29 nov.
2007

10:10

Tournai : Le Cabaret Wallon Tournaisien (6)

On ne peut évoquer l'histoire du Cabaret Wallon Tournaisien sans aborder le souvenir des vingt-neuf revues qu'il a montées, ni passer sous silence le rôle important y tenu par les deux compères qui l'animaient, "Jojo (Lucien Jardez) et Nénesse (Marcel Roland)". ils y ont endossé une multitude de costumes dans des rôles toujours plus surprenants : colleurs d'affiches d'une campagne éléctorale, écoliers face à l'enseignement rénové, astronautes partant à la conquète de la lune, ou encore... (Belgique oblige) soldats sudistes et nordistes lors d'une imaginaire guerre de sécession.

Marcel Roland (1921-2000), homme jovial, a accompli son parcours professionnel à Tournai, au sein de la Banque de Bruxelles dont il était directeur d'agence. Il excellait dans les rôles de compositions, tenant le plus souvent dans les revues celui de faire-valoir, d'Auguste pour son ami Lucien Jardez, il était également l'inégalable interprète des chansons écrites par les anciens. Entré au Cabaret en 1959, il y restera durant quarante années. Son amour pour la compagnie et sa ville natale transparaît dans le coda de sa chanson "la Vie Tournaisienne" : "Ein ' ambianc' tournaisienne, Dins l'joie, l'amitié, I n'd'a pos deux, i n' d'a qu'eine, Ch'est no cabaret ".

Lucien Jardez (1916-2000) fut un ardent défenseur du patois picard, un puriste du "parler tournaisien" dont il est l'auteur d'un glossaire paru en 1998. Diplômé et médaillé de la Société "Arts-Sciences-Lettres" de France, Médaillé de Vermeil de l'Ecole supérieure de Culture française contemporaine, Chevalier dans l'Ordre des Arts et Lettres de France, récompensé d'autres distinction wallonnes ou tournaisiennes, il fut un président à la "main de fer dans un gant de velours". Auteur de centaines de monologues et poèmes, sa démission en 1999 fut ressentie en sens divers par les fidèles spectateurs des séances du Cabaret (ils étaient à cette époque près de 4.000 abonnés). Perfectionniste, il avait amené sa compagnie à un niveau extrême de qualité mais, revers de la médaille, il se montrait intransigeant, voir intraitable, sur la qualité du membre qui faisait sa demande pour y entrer. On constata rapidement qu'il n'entrait pratiquement plus de jeunes pour compenser le départ des plus anciens tant les conditions d'accès étaient devenues draconiennes. A un point tel que certains imaginèrent, à tort heureusement, que la RCCWT qui avait fêté ses 75 ans avec faste en 1982 n'existerait probablement plus pour franchir le cap des cent années d'existence.

Les pessimistes n'eurent point raison, nous verrons dans un prochain article que tel le phoenix qui renaît de ses cendres, la Royale Compagnie est toujours bien vivante et continue à animer les soirées tournaisiennes... 

(sources : Florilège paru lors du 75e anniversaire de la RCCWT en 1982 et recherches personnelles).

28 nov.
2007

12:26

Tournai : le Cabaret Wallon Tournaisien (5)

Au Cabaret Wallon Tournaisien, chaque chansonnier a apporté sa touche personnelle, sa contribution à la constitution d'un répertoire riche de milliers de chansons, monologues et poèmes, oeuvres satyriques telle "s'belle-mère, elle est pindue" de Charles Midavaine, ou une chanson traduisant l'admiration de l'auteur pour sa ville, "L'Cancheon de nos Clotiers" d'Edmond Godart (membre de 1958 à 1973), textes écrits au départ d'un sujet de le vie quotidienne qui, sous la plume de leur auteur, deviennent des succès comme "On minche (mange) bin à Tournai" de Georges Delcourt (membre de 1925 à 1968).

En parcourant l'histoire de la société, comment ne pas songer à ce véritable artiste, trop tôt disparu, qu'était Albert Coens (1926-1984) qui, parmi de très nombreux succès, nous a laissé notamment "L'lapin du Lindi Perdu". Il fut également le co-auteur avec Eloi Baudimont des textes des revues annuelles dans lesquelles il campait bien souvent des personnages haut en couleurs.

L'actualité a souvent était source d'inspiration pour nos chansonniers ainsi lorsqu'un week-end de décembre, à quelques jours de la Noël, un véhicule tout neuf de la police communale termina sa course dans l'Escaut, Eloi Baudimont (1917-1995) fit étalage de toute sa verve en créant "A l'eau, A l'eau...(on est à l'iéeau) " ou encore, lorsque durant une grève des gardiens, 39 prisonniers s'évadèrent de la maison d'arrêt de Tournai, le même Eloi Baudimont disséqua, avec énormément d'humour, ce fait qui aurait pu valoir à la ville une présence dans le Guiness book des records.

