31 juil.
2007

13:37

Tournai et ses villages : Maulde

Les villages de Barry et de Maulde se confondent souvent, ils sont seulement séparés par la chaussée de Bruxelles et la ligne ferroviaire 94 (Mouscron-Tournai-Bruxelles). Bien souvent la population tournaisienne les rattache, comme pour Gaurain-Ramecroix, en parlant de Barry-Maulde. Il s'agit pourtant de deux entités bien distinctes et l'histoire nous le prouve.

En 1109, Odon, évêque de Cambrai, donne l'autel de Maulde à l'abbaye de Saint Martin de Tournai. Cette donation sera confirmée par les papes Innocent III en 1131 et Lucius III en 1183. Maulde était alors une enclave de la Flandre dans la châtellenie d'Ath, une dépendance de Grandmetz (entre Leuze et Frasnes-les Buissenal) et un arrière-fief de la baronnie de Pamèle. Maulde était composé de nombreuses autres seigneuries, celle de Mansart, de Fermont et de Froidmanteau. Par l'édit de Fontainebleau, Louis XIV met les enclaves de Mansart et Maulde sous la juridiction du bailliage du Tournaisis. Mais en 1699, le village est cédé par le Traité de Lille au roi d'Espagne. Le village a été depuis toujours administré par la famille des "de Maulde". Cette lignée remonte au XIème siècle, Guillaumette de Maulde est l'héritière de la seigneurie, celle-ci passera par legs et mariages successivement aux Ricamez, d'Estavayez, Carondelet, Faciaux. En 1750, Charles-Antoine Cossée de Maulde deviendra propriétaire du domaine et la famille donnera de nombreux bourgmestres à la commune, dont le Vicomte Alfred qui présidera à sa destinée durant 50 ans, au cours du XIXème siècle.

Maulde, aujourd'hui commune du Grand Tournai compte environ 720 habitants répartis sur 878 hectares, le village est essentiellement tourné vers l'agriculture. Notons cependant la présence d'une laiterie-fromagerie. Au temps où la SCNB était encore un véritable service publique, il existait une gare, celle de Barry-Maulde, qui permettait aux navetteurs locaux de se rendre quotidiennement à leur lieu de travail à Bruxelles, Leuze ou Tournai. La gare facilitait également l'accès aux saisonniers de la sucrerie située au bord des voies, à une centaine de mètres de celle-ci. Toutefois, suite à la fermeture de l'entreprise en 1976 et à la rationalisation outrancière du rail, il ne subsiste à Maulde qu'un passage à niveau automatique par lequel passent sans ralentir les IC et IR d'aujourd'hui, faisant vibrer, à chaque passage, les vitres de l'ancien café "Astoria" que Lucienne, la patronne, décédée il y a quelques années, a tenu durant plus de cinquante années.

Natif de Maulde, Jean Baptiste Hughes, médecin vétérinaire de l'armée belge, devint Grand écuyer de la maison du roi. Auteur du "Traité d'hippologie", il écrivit également d'autres ouvrages sur la médecine vétérinaire. Il est décédé à Ixelles en 1888. Le village est désormais entré dans le XXIème siècle grâce à la production de bio-carburant à partir de l'huile de colza, modeste contribution d'un agriculteur local à la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique.

(source : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture et recherches personnelles).

13:37 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : louis xiv, l astoria, cosse de maulde |

30 juil.
2007

11:19

Tournai et ses villages : Barry

Avec Barry, voici le village le plus à l'Est de Tournai, à la jonction des chaussées de Bruxelles et de Mons, il est à la frontière de l'entité de Leuze-en-Hainaut et jouxte les villages de Gaurain, Maulde, Pipaix et Baugnies. La commune compte un millier d'habitants répartis sur 488 hectares.

Sous l'Ancien Régime, les chapitres de Leuze, de Condé et d'Antoing possédaient chacun une seigneurie à Barry. Louis XIV intégra le village au Tournaisis par le Traité de Chambord en 1669 en le retirant de la châtellenie d'Ath. Le Traité de Nimègue, neuf ans plus tard, le détacha à nouveau. En 1745, sur une partie du territoire de Barry se déroula la célèbre bataille de Fontenoy, celle au cours de laquelle la phrase souvent enseignée dans les écoles fut prononcée : "Tirez les premiers, Messieurs les Anglais !".

Village essentiellement tourné vers l'agriculture Barry compta, jusqu'au milieu du vingtième siècle, près de 50 exploitations agricoles familiales. Jusqu'au début du XIXème siècle, on note peu d'activité industrielle si ce n'est la présence dans le village d'un moulin à blé, d'un pressoir à huile et d'une brasserie. Vers 1850, on commence à installer une sucrerie qui se situera à l'angle de la rue de Mansart et le long de la chaussée de Bruxelles. C'était, bien entendu, une activité saisonnière s'étalant d'octobre à la Noël. L'usine de transformation de la betterave sucrière occupait ainsi environ une septantaine d'ouvriers se consacrant tout au long de l'année à l'entretien et au nettoyage des installations, une centaine de personnes, les saisonniers, venant les rejoindre au début de la campagne. Les installations étaient alors en activité 24h/24, la chaussée de Bruxelles voyait défiler quotidiennement des centaines de tracteurs et de camions venus déverser des tonnes de betteraves, stockées le long de la route et emportées par des tapis roulants dans les entrailles du monstre qui dégageait continuellement des nuages de vapeur. L'usine, jusqu'alors indépendante, fut reprise après la seconde guerre mondiale par la raffinerie Tirlemontoise. L'activité se réduisit peu à peu et, au début des années septante, moins d'une centaine d'ouvriers y étaient occupés. La sucrerie ferma définitivement ses portes en 1976 et fut ensuite totalement démontée.

