, celle consacrée au carnaval d'antan et aux plaisirs de la rue, au Cabaret Wallon, aux anciens uniformes, les mille et un objets provenant du folklore nobilaire ou religieux, les usages calendaires, le théâtre des marionnettes, sont autant de sujets de découverte. Que dire alors de la reconstitution plus récente d'une pharmacie ayant réellement existé à Tournai et celle d'une salle de classe du milieu du 20e siècle.

Au premier étage, à l'entrée d'une salle, attendez-vous à être accueilli par Grammère Cucu ou Louis Spinette, le nain Louis XVIII ou une austère religieuse ! Nicole Demaret, l'actuelle conservateur a succédé à Lucien Jardez et poursuit l'oeuvre de sauvegarde et de présentation que ce dernier, orfèvre en la matière, avait entamé avec l'enthousiasme et l'amour pour sa cité qu'on lui connaîssait. Le musée offre ses trésors dans une succession de 23 salles et un espace visitable de plus de 1.100 m2.

Avec le Musée de Folklore se termine la visite des musées tournaisiens, l'Optimiste a une préférence pour cette Maison Tournaisienne, où le temps semble s'être arrêté et où un sentiment de sérénité transparaît à quelques pas de l'animation quotidienne du centre-ville. Demain, nous parlerons d'un "musée vivant", le plus récent, celui de la marionnette : le Créa-Théâtre !

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