Les évènements actuels qui se déroulent au sein de notre cité ou en Belgique sont toujours des sources inépuisables de sujets pour nos chansonniers, ainsi Pierre Vandenbroeck, actuel sociétaire, a composé "Scieince-Fictieon" après avoir vu l'émission de Philippe Dutilleul (lui aussi tournaisien) diffusée en décembre dernier sur les antennes de la RTBF traitant de l'autonomie auto-proclamée de la Flandre et Jean Marc Foucart, autre membre actuel, se penche sur nos problèmes dans sa chanson "Tout cha à causse du pétrole". On pourrait encore citer "Les Coulonneux" (colombophilistes) de Jean Pierre Verbeke, "Dusqu'i-veont aller à messe" de Pascal Winberg, "In avant, in navette" de Vincent Braeckelaere ou les tribulations du chauffeur du taxi-navette parcourant quotidiennement le centre ville et restant désespérément vide, (l'auteur en est le chauffeur dans le civil !), traitant eux aussi de sujets faisant les rubriques de la presse locale.

Il y a également la nostalgie qui étreint les paroliers et qui est traduite dans "Vielle Maseon" (vieille maison) d'André Wilbaux, "Prière " de René Godet, la fleur bleue du Cabaret , "I s'in va vir (voir) eul train" de Jean Michel Carpentier ou encore "On aimeot bin la vie " de Bernard Clément. Toutes ces oeuvres ont touché le coeur des Tournaisiens qui y retrouvent leurs racines mais ont également été appréciées de spectateurs venus des quatres coins de la Wallonie Picarde et même du Nord de la France... Les soirs de Cabaret, la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps est pleine à craquer !

(sources : Florilège paru en 1982 lors du 75e anniversaire du Cabaret Wallon et recherches personnelles).

27 nov.
2007

10:26

Tournai : le Cabaret Wallon Tournaisien (4)

Durant le siècle qui vient de s'écouler, le Cabaret Wallon Tournaisien a compté parmi ses rangs pas moins de 91 membres. Il ne nous est pas possible, au travers de cette rubrique, de les citer tous et en sortir l'un ou l'autre du lot, c'est faire injure à ceux dont nous n'évoquerons pas la production. Aussi nous contenterons-nous de glaner, au hasard, les oeuvres qui ont pris place dans l'anthologie de la chanson tournaisienne, celles qu'on aime fredonner et reprendre en choeur lors de réunions festives.

Depuis sa création, le Cabaret a connu six présidents : Ernest Ponceau (membre-fondateur de 1907 à 1942), Alphonse Tassier (1942-1956), Charles Maillet (1956-1964), Lucien Jardez (1964-1999) Philippe Desmet (1999-2009), musicien, il assure également l'accompagnement musical des chansonniers et l'actuel Michel Derache. Anselme Dachy, (1910-1994) avait pris place au piano à la veille de ses vingt ans mais n'était devenu, officiellement, membre de la compagnie qu'en 1950, en 1991, il céda sa place à Philippe Desmet.

Chaque membre a évolué dans un domaine bien précis, au gré de sa sensibilité, de son humour. Certains ont laissé des chansons humoristiques ou sentimentales, d'autres ont écrit des monologues ou légué des poèmes à la gloire de la cité, certains étaient même de géniaux "touche à tout" qui, avec le même bonheur, écrivaient des airs entraînants, des odes à la gloire de leur ville ou des histoires à faire s'écrouler de rire une salle entière.

Chanson de toujours, "L'Crasse Pinte" de Louis François sur une musique d'Eugène Landrieu est encore bien souvent entonnée lors de repas de sociétés quand les effets du "jus de houblon" commencent à se faire sentir, "Printe ein' crass' pinte, et l'sintir déquinte, Bin tout au feond d's'vinte, rien d' mélieu (meilleur), Ch'est certain, cha rind ein heomm' contint, Cha canche (change) ein vierreux in bienhureux !" D'Henri Thauvoye (membre de 1909 à 1918), "Les Gosses de Tournai" est un classique rangé dans les chansons qui défient le temps :"Ch'est nous eaut's les gosses, De l'vill' de Tournai, Ein'bint' (bande) de p'tit's rosses, Traînant d'sus les quais...On in fait d'tous les sortes : Sonner à les portes (bis) Et fair' cair' (tomber) les séeaux (seaux) Quand i seont plein d'iéeau (eau) (bis)".

Les "titis" tournaisiens ont souvent été un sujet d'écriture. Quels sont, en effet, les enfants qui, dans le temps, à l'école primaire, ne mâchaient pas une "boulette" de papier-buvard pour l'envoyer, au moyen d'une latte, coller sur le tableau noir au grand dam de l'instituteur. "L'maclotte", voici la recette donnée par Fernand Colin (membre de 1912 à 1946), véritable mode d'emploi à l'usage des... macloteux ! "Pour faire ein' royale maclotte, Bin l'ortourner (retourner) dins s' bajotte (joue), Puis bin l'ruer (lancer), sans hésiter, tout nett', Dins l'beonne directieon, Puis faire attintieon à l'punitieon...".