Si la population de la commune pouvait se tourner vers quatre secteurs d'activité de proximité : l'agriculture, la sucrerie, les bonneteries de la région de Leuze ou les carrières de Gaurain, beaucoup d'habitants furent touchés par la fermeture de la sucrerie et la disparition progressive du secteur textile leuzois. Depuis la cessation d'activité de la sucrerie, le village Barry est redevenu très calme et se transforme peu à peu en un village résidentiel.

(sources : Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture et recherches personnelles).

11:19 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : barry, sucrerie de barry, louis xiv |

29 juil.
2007

10:55

Tournai et ses villages : Gaurain Ramecroix

Les villages de Ramecroix et Gaurain ont été réunis probablement dès le moyen âge. L'entité de Gaurain-Ramecroix se situe le long de la Nationale 7 reliant Tournai à Bruxelles. Le village est bordé par ceux de Warchin, Havinnes, Béclers, Maulde, Barry, Vezon et Vaulx. L'importante voie de communication a vu son trafic fortement diminuer lors de la création de l'autoroute de Wallonie (E42 Tournai-Liège) et de l'A8 (E429) (Tournai-Bruxelles) mais également grâce à la construction de la route industrielle permettant aux camions de rejoindre l'autoroute à partir des carrières sans emprunter la Nationale.

Le village s'étend sur 1.221 hectares et compte près de 3.400 habitants. En 1108, le pape Pascal II donne l'autel de Ramecroix au chapitre Notre-Dame de Tournai. A cette époque, l'autel de Gaurain appartenait déjà à l'abbaye de Saint Martin par un don fait par Manassès, évêque de Cambrai, à la fin du XIème siècle. Comme d'autres villages de la région, Gaurain et Ramecroix furent rattachés à la banlieue de Tournai par le Traité de Chambord en 1669. Mais comme il l'avait fait pour Vaulx, Charles VI les rattacha en 1723 au Conseil souverain du Hainaut. Dans la localité, la seigneurie de Bourgembraix cédée à la Motte-Baraffe en 1581 donna son nom à un hameau. D'autres quartiers ont aujourd'hui pour nom : Canger, Marais, Crotière, La Louvière, Pecquereau, WirieWiots...

Terre consacrée essentiellement à l'activité de l'extraction de la pierre, Gaurain Ramecroix compta néanmoins de nombreuses fermes telles celles de Marvis ou du Grand Marvis, ainsi que celle de Graux. On dénombrait, au début du XIXème siècle, pas moins de 56 briqueteries, cinq fours à chaux, une raffinerie de sel, une brasserie, quatre tuileries. Au début du XXème siècle, plusieurs milliers de personnes étaient occupées soit dans les cimenteries, soit dans les carrières.

En 1952, les Ciments d'Obourg installèrent une usine de concassés calcaires et ouvrirent une carrière. Enfant du pays, Paul Bataille, né à Béclers en 1879, ingénieur du génie civil et des mines fonde avec son frère François, en 1906, la société Carrières et Ciments Batailles. En 1927 l'entreprise donne du travail à 630 personnes. Paul Bataille décèdera à Gaurain en 1948. En 1957, une nouvelle société est fondée, la Compagnie des Ciments Belges (en abrégé C.C.B.). La CCB a continué à se développer et a compté plus de 700 travailleurs. Reprise par Odartech, filiale du groupe Ciment Français International, en 1990, elle fait désormais partie du géant Italcementi Group.

Un fait d'hiver a un jour fait frémir les habitants d'une partie du village. Il y a une vingtaine d'année, la rue Verte Vallée fut le théâtre d'un phénomène relativement fréquent dans le Tournaisis, l'apparition d'un puits karstique qui se situait malheureusement auprès de maisons. Ces effondrements du sol, créant des puits d'une dizaine de mètres de diamètres et d'une profondeur de deux à dix mètres, trouvent leur origine dans la surexploitation de la nappe aquifère du Tournaisis qui alimente non seulement la région mais aussi le Nord de la France et sa métropole Lille-Roubaix-Tourcoing ainsi qu'une partie de la Flandre.

Travailleurs, les habitants du village aiment les fêtes entre amis. Pendant des années, le groupe les Gais Lurons a animé le carnaval de Gaurain-Ramecroix et le hameau de Crotière organise encore, chaque été en juillet, trois jours de fêtes qui connaissent un grand succès de foule. Pendant les années septante, la Foire Commerciale de Gaurain était un rendez-vous incontournable pour les habitants et les commerçants de la région.  

(Sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre et recherches personnelles)

10:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : gaurain, ramecroix, charles vi, paul bataille, ccb |

28 juil.
2007

13:42

Tournai et ses villages : Vaulx

En quittant Chercq, nous avons terminé la visite des villages situés sur la rive gauche de l'Escaut. Nous poursuivons notre périple sur la rive droite, avec en amont de Tournai, face à la commune que nous venons de visiter, le village de Vaulx, sa superficie de 405 hectacres et ses 1.500 habitants environ.

C'est en 1163, que Nicolas Ier, alors évêque de Cambrai, donne l'autel de Vaulx à l'abbaye Saint Martin de Tournai. Cette attribution sera ensuite confirmée en 1177 par le pape Alexandre III et en 1183 par le pape Lucius III. Sous l'Ancien Régime, Vaulx était une extension de la seigneurie d'Antoing qui dépendait, elle-même, de la baronnie de Leuze. Le village appartint successivement à la famille de Vieuville, de Gausset de Steenkerque et à partir du XIVème siècle au seigneur d'Antoing. En 1389, Hughes de Melun, seigneur d'Antoing, reconnaît que l'abbaye Saint Médard de Tournai détient le droit de justice dans ses biens situés à Vaulx. Vaulx sera rattachée, en 1669, à la banlieue de Tournai par le Traité de Chambord. Par la suite, Louis XIV confirmera l'appartenance à la juridiction du Tournaisis en 1701. Charles VI replacera Vaulx sous la juridiction du Conseil souverain du Hainaut en 1723.

Les carrières d'extraction de la pierre calcaire sont omniprésentes sur le territoire de cette commune et ce depuis plus d'un millénaire. L'expension sera importante, à tel point qu'au milieu du siècle dernier 420 personnes environ seront employées dans les carrières, les fours à chaux et dans une cimenterie. A la fin des années soixante, des industries annexes viendront s'établir dont la firme Poclain, spécialisée dans la construction de pelles hydrauliques, elle procura ainsi près de 80 emplois directs et de nombreux emplois indirects. Hélas, cette usine a fermé ses portes une vingtaine d'années plus tard. La S.A. Carrières Lemay exploite à Vaulx, un gisement de calcaire carbonifère (étage Dinantien, sous-étage Tournaisien). Celui-ci date d'environ 350 millions d'années. Il faut dire qu'en ce lieu, la pierre de Tournai est facilement accessible, il ne faut pas creuser profondément pour atteindre le banc recouvert d'à peine une dizaine de mètres de terre. Dans la carrière Lemay, l'épaisseur de pierre exploitable est estimée à environ 180 mètres. Lemay est une entreprise familiale fondée en 1897 pour produire de la chaux. Après la première guerre mondiale, elle se lance dans la production de ciment Portland. Après être devenue Société Anonyme en 1968, elle passera sous le contrôle de CBR (Cimenterie et Briqueteries Réunies) en 1982. Dès lors, la production de ciment sera abandonnée au profit du marché des concassés, des moëllons et de la pierre ornementale dont la demande est sans cesse croissante.

Près de l'Escaut, on peut encore découvrir les ruines du château César. Remontant environ à sept à huit cent ans, ce château médiéval se présentait sous la forme d'un simple quadrilatère dont chaque angle était garni d'une tour de forme cylindrique. Il était entièrement construit en pierre calcaire de la région. Une ASBL a été créée pour le promouvoir et assurer son entretien. On peut encore voir les restes de deux des quatre tours.

Vaulx fait partie du Pays Blanc, nom donné à cause de la poussière de ciment qui se dépose sur les toits, la végétation et les routes leur donnant parfois un aspect hivernal, en opposition au Pays Noir, où se concentrent les activités basées sur l'extraction du charbon ou la sidérurgie. Ce Pays Blanc, cher à Edmond Dubrunfaut, artiste local, peintre, créateur de tapisseries et de dessins pour revêtement muraux qui a magnifié, aux travers de nombreuses oeuvres, cette région qui l'avait adopté. Décorateur du passage sous voies de la gare de Tournai et d'une station de métro à Bruxelles, il tient une large place au Musée de la Tapisserie de la ville aux cinq clochers et a orné le monument édifié au rond-point de Bruyelles. Décédé au mois de juillet 2007, à l'âge de 87 ans, il restera un des chantres du Pays Blanc.

Signalons enfin que chaque année, le Carnaval de Vaulx (La Carnavo), parcourt les rues d'un village dont les habitants aiment s'amuser et l'existence d'un club de tennis réputé, "le Vautour" !

(Sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, site internet de la S.A. Lemay et recherches personnelles).

13:42 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, dubrunfaut, louis xiv, charles vi, lemay, vaulx |

26 juil.
2007

11:07

Tournai et ses villages : Chercq

Nous visitons le dernier village situé sur la rive gauche de l'Escaut. Avec ses 303 hectares et ses 911 habitants, Chercq est "Le" village ouvrier du Tournaisis.