D'autres préfèrent évoquer des souvenirs de jeunesse et nous laissent ainsi un témoignage de la vie à cette époque. Ainsi Léonard Hespel (membre de 1912 à 1918) nous compte ses "raminvrances" (souvenirs) dans "L'Bonnet tuauté" : "Vous aviez mis, c'jour-là, Toinette, I-a chinquante ans, pindant l'été, Pour el' ducasse des Récolettes, D'ein bieau ruban rôsse (rose) agréminté, Ein p'tit bonnet blanc tuauté".

(sources : Florilège du Cabaret paru en 1982 à l'occasion du 75e anniversaire de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien).

10:26 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cabaret wallon tournaisien |

26 nov.
2007

10:20

Tournai : le Cabaret Wallon Tournaisien (3)

Dès la fin de la première guerre mondiale, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien a acquis sa vitesse de croisière et s'est, peu à peu, imposée comme une institution tournaisienne incontournable. On est désormais bien loin de l'époque où des séances étaient organisées pour quelques hommes, au temps où les femmes n'accompagnaient pas (ou très peu) leurs époux dans les estaminets.

Depuis de nombreuses décennies, l'agenda des membres de la Royale Compagnie est bien rempli : deux petits cabarets annuels représentés quatre fois à l'étage de la Halle-aux-Draps et toujours réservés aux hommes par respect de la tradition, le Grand Cabaret du mois d'octobre présenté à cinq reprises dans la salle Noté de la Maison de la Culture auquel les dames sont admises et remplacé depuis 2008 par une revue annuelle, la représentation pour le 3ème âge organisée par l'Administration Communale, un déplacement annuel à Louvain La Neuve à l'invitation du cercle des étudiants tournaisiens de l'Université, l'organisation durant l'été du Concours Prayez qui permet de dénicher des auteurs de chansons, monologues ou poèmes écrits en patois, la participation, en septembre, à la "Fête de la Chanson Wallonne et du Cabaret Wallon" et un nombre inestimable de prestations ponctuelles en faveur d'associations philanthropiques.

Pendant près d'une trentaine d'années (de 1948 à 1975), la Royale Compagnie a mis sur pied l'annuelle "Orvue de l'karmesse", jouée durant les premières années à cinq ou six reprises lors des fêtes communales de septembre mais qui reçut un tel succès qu'elle fut par la suite représentée vingt à vingt-cinq fois occupant l'affiche jusqu'à la veille de la Toussaint. La revue connut un tel engouement (près de 20.000 spectateurs y assistaient chaque année) qu'elle attira l'attention de la télévision nationale (la RTB d'alors) qui enregistra et diffusa les dernières représentations grâce à une réalisation d'André Gevrey, aujourd'hui disparu. Le titre de la revue était souvent choisi en fonction d'évènements qui avaient marqué l'actualité de l'année, ainsi en 1962, "Ch'a Ch'est bazar" saluait l'arrivée du Grand Bazar, premier hypermarché au centre ville, "Féaut caire d'ssus" en 1969 rappellait, bien entendu, les premiers pas de l'homme sur la lune, "Ein point, ch'est tout" en 1970, une année d'élections ou encore "Tout feu, tout femme" en 1975, l'année de la Femme. En 1982, pour dignement fêter leur 75e anniversaire, les membres de la compagnie remirent, une dernière fois le couvert, en servant "Quand ch'teot l'Orvue", restrospective qui emplit de beaucoup de nostalgie, les fidèles spectateurs de cet évènement disparu.

La Compagnie est aussi fidèle à la tradition. L'organisation interne du souper des rois au début du mois de janvier, à l'approche du Lundi Perdu et le Jeu de Boules carreaulé à Kain qui semble aujourd'hui avoir disparu. 

Actuellement, on peut encore retrouver les membres de la compagnie sur les antennes radio de Vivacité (RTBF Hainaut), lors de l'émission dialectale du lundi soir animée par Annie Rak et, comme nous le fait remarquer une fidèle lectrice de nos rubriques, désormais, les petits cabarets sont retransmis sur les antennes de la télévision locale et communautaire "No Télé" ce qui permet à tous les tournaisiens et... tournaisiennes de suivre leurs chansonniers à domicile.

(sources : recherches personnelles).

25 nov.
2007

09:33

Tournai : le Cabaret Wallon Tournaisien (2)

Certains internautes qui nous font le plaisir de lire ce blog consacré à la découverte de Tournai, trouveront peut-être cette sérié d'articles consacrés au centenaire du Cabaret Wallon, très intimiste, elle l'est volontairement. Le Cabaret Wallon incarne à lui seul l'esprit frondeur, bon enfant, sentimental de l'habitant de la ville aux cinq clochers. Il en est son âme, son symbole, son élément fédérateur. Tout véritable tournaisien sent battre le coeur de sa ville lorsque les chansonniers entonnent leurs ritournelles, poèmes ou monologues, oeuvres consacrées à un fait ponctuel tiré de l'actualité ou chansons de toujours à la gloire de la cité. Il est difficile de réellement faire transparaître dans un article, ce sentiment profond d'appartenance à une région, d'attachement à sa cité natale, ce besoin de conserver ses racines. Tout homme est attaché au terroir qui l'a vu naître et dans lequel il a grandi. Continuons donc à survoler l'histoire de notre Cabaret Wallon. Dès 1909, de nouveaux membres vont rejoindre les fondateurs, Alphonse Tassier, Henri Thauvoye, Auguste Debève, Charles Rosseels, Edouard Dransart, Julien Boinem, (le fils de Jules Boinem, membre fondateur), Léon Beghin et Jules Messiaen. Tous marqueront de leur empreinte leur passage au sein de la compagnie. Ainsi, pour exemple, Alphonse Tassier qui deviendra en 1952 conservateur du Musée du Folklore et qui est à l'intiative de la création de la gazette " Les Infants d'Tournai", organe de la compagnie qui compta des centaines d'abonnés. Tous ces anciens laissèrent des souvenirs qui ont pris place dans le panthéon des oeuvres consacrées à la ville de Tournai. Chansons entonnées lors de fêtes de famille, de communions ou de mariages comme celle qui naquit sous la plume d'Auguste Mestdag, intitulée "L'Karmesse de Tournai" : "cachez bin dins vo tiête, et dit s' si ch' n'est pas vrai, qui n'est pas d'pus bell' fiête que l'karmesse de Tournai" ou encore celle qui est chantée à l'occasion du Lundi Perdu "J'vous assure qu'in ville, l'Lindi parjuré, ch'est dins chaqu' famille, ein jour bin d'siré" écrite par Achille Viehard. Que dire encore des oeuvres de cet auteur prolixe que fut Adolphe Prayez, "In Lusotant" (en flânant) est un recueil paru en trois tomes duquel il est difficile de sortir une oeuvre par rapport aux autres tant celles-ci sont toutes devenues des classiques de la chanson tournaisienne. Au hasard, nous avons choisi "Ein scandale au roduit" (un scandale au réduit) sous titrée volontairement "horribles détails", elle décrit les conversations de commères qui commentent l'actualité et notamment une bagarre entre un homme et une femme dans une ruelle, probablement un soir de beuverie, en y ajoutant des exagérations (comme c'est souvent le cas lorsqu'on a pas été témoin direct d'une scène !) et dont le refrain dit "V'là commint les mamères, in buvant leu café, raqueont'tent leus misères, sans que l'ouvrache i-s'fêt". Quand à Eugène Landrieu, il écrira ce qui peut être considéré comme le second hymne local après "Les Tournaisiens sont là", il s'intitule "Ch'est ainsin dins no ville". Comme on peut le constater, au "Cabaret i-a toudis des bieaux jours" on verra demain que cela fait un siècle que cela dure...(source : Florilège du Cabaret, édité par la RCCWT en 1982 et recherches personnelles).

09:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cabaret wallon tournaisien |

24 nov.
2007

12:02

Tournai : le Cabaret wallon Tournaisien (1)

"Dins l'ville intière, on orprint les orfrains populaires, qu'on a dins s'tiête, dins s'patois qui nous met l'coeur in fiête, cha nous intraîne, aux accints des cancheons tournaisiennes, des joyeux compagneons du Cabaret Walleon" (Dans la ville entière, on reprend les refrains populaires, qu'on a en tête, dans ce patois qui nous met le coeur en fête, cela nous entraîne aux accents des chansons tournaisiennes des joyeux compagnons du Cabaret Wallon). La Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien a fêté en 2007 le centième anniversaire de sa création.

Cent ans d'existence en surmontant les vicissitudes de l'histoire, cent années de défense de la chanson et de la littérature tournaisienne, un siècle également de philanthropie au service des plus démunis de la cité, voilà qui méritait un grand coup de chapeau.

L'Optimiste a donc décidé de réaliser un bref survol de l'histoire de ces joyeux drilles qui ont et continuent à drainer les foules lors des différentes manifestations qu'ils mettent sur pied. C'est le 27 décembre 1907 que la compagnie a vu le jour. Six mois auparavant, le 19 juin 1907, naissait la Jeune Garde Wallonne dans une Belgique qui venait de fêter ses trois quarts de siècle d'existence. Son but était clairement défini : "le défense de nos droits en dehors de tout esprit politique".

A la fin de l'année, au café de l'Académie situé sur la Grand' Place (à l'enseigne actuelle de l'Ecu de France), Walter Ravez, un jeune avocat tournaisien qui deviendra par la suite Procureur du Roi près le Tribunal de première instance de Tournai et initiateur du Musée de Folklore, "La Maison tournaisienne" portera l'enfant sur les fonds baptismaux. On lui donnera le nom de "Ligue Wallonne du Tournaisis" et ce n'est seulement que le 25 mai 1909 que le groupement prendra le nom qu'on lui connaît désormais, la "Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien", section d'art et d'agrément de la L.W.T. En Juillet 1912, la compagnie se détacha un, peu plus de la L.W.T ne partageant plus avec qu'elle que...les cotisations et deviendra totalement autonome le 2 mai 1924.