Sous l'ancien régime, la paroisse de Chercq dépendait directement du chapitre cathédral de Tournai. Cette appartenance avait été confirmée par les bulles des papes Pascal II en 1108 et Clément III en 1190. En 1803, la paroisse est rattachée au doyenné d'Antoing, mais le 1 janvier 1979, l'évêque Jean Huard la rattache au doyenné de Tournai. Au XIVème siècle, Jean de Werchin, sénéchal du Hainaut, souhaita y fonder une Chartreuse, la construction de celle-ci fut approuvée en 1377. elle fut édifiée grâce à une donation de Chrétien de Ghistelles, prêtre à Tournai. En 1419, l'ordre des Chartreux racheta la seigneurie de Chercq à Gaucher de Rouvroy. La Chartreuse fut pillée en 1478 par les Bourguignons et dévastée par les Gueux en 1566. A peine restaurée, les alliés la ravagèrent en 1712. Joseph II supprima l'ordre en 1783. Les Chartreux étant à la tête d'une brasserie, le village compta de nombreux cabarets, ce qui permettait ainsi aux Tournaisiens d'échapper à la taxe frappant les alcools décidée par les Magistrats de la Ville.

Chercq fait partie du bassin carrier du Tournaisis, depuis toujours on y extrait la pierre et une grande majorité des habitants du village travaillent, comme ils sont fiers de le dire, "a l'Roc", de là est née l'appellation de Roctiers, nom donné au gens du village. Le long de l'Escaut, des fours à chaux, constructions en pierres en forme de bouteille, se dressent encore, témoins d'un passé laborieux. Certains ont été restaurés et on y organisent de nombreuses activités durant l'été : visites, concerts, soirées de contes et de poésies, expositions. Ils sont aussi tout simplement un but de promenade le long du fleuve.

Dans ce village, baignant dans le socialisme depuis la naissance du mouvement, la "Maison du Peuple" fut une des premières à s'ouvrir dans la région de Tournai. Elle fut un temps la rivale de l'église en pierre, au clocher bâti au centre de la façade, voisine de la ferme des Chartreux.

Au bout d'une longue allée arborée en provenance de la chaussée de Saint Amand, on peut apercevoir, au milieu d'un immense parc, le château Thorn. La dynastie des Thorn apparaît dans le courant du XIXème siècle lorsque Charles Thorn, né à Marche-en Famenne en 1841, épouse Victorine Mombel-Lefebvre et vient se fixer à Chercq. S'associant à Goblet et Delwart, il exploite les carrières et fours à chaux. Lors de la dissolution de l'association, Charles Thorn conserve les installations de Chercq. Le 25 février 1874, il devint le bourgmestre libéral de Chercq, il le restera jusqu'à sa mort en 1897. Victor son fils, né à Chercq en 1872, suit les cours de l'ecole Royale Militaire où il deviendra l'ami du Prince Albert, futur roi des Belges (sous le nom d'Albert I). Il succèdera à son père en qualité de bourgmestre de la commune et sera anobli en 1934. Edouard Thorn, est né à Chercq en 1906, il reprendra les activités de son père et en 1950 deviendra administrateur de la Compagnie des Ciments Belges.

A cette date, la C.C.B reprendra les activités de Chercq mais les abandonnera quelques années plus tard, ne conservant sur le site que les installations de stockage et de chargement des péniches situées sur les quais de l'Escaut. Autre natif de Chercq, Jean Du Fief, qui voit le jour en 1829, fut professeur de l'enseignement secondaire à Hasselt, Anvers et Bruxelles. Géographe, il publia notamment un "Abrégé d'histoire Universelle". Il fut un des membres fondateurs de la Société belge de géographie. Enfin le village peut aussi s'enorgueillir d'être le lieu de naissance du Vicomte Victor Buffin de Chosal, né en 1867, ce général de division était également compositeur de musique, on lui doit des oeuvres trop peu connues : l'opéra "Kaatje" créé en 1913, trois pièces pour orchestre : "Suite, Lovelace et les Villages de la Côte" ainsi que des "poèmes" pour violon et orchestre, "sonates pour violon et piano et d'autres mélodies et chansons Il est décédé à Etterbeek en 1953.  

(sources : Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture" et "Biographies Tournaisiennes " de Gaston Lefebvre).

11:07 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chercq, thorn, buffin de chosal, jean du fief |

25 juil.
2007

09:59

Tournai et ses villages : Ramegnies Chin

Ramegnies Chin s'étend sur 428 hectares et regroupe environ 875 habitants. Le village est bordé par l'Escaut au Nord, l'entité de Pecq à l'Ouest et par les villages de Templeuve, Blandain et Froyennes.

Lors de fouilles effectuées à la fin du XIXème siècle, on mit à jour un ancien cimetière datant de l'époque des Francs. En 1978, l'apparition de puits karstiques au lieu-dit "Bolus" permit de découvrir des objets datés du néolithique et du Moyen-âge. C'est en 1095, que l'évêque Radbod II, donna l'autel de Ramegnies-Chin au chapitre Notre-Dame de Tournai. Ce droit fut confirmé par les papes Pascal II, en 1108, et Clément III en 1190. Sous l'Ancien Régime, le village de Ramegnies, auquel était rattaché le hameau d'Esquelmes, dépendait de la baronnie de Chin. L'évêque de Tournai, Gauthier de Croÿ, y avait fait bâtir un château sur les rives de l'Escaut mais celui-ci sera entièrement détruit par les Brugeois en 1325. En 1477 eut lieu sur le territoire de Pont-à-Chin un combat entre les Tournaisiens et les Bourguignons et en 1794 entre les troupes françaises et autrichiennes. En 1563, comme beaucoup de villages de la région, Chin était un foyer calviniste. En 1803, un décret de Mgr Hirn, sépare la paroisse d'Esquelmes de celle de Ramegnies Chin et en 1976, Esquelmes sera rattaché à Pecq lors de la fusion des communes.

Village essentiellement tourné vers l'agriculture, Ramegnies Chin entoure son église d'origine romane ou de transition romano-gothique avec une tour carrée probablement élevée à la fin du XVIIIème siècle, une nef unique, un choeur à pans coupés du XVIème siècle auquel est annexée une chapelle dédiée à la Vierge. Dans l'encadrement de porte, on peut voir une pierre de remploi datée de 1707. La sacristie date de la période de restauration générale de l'édifice réalisée par le tournaisien Constant Sonneville durant l'entre-deux guerres.

Le long de la chaussée de Courtrai s'élève l'institut Saint Luc, réputé dans les Arts graphiques et l'Architecture. Il accueille de très nombreux étudiants étrangers, principalement français, et a compté parmi ceux-ci des jeunes devenus célèbres : Salvatore Adamo et Dany Boon. Une des premières chansons d'Adamo, intitulée "Ma chambrette", décrit sa vie, durant cette période, dans le kot qu'il occupait alors à la rue de l'Ecorcherie à Tournai. Et lorsque Dany Boon revient à Tournai pour un spectacle, il ne manque jamais de revoir les lieux où se passa sa vie d'étudiant, ni de rencontrer son ancien professeur , Mr Willocq, avec qui il partage alors de nombreux et joyeux souvenirs.

Juste à côté de Saint Luc, jusque dans les années septante, on trouvait également l'IHECS, qui accueilli des jeunes qui sont devenus depuis lors animateurs de radio ou de télévision. Le pouvoir organisateur de cette institution décida de transférer l'établissement à Mons et quelques années plus tard à Bruxelles. Le village n'était probablement pas assez sélect aux yeux de ces dirigeants, mais situé à proximité de la France, il était d'un accès plus facile pour ceux qui voulaient y suivre les cours.

Depuis de très nombreuses années, les habitants du village doivent malheureusement subir les soucis provoqués par la présence d'un méga-dancing installé dans le village voisin d'Esquelmes qui attire chaque week-end des centaines de jeunes français venus y faire la fête. Hélas, ces nuits passées à s'amuser et à consommer boissons alcoolisées mais peut-être aussi d'autres produits beaucoup moins licites se terminent souvent dramatiquement. Les contrôles exercés régulièrement par les forces de l'ordre du Tournaisis ont pour but de conscientiser les jeunes à ces problèmes mais doivent être sans cesse répétés à la suite des nombreux incidents ou accidents qui s'y produisent. Le virage Tentalu, du nom d'une entreprise qui s'y trouvait jadis, situé au bout d'une longue ligne droite est souvent le lieu tristement célèbre de pertes de contrôle de véhicules avec des conséquences tragiques. Ramegnies Chin, très calme en semaine, vit chaque week-end, la fièvre du samedi soir, brève période qui ne ternit cependant pas le charme de ce village !

(sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "Répertoire des sanctuaires de Belgique" édition 1982 et recherches personnelles).

09:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ramegnies chin, institut saint luc |

24 juil.
2007

09:57

Tournai et ses villages : Froyennes (2)

Dans ce village, a été arrêtée, le 20 octobre 1915, Louise de Bettignies. Née à Tournai en 1880, elle avait fait ses études à Oxford et dès le début du conflit de 1914-1918 avait organisé un réseau d'epionnage pour le compte de l'Intelligence Service. Celui-ci couvrait le Nord de la France et la région frontalière s'étendant de Mouscron à Tournai. Louise de Bettignies, dont le souvenir est également commémoré à Lille, opérait sous le nom de code d"Alice Dubois". Elle récoltera de précieux renseignements sur les mouvements des troupes allemandes en se rendant régulièrement en Hollande, à Gand ou à Bruxelles. Alors qu'elle se trouve à Froyennes, en cette journée d'octobre 1915, elle est arrêtée par les Allemands et parvient à avaler le document qui était en sa possession. On l'emmena dans un café voisin à l'enseigne du "Canon d'Or" pour l'interroger, transférée à Bruxelles elle y fut condamnée à mort en mars 1916, sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité. Incarcérée à Sieburg en Allemagne, elle mourut au cours d'une intervention chirurgicale réalisée dans des conditions désastreuses. Sur l'immeuble de la chaussée de Courtrai, une plaque commémorative a été apposée et son nom a été donné à la place qui se trouve de l'autre côté de la rue.