Au moment de sa fondation, la C.C.W.T comptait vingt membres, tous issus de la L.W.T., et on peut dire, sans se tromper, qu'Adolphe Wattiez, né en 1862, fut le véritable fondateur. Il fut d'ailleurs élu Président d'Honneur du 27 décembre 1907 à sa mort, il était connu sous le pseudonyme de "Cordier des Etoupières". Ses compagnons s'appelaient Ernest Ponceau, premier Président et qui le restera jusqu'à sa mort, en 1942, durant la seconde guerre mondiale, Achille Viehard, Arthur Hespel qui créera par la suite le théâtre Wallon Tournaisien, Adolphe Prayez, Eugène Landrieu, professeur de flute au conservatoire, de musique à l'Athénée Royal et chef de l'Harmonie des Volontaires Pompiers, il fut le premier accompagnateur-pianiste, Léon Moulron, Léon Bochart, Auguste Mesdag, Jules Boinem, François Vernet, Charles Perthame, Fernand Gaudfroy, Charles et Léopold Quain, Armand Hernould, Arthur Joveneau, Charles Hochedez et Alfred Lempers.

La première représentation fut donnée le 25 janvier 1908 au "Grand Café" sur la Grand'Place qui deviendra par la suite le "café du Baillage", sera repris par le Crédit Communal et qui après une longue attente des suites des fusions bancaires est devenu un magasin de vêtements pour jeunes. A ce sujet, on avait évoqué la possibilité de le transformer en Mac Do (info ou intox ?), si avait du se faire se faire, le temple où est né la défense de la culture tournaisienne serait devenu celui de la grasse "gastronomie !" d'Outre-Atlantique, le rendez-vous des futurs obèses. 

(sources : recherches personnelles)

22 nov.
2007

09:38

Tournai : les Géants de Tournai (9)

Si depuis 1979, "Gramère Cucu" est représentative du quartier Saint Piat, en 1982, le Comité des Fêtes du Maroc (quartier ouvrier situé dans la partie sud de la ville) décide lui aussi de réaliser son géant, "L'Bourguémette du Maroc", Louis Storme.

Louis Storme est né à Tournai le 13 mars 1902, adolescent, il exerce le pénible métier de débardeur avant de devenir éboueur dans les services communaux. Garçon jovial, toujours prêt à faire la fête, celui qu'on surnomme "L'Guite" (le guide) faisait partie d'une société carnavalesque, "la Jeunesse Marocaine", qui participait chaque année, le 15 août, aux festivités de la ducasse de la cité. Dans ce groupe de gais lurons, il était le "mayeur" (le maire) et il tint ce rôle jusqu'à la disparition de la société en 1958.

Marié, il fut le prère d'une famille (très) nombreuse qui ne comptait pas moins de 21 enfants ! Il est mort le 24 mai 1968, agé de 66 ans. Le géant le représente portant haut de forme, chemise blanche, noeud papillon noir, longue redingote noire à 8 boutons qui masque en partie la jupe noire recouvrant le panier, ceint de l'écharpe mayorale. Il est accompagné de couples dont les hommes portent la même tenue vestimentaire que le géant, les femmes, en longues robes de couleurs différentes, portent une ombrelle. Géant muni de roues, à l'origine, il était accompagné par son fils Jean Marie, prêt à aider son "conducteur" aux endroits les plus difficiles.

 

Et les naissances se succèdent, ainsi en 1983, le Comité des Fêtes du quartier Sainte Marguerite s'enrichit lui aussi d'une "posture". Quoi de plus normal, dans cet ancien quartier de balotils (ouvriers tricoteurs travaillant sur métier mécanique à domicile), de rendre hommage à un de ses enfants, le baryton Jean Noté. Son histoire nous vous l'avons contée dans l'article consacré à la visite de ce quartier, au début du blog (voir archives).

Il est présenté dans le costume de scène qu'il portait dans le rôle de Guillaume Tell (l'opéra de Rossini) qu'il avait créé à l'Opéra de Paris. Nous ne pouvons évoquer ce géant et le quartier sans parler d'une de ses chevilles ouvrières, Albert Dupret. Responsable de l'économat au sein d'un organisme financier, il faisait également partie de l'harmonie communale des Volontaires Pompiers et de la fanfare de la Royale Union Sportive Tournaisienne, club dont il était un fervent supporter. Aimant le chant, il était membre du Cercle Choral Tornacum. Bon vivant, joueurs de fer au sein de la société du café de Foy (rue Saint Martin), Albert était ému jusqu'aux larmes, le jour de l'inauguration du géant, principalement lorsqu'on entendit s'élever, grâce à un système d'amplification placée dans le panier, la puissante voix du baryton. Le géant défilait au son de la musique des Porporas.