Albert Baisieux est né à Froyennes en 1918, ses études primaires terminées, il est placé comme apprenti coiffeur. Son oncle s'aperçevant rapidement que ce métier n'est pas fait pour lui, l'engage dans son atelier de tailleur de pierres et l'inscrit à l'Académie des Beaux Arts où il apprendra le dessin et la sculpture. Dix ans plus tard, il se verra attribuer de nombreuses distinctions : la Grande médaille d'argent du gouvernement en 1939, les prix Octave Castaigne pour la sculpture et ensuite pour la peinture lui sont également décernés. En 1942, c'est le prix Goderlache qui vient couronner son oeuvre représentant une femme assise, dénommée "Sérénité" qui décore l'Hôtel de Ville de Tournai. En 1944, il partage le prix de Rome avec Elisabeth Barmarin, "l'Homme debout", créé à cette occasion, se trouve depuis lors au Musée des Beaux Arts de la ville.

Beaucoup de Tournaisiens qui empruntent la partie latérale du Pont-à-Pont, dans la descente vers l'Escaut de la rue des Puits l'Eau ne savent peut-être pas que le haut-relief représentant une "femme donnant à boire à un enfant" est également de lui. Il réalisera par la suite la statue de "Notre-Dame de la Treille" qui orne le Mémorial Sainte Marguerite visible dans le mur arrière de l'ancien couvent des Petites Soeurs des Pauvres, à la rue du Ballon. Albert Basieux, natif de Froyennes, est mort à Tournai en 1949.

On dit que les vieux habitants du village continuent à faire une distinction entre les personnes nées dans le village, de parents y résidant depuis toujours et celles venues y vivre même depuis quelques générations, sorte de chauvinisme local qui tend cependant à disparaître. Froyennes est un village où il fait bon vivre. Chaque année, le cercle des collectionneurs froyennois invite le public à découvrir les pièces rares recherchées par ses membres. Miniatures, coquetiers, cartes postales, théières et une foules d'objets divers sont ainsi exposés durant un week-end.

Chaque semaine, le Foyer Saint Eloi accueille les clubs de joueurs de Whist et ceux du Scrabble duplicate. La troupe théâtrale locale, "la Relève Saint Eloi", monte tous les ans une pièce qui est jouée dans la salle des fêtes avant d'être interprétée dans les villages environnants durant l'hiver. Jusqu'à la fin des années quatre-vingt, les "Fêtes de Froyennes", organisées en septembre, invitaient les promeneurs à la flânerie le long des étangs décorés, fleuris et illuminés, charmaient les mélomanes par les concerts dans le parc du château, ravissaient les enfants par les attractions foraines de la place, permettaient la visite du moulin à eau, dans ses guinguettes offraient à la dégustation bières artisanales et petite restauration traditionnelle et se clôturaient par un feu d'artifice. Faute de budget, celles-ci ne sont malheureusement plus organisées. Froyennes, un village de promenades que l'Optimiste vous invite à découvrir ou à revisiter...

(sources : "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre et recherches personnelles).

23 juil.
2007

10:31

Tournai et ses villages : Froyennes

Quittant Tournai par la rue Saint Eleuthère ou la chaussée de Roubaix, on entre sans transition dans le village de Froyennes. S'étendant sur 550 hectares, il compte pas moins de 2.300 habitants.

On y a découvert des traces d'habitat datant de la période paléolithique (période qui voit apparaître l'ancêtre direct de l'homme, l'homo sapiens sapiens, et la naissance de l'industrie de la pierre). Durant l'époque romaine, Froyennes devient le site d'une villa. Au XIIème siècle, les écrits parlent du village alors dénommé Frogana, déformation probable du latin Frugana désignant une terre à céréale à l'époque gallo-romaine. Son nom se déformera encore au fil des siècles, Frogana deviendra Froiana, passera par divers autres noms pour devenir Froyane au XIVème siècle et Froiesne au XVIème siècle. Le nom de Froyenne apparaît pour la première fois au XVIIème siècle. En 1108, celui qui nous accompagne de visites en visites, le pape Pascal II confirme au chapitre Notre-Dame de Tournai la possession de la chapelle de Froyennes. Jusqu'alors fief du roi de France, le territoire sera vendu au seigneur de Mortagne d'Audenaerde au XIIIèmes siècle, deviendra ensuite propriéré des Ribemont (XIVème), des Chin et ensuite des Le Lombart (au XVème). Durant cette période, les invasions furent nombreuses, ainsi en 1302, les Flamands pillèrent le village et incendièrent la ferme de l'abbaye de Saint Martin. En 1478, ce sont les troupes de Maximilien d'Autriche qui causent d'importants dommages lorsque, celles-ci en guerre contre Louis XIV, l'envahissent. En 1566, les Calvinistes dévastent l'église. En 1640, lors de la guerre entre la France et l'Espagne, Froyennes se voit à nouveau pillé par les troupes régulières mais aussi par des brigands.

Evoquons trois témoins de cette histoire : le château de Beauregard, actuellement propriété du Comte de Germiny, au centre d'un vaste parc avec plan d'eau et prairies est inconsciemment connu dans le monde entier puisqu'une scène du film le "Huitième Jour" de Jaco Van Dormael avec Pascal Duquenne et Daniel Auteuil, primés au Festival de Canne, y a été tournée en 1995. Il s'agit de la scène où Georges, le jeune mongolien, voit partir pour les vacances les autres résidents de l'institution dans laquelle il vit depuis la mort de sa mère. Le moulin à eau, probablement érigé dans le courant du XIIème siècle, reconstruit en 1682 et rénové pour la dernière fois en 1967 est situé en contre-bas du grand vivier, il a cessé toute activité en 1962. Faisant face à l'imposant couvent des Soeurs de la Sainte Union, il est l'endroit préféré des photographes à qui sont confiés les reportages de mariages. L'église Saint Eloi datant de 1840 avec sa tour occidentale, sa nef et collatéraux à cinq travées, son chevet semi-hexagonal avec sacristie domine la petite place du village.