 

En 1984, la société "les Pêcheurs Napolitains" issue du quartier Saint Brice souhaite rendre hommage à celle qui avait été à la base de la résurrection de cet ancien groupe carnavalesque fondé en 1842 : Germaine Duprez, née à Tournai, le 1er septembre 1920 et décédée le 10 février 1982. Tenancière du café " A la Vilette" rue de Marvis, surnommée "Lalie", elle est présentée dans le costume de la société , chemisier blanc, jupe rouge à bretelles, foulard rouge. Le groupe qui l'accompagne est composé d'hommes, de femmes et d'enfants, une barque rappelle leur profession. Il s'agit aussi d'un géant muni de roues à l'intérieur du panier. Le groupe participe à de nombreuses cavalcades en Belgique ou à l'étranger.

 

Parlons encore du géant "le Vendéen", issu du quartier du 24 août, hommage aux territoriaux de la Vendée, qui furent tous massacrés lors de la première guerre mondiale, dans ce quartier nord de la ville (voir archives sur ce blog), il défile fièrement accompagné de soldats portant le même uniforme bleu et rouge.

 

Terminons par le dernier géant, imaginé par les Amis de Tournai, Edouard Tréhoux, le père des géants tournaisiens, défile depuis 1986 au milieu des siens et ce n'est qu'une juste récompense pour tout le travail accompli pour doter Tournai d'un cortège folklorique... Ce jour là, Lucien Jardez, membres des Amis de Tournai et auteur du livre qui nous a servi de référence, avait rendez-vous, le samedi des Quatre Cortèges, face à la maison du génail inventeur, "Au Siècle de Louis XIV", rue des Puits l'Eau. En plein discours sur Edouard Tréhoux quelle ne fut pas sa surprise de le voir apparaître, venant du quai, au son d'une fanfare, accompagné de son groupe des "bradeurs infatigables", l'effet fut...géant, l'émotion du président du Cabaret Wallon fut à son comble !

(sources : Lucien Jardez, ouvrage paru en 1986 dans le cadre du cinquantième anniversaire des Amis de Tournai et recherches personnelles).

21 nov.
2007

10:13

Tournai : les Géants de Tournai (8)

"J'vais faire un géant". Lorsqu'Henri Maenhout, habitant du quartier Saint Piat, prononça ces mots, un soir, en rentrant chez lui, sa famille fut, pour le moins, extrêment surprise. Pourtant, il ne tarda pas à mettre son projet à exécution et, aidé de son épouse, Diana Buyle, il se mit à la tâche. En son domicile du 17 de la rue des Jésuites, de ses mains expertes, naquit bientôt un nouveau géant tournaisien.

Henri Maenhout voulait rendre hommage à Emilie Juste, née dans son quartier, rue des Récollets, en janvier 1860 et y décédée, à la rue des Carliers, le 1 avril 1939. Son histoire, le génial créateur du géant, né le 9 avril 1936, l'avait probablement souvent entendue racontée par des membres de sa famille ou des habitants du quartier.

C'était une brave femme qui, toute sa vie, avait exercé la métier de marchande de quatre saisons. En plus de son magasin situé au 60 de la rue Saint Piat, Emilie Juste installait son étal, composé simplement de deux tréteaux et d'une longue planche sur laquelle elle disposait ses paniers, au quai du Marché aux Poissons, à proximité du Minck.

A cet emplacement, lors de l'inauguration des quais rénovés en 2006, la ville apposa une plaque souvenir lors d'une cérémonie d'hommage à laquelle participa la famille Maenhout. Notre brave marchande ne se contentait pas de vendre des fruits et des légumes, mais également des produits de sa fabrications tels des ballons noirs ou des parapluies de bonbons dans laquelle elle plaçait parfois un sou, loterie appréciée des enfants qui ne manquaient pas de lui rendre visite. Lorsque revenait le temps des cerises, elle en attachait dix, au moyen d'un fil, sur un bâtonnet et au mois de mai, elle vendait également des "bruants" (hannetons), fort prisés par les gosses. Dans le quartier Saint Piat et sur les quais, Emilie était mieux connue sous son surnom. Lorsqu'un enfant venait lui rendre visite, elle lui donnait toujours une petite tape amicale et lui disait alors : "Allez.. A r'voir... Va vite m'pétit Cucu". "Gramère Cucu", c'est ainsi que les enfants l'appelaient et c'est ainsi qu'Henri Maenhout baptisa son géant, fidèle réplique de l'originale.