Jaillissant de la Sainte Fontaine, appelée "Fontaine Saint Eloi", l'eau forme un ruisseau qui donne naissance à deux viviers, situés derrière l'église, sur lesquels évoluent canards et poules d'eau. Son débit a fortement diminué depuis la création de l'autoroute dont les travaux de drainage ont récolté les eaux des nombreuses sources qui l'alimentaient. Le dimanche, Froyennes est le lieu préféré de promenades des amoureux mais aussi des jeunes couples qui peuvent laisser gambader leurs enfants en toute liberté.

Témoin, aujourd'hui disparu d'une autre époque, la Maison Mamour située le long de l'ancienne chaussée de Courtrai était réputée pour ses "Tartes aux preones" (prunes) et était l'annuel rendez-vous des "cousettes" (ouvrières employées dans la confection) qui venaient y fêter la Saint Anne, à la fin du mois de juillet. Les frondaisons de la drève de Maire qui mène de Tournai à Froyennes étaient alors parcourues par des dizaines de jeunes filles ou jeunes femmes portant leurs plus belles toilettes d'été, protégées du soleil sous leurs ombrelles. Depuis quelques temps cette tradition a cependant disparu, désormais, à cette époque de l'année, les cousettes du XXIème siècle se dorent sur les plages d'Espagne, de Tunisie ou tout simplement de la Mer du Nord. Dans les années nonante, l'ancien café du "Pont Royal", situé entre l'ancienne et la nouvelle chaussée de Courtrai a été transformée en restaurant "Chez Léon" de Bruxelles. Depuis le début des années septante entre l'Escaut, l'autoroute et la chaussée de Courtrai a été créé le zoning commercial de Froyennes avec ses dizaines de magasins : Carrefour, Lidl, Aldi, la Foirefouille, E5 mode, O'Cool... Dans les années quatre-vingt, les services de la Poste y ont fait érigé un centre de tri ultra-moderne... juste avant que celui-ci ne soit regroupé avec d'autres à Fleurus et un bureau de poste qu'ils ont fermé en 2010 au profit d'une nouvelle implantation située sur l'avenue de Maire à Tournai.

(sources : Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "Répertoire des sanctuaires de Belgique" édition 1982, " Le moulin de Froyennes" de Jean Louis Pion, édition 1970 et recherches personnelles).

22 juil.
2007

09:22

Tournai et ses villages : Templeuve

Avec près de 3.350 habitants répartis sur 1.221 hectares, Templeuve, village aux portes de la France, est avec Kain et Gaurain-Ramecroix l'un des trois plus importants villages de Tournai. Possédant une frontière avec le pays voisin, il jouxte également les villages de Néchin (entité d'Estaimpuis), Ramegnies-Chin, Froyennes et Blandain.

Si en 1103, Baudry, évêque de Noyon-Tournai, confirme à l'abbaye de Saint Martin le don de la dime de Templeuve par deux chevaliers et un chanoine, ce n'est qu'en 1145, que Simon de Vermandois, évêque de Tournai, fait don de l'autel du lieu à la dite abbaye. Le territoire de Templeuve était alors réparti entre le châtellenie de Lille et le Tournaisis. La seigneurie de Templeuve, au XIIIème siècle aux mains des Mortagne passa ensuite dans celles de Philipotte du Quesnoy, au XVème siècle dans celles des de Lannoy et au XVIIème siècle dans celles des Desmaisières dont Nicolas-Joseph fut le dernier seigneur. Le château de Templeuve, maison communale jusqu'à la fusion des communes de 1976, rappelle ce passé seigneurial. C'est également par la Convention des limites que Louis XV céda Templeuve à l'Impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.

Si le village est tourné vers l'agriculture comme le témoignent les imposantes fermes de Rumez, du Carnoy, de Bettignies, on y trouve aussi, au fil du temps, de petites exploitations industrielles, des tisserands à domicile, six brasseries, une tannerie, une raffinerie de sel, deux moulins et une distillerie. Au début du XXème siècle, on note également la présence de deux filatures mécaniques dont l'une occupait encore, il y a une trentaine d'années, plus de 70 travailleurs.

Chassées de France, au début du XXème siècle, de nombreuses congrégations religieuses vinrent s'installer dans notre région et notamment à Templeuve. L'une d'elles y a fondé le "Home Alphonse Marie" accueillant de très nombreuses personnes agées. Autre témoignage du passé du village, l'hôtel "A la Rose", situé au pied de l'église, près de la place, rénové et actuellement propriété d'un organisme financier, était un relais pour voyageurs.