Il fit sa première sortie lors du sacre Saint Piat (Ducasse du quartier) en 1979 et un an plus tard, en juin 1980, intégra le défilé de la journée des Quatre Cortèges. "Gramère Cucu "porte un bonnet fermé par un ruban noué sous le menton, un chemisier à pois avec par-dessus un châle à carreaux (sa garde-robe évoluant, le chemisier est désormais blanc), sur le panier une jupe bleue recouverte d'un tablier gris, elle porte dans la main droite son célèbre bâton de cerises. Elle est toujours accompagnée de couples et d'enfants issus de la famille Maenhout, les filles portent un bonnet blanc, un chemisier avec foulard, une longue jupe étroite noire recouverte d'un tablier bleu et tiennent en main un panier, rappel de l'époque d'Emilie Juste. Les garçons sont vêtus d'un long sarreau bleu, d'un pantalon noir, d'un foulard et portent une casquette de maraîcher.

Accompagnant son géant lors de chaque manifestation, Henri Maenhout poussait un orgue de barbarie jouant inlassablement "Voulez-vous danser Grand'Mère ?", petit pas de danse dont ne se prive jamais le géant. Lors de la journée des Quatre Cortèges de juin 2005, Henri Maenhout reçut la médaille des Amis de Tournai et celle de la Ville de Tournai pour 25 années de participation au cortège et en reconnaissance du travail accompli pour que vive le folklore tournaisien. Hélas, le 20.6.2005, quelques jours après cette émouvante cérémonie, Henri Maenhout s'éteignait, il était âgé de 69 ans. Son épouse, Diana, d'origine flamande qui vouait comme son époux un amour particulier au folklore de sa ville d'adoption, le suivit quelques temps plus tard. Ce serviteur du folklore local laissait un précieux héritage à ses six enfants, le seul géant "familial" que compte la cité. Ceux-ci reprirent le flambeau et, à la fin de l'année 2006, organisèrent une exposition sur le quartier Saint Piat en l'école de la Justice. Au milieu de la classe transformée, l'espace d'un week-end, en musée, trônait "Gramère Cucu" qui, avec son regard bienveillant, semblait s'adresser aux visiteurs en leur disant " Allez... A r'voir...orvenez bin vite mes p'tits Cucus"... Le mannequin représentant cette célèbre tournaisienne est visible au Musée de Folklore de la cité.

(sources : Lucien Jardez, ouvrage paru lors du cinquantième anniversaire des Amis de Tournai en 1986 et informations recueillies par l'Optimiste auprès des enfants d'Henri Maenhout).

20 nov.
2007

09:49

Tournai : les Géants de Tournai (7)

Edouard Tréhoux nous a ainsi légué neuf géants. Pourtant un dixième était en préparation, la tête, la carcasse et le panier avait été réalisés, mais son squelette dormait dans un grenier de la maison de la rue des Puits l'Eau. Au travers de celui-ci, il souhaitait rendre hommage à tout un régiment caserné à Tournai, le "Troisième Régiment des Chasseurs à Pied", si cher aux coeur des Tournaisiens et surtout des... Tournaisiennes (c'est fou l'effet que produit un uniforme chez les demoiselles) !

Ce régiment que les Tournaisiens appelaient le "Trois Chass'" a été créé en 1831, il reçut son drapeau en 1872, à Laeken, des mains du roi Léopold II. C'est en 1877 qu'il s'installera définitivement à Tournai. Le 3 août 1914, après une traversée de la ville sous les acclamations de la foule, les Petits Chasseurs quittèrent, par train, la cité aux cinq clochers pour aller combattre l'ennemi. Le régiment se distinguera à Chapelle-au-Bois, Moorslede, Anvers, Beers-Blook et le long de l'Yser, autant de mentions honorifiques portées sur son drapeau. Ce dernier a d'ailleurs connu une histoire extraordinaire. Offert au régiment par les commerçants tournaisiens, le drapeau était resté en la caserne Général-Baron Ruquoy au moment où a débuté lae second conflit mondial, en mai 1940. Il fut considéré comme un trophée de guerre par un officier allemand qui l'emporta chez lui avant de mourir sur le front russe. Sa veuve épousa ensuite un autre officier. Honnête homme ou parfait militaire, celui-ci se rendit probablement compte de la signification symbolique d'un drapeau de régiment et se mit en rapport avec les autorités belges. C'est ainsi que le colonel Delplace se rendit en Allemagne pour récupérer cet emblème. Celui-ci a pris place au Musée de Folklore de notre cité.

Au cours de la seconde guerre mondiale, le régiment se distingua également à Synghem et sera cité à l'ordre du jour du 7ème corps d'armée. Après la guerre, il a été placé dans la réserve nationale et n'est donc plus jamais réapparu à Tournai. Le 8 juin 1975, grâce aux Amis de Tournai qui achevèrent le géant en lui faisant confectionner son uniforme, le "P'tit Chasseur" apparut pour la première fois dans le cortège défilant fièrement au son de la marche du Troisième Chasseur bien connue des habitants de la ville. Le géant mesure 3m50 et pèse 90 kilos, Il porte le petit calot que les militaires appelaient "minute à café", son uniforme est "vert et jonquille" comme celui porté en 1914 (tissu vert bordé de jaune), il est complété par une ceinture noire et une fourragère jaune. La jupe qui recouvre le panier est bleue. Géant porté, il est accompagné par trente musiciens et vingt soldats portant le même uniforme. Lors de son baptême, sur la Grand'Place de Tournai, Mme Elodie Mortier-Tréhoux, la fille d'Edouard Tréhoux et Mr. Joseph Van Crayenest, Président de la Fraternelle des Anciens du 3ème Chasseurs à pied acceptèrent d'assumer le rôle de marraine et de parrain de ce "beau et grand" garçon...

(sources : ouvrage de Lucien Jardez paru lors du cinquantième anniversaire des Amis de Tournai en 1986).

19 nov.
2007

11:48

Tournai : les Géants de Tournai (6)

Lors de la confection de ses géants, Edouard Tréhoux puisa également son inspiration dans le folklore local. Les Tournaisiens associent souvent les deux géants "Sarragos" et "le Châle Vert", pourtant leurs origines sont différentes même si elles avaient un dénominateur commun : la misère.

Alexis Sarragos était un enfant trouvé, déposé au "tour" que nous avons déjà évoqué dans une précédente présentation. Il a été enregistré à l'Etat Civil le 17 décembre 1816 à midi et confié à des parents nourriciers payés par l'Assistance publique. A treize ans, il devint membre des "Ateliers de Charité", plus communément appelés à Tournai, les "collets rouges", en raison de la couleur du collet qu'ils portaient sur leur veste de drap, véritable marque d'infamie qui désignait son porteur à la population et qui en faisait bien souvent les souffre-douleurs de la jeunesse d'alors et les victimes de moqueries ou railleries de la part de leurs concitoyens.

En les immortalisant, Edouard Tréhoux voulait-il ainsi les réhabiliter ? Le géant Sarragos mesure 3m50 et pèse 110 kg, sa tête, à l'origine en carton pâte abimée lors du cortège de 1937, est, depuis sa restauration, en plâtre. Il porte la tenue des pourvus de l'Hospice des Vieillards : capote noire à petits pans avec passepoil rouge, six gros boutons et collet rouge, tablier de grosse toile grise, une jupe bleue recouvre le panier, casquette à deux face en cuir bouilli (sorte de bonnet sans visière), col de chemise blanc et foulard bleu, pipe en terre, mouchoir rouge à pois blancs. Géant porté, il ne se prive jamais d'un petit pas de danse. Il est accompagné à l'origine de vingt-cinq "collets rouges", portant le même costume avec pantalon gris. Depuis 1938, Sarragos est couplé avec le géant "le Châle Vert".

L'institution des Châles Verts date de 1826. Elle regroupait filles et garçons pauvres qui bénéficiaient d'une bourse durant trois ans pour l'apprentissage d'un métier. Bénéficiaires de la charité publique, ils se devaient de porter un uniforme qui les désignait eux aussi à la population. Le géant "le Châle Vert" mesure également 3m50 et pèse 110 kilos, une longue perruque blonde sur une tête de carton pâte, bonnet blanc, robe noire, foulard blanc et châle vert. Géant porté, son groupe se compose de vingt-deux enfants formant des couples (filles aux châles vert et garçons aux collets rouges).

Il nous reste à faire connaissance avec le plus petit des géants tournaisiens : "Louis XVIII", surnom donné à Xavier, Joseph Delhaie, né en 1795 et décédé en 1866, ouvrier faïencier, mesurant à peine 1 mètre. Il n'a jamais fabriqué de porcelaine mais avait acquis sa réputation dans le raccomodage de vaisselle, de vases et d'objets en porcelaine. Il avait la réputation de nain colérique, grand amateur de femmes mais qui ne se maria que deux fois. On raconte que certains soirs, rentrant chez lui passablement éméché, il montait sur la table pour donner une gifle ou battre sa femme. Dans son livre, Lucien Jardez se dit que finalement les femmes devaient apprécier ces moments car il leur aurait suffi de ne pas s'approcher de la table !

Le géant mesure 2m70 et pèse 95 kg. Il a une tête en carton pâte surmontée d'un chapeau haut de forme, il porte une redingote noire à quatre gros boutons, un col blanc et un foulard à carreaux. Le panier est recouvert d'une jupe bleue. Il tient dans chaque main une assiette avec imitation des motifs de la porcelaine de Tournai. Au son de la fanfare qui l'accompagne, ses porteurs le font danser, virevolter, les bras montant à l'horizontale, spectacle appprécié des enfants. Le mannequin rappelant ce petit homme est exposé au musée de Folklore de Tournai.

Voici décrite la collection des géants imaginés par Edouard Tréhoux et son épouse, Pendant longtemps leur fille Elodie, dernier enfant survivant, a veillé sur eux, leur avenir est désormais confié aux Amis de Tournai qui recherchent actuellement des costauds pour les porter lors des Quatre Cortèges. 

(sources : Lucien Jardez, ouvrage paru lors du cinquantième anniversaire des Amis de Tournai en 1986).