La nouvelle église Saint Etienne, située au centre du village, est un exemple d'architecture futuriste en béton et grandes baies vitrées, sa tour aux cloches apparentes fait songer à l'avant d'un vaisseau qui se serait échoué au milieu des terres. L'édifice inauguré en ce début du XXIème siècle a remplacé l'ancien bâtiment de style néo-gothique, oeuvre de l'architecte Justin Bruyenne, de Tournai, construit en 1870 sur l'emplacement d'un sanctuaire du XVème siècle. Il comportait une nef et bas-côtés de six travées, un transept saillant à tourelles d'angle, un choeur à deux chapelles latérales avec chevets à pans coupés et une sacristie située à l'ouest. La façade, à trois porches, possédait une tour inspirée de celle de l'église Saint Julien d'Ath. D'importants problèmes de stabilité sont apparus dans les années nonante qui nécessitèrent de raser le bâtiment pour d'évidentes raisons de sécurité.

Templeuve est le village natal de Fernand Bachelard qui y est né en 1922. Ce nom n'est peut-être pas connu du grand public, mais son histoire le fera découvrir au-delà de nos frontières. Ses parents y exploitaient une ferme. Quand le "petit" Fernand eut dix ans, ils partirent pour le village de Roucourt, dans l'entité de Péruwelz. Et le petit Fernand grandit, grandit. A 15 ans, il mesurait déjà 1m55. A 27 ans, il atteindra 2m32 et pèsera 218 kilos. Il débutera comme catcheur et remportera tous ses combats. La fédération lui interdit d'encore pratiquer ce sport car, il n'avait pas d'aversaires... à sa taille. Ayant atteint 2m35, il se tourna alors vers le cabaret et se produisit au casino de Cannes. Jean Nohain, le célèbre animateur de la télévision française, le remarqua et l'engagea pour animer les émissions "Trente-six chandelles" et "Reine d'un jour". On l'invitera à suivre le Tour de France où on confectionna un maillot jaune à sa taille. On le retrouve ensuite comme géant débonnaire promenant dans un parc d'attraction au Danemark et il tourna même dans un film à Londres. Il accompagnera les tournées de Fernand Raynaud et de Maurice Chevalier, se produira au cirque Médrano. En 1960, las de parcourir l'Europe, il dépose ses valises à Bonsecours, village frontalier de l'entité de Péruwelz, où il ouvre un café à l'enseigne "Au géant Atlas". Plus tard, après son mariage, il déménagera à Gerpinnes et décèdera en 1975 à l'hôpital de Charleroi au cours d'une intervention chirurgicale. Il est inhumé à Roucourt. Le musée que sa veuve avait ouvert à Bonsecours où étaient rassemblés les souvenirs du doux géants (ses chaussures étaient de pointure 62) fut malheureusement détruit par un incendie. Désormais, une rue du village de Templeuve porte le nom du Géant Atlas.

(sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture, "répertoire des sanctuaires de Belgique" édition 1982, "Biographies Tournaisiennes " de Gaston Lefebvre et recherches personnelles).

09:22 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : convention des limites, geant atlas, templeuve |

21 juil.
2007

10:05

Tournai et ses villages : Orcq

Mais que pourrait bien avoir en commun le village d'Orcq, dépendant du Grand Tournai et la commune de Schaerbeek dans la région de Bruxelles ? Schaerbeek est appelé le pays des Anes et Orcq, celui des Baudets !

Sur une superficie de 442 hectares vivent près de 1.200 habitants. Lors de fouilles effectuées en 1972, on découvrit des traces d'un habitat datant du néolitique. On mit à jour en effet les restes d'une cabane avec un foyer, deux autres structures moins bien conservées et de la céramique. L'Histoire nous fait faire un bond dans le temps puisque c'est à nouveau au début du XIIème siècle qu'on reparle du lieu lorsque le pape Pascal II (qui devient un habitué de nos rubriques) approuve la possession de la chapelle d'Orcq par le chapitre Notre-Dame de Tournai. Clément III confirmera celle-ci en 1190. La terre d'Orcq appartint à partir du XIIIème siècle à la ville de Tournai lorsque celle-ci racheta au seigneur du lieu, Jean de Mortagne, le droit d'imposer les hôtes du village, elle était administrée par un bailli désigné par le pouvoir communal. En 1525, le curé d'Orcq, Jean Le Grue fut emprisonné pour avoir publiquement avoué sa foi luthérienne. Orcq connut, à cette époque, une majorité protestante en raison de la présence d'un curé calviniste. On nous dit qu'en 1567, le curé Antoine Hanor dut fuir la cure et qu'en 1581, Antoine Garin, vit son église dépouillée par des soldats de la religion réformée.

Jusqu'au début du XXème siècle, Orcq était un village tournait vers la culture des légumes, des pommes de terre, des céréales et des betteraves. Mais, progressivement, dans la seconde moitié du siècle dernier, on vit apparaître des entreprises du secteur de la vente par correspondance dont la plus connue, les usines "Trois Suisses" occupèrent jusqu'à 350 personnes. Ensuite, à la sortie du village, à la droite de la chaussée de Lille, se développa le parc industriel de Tournai-Ouest dont nous avons déjà eu l'occasion de parler dans les articles consacrés aux villages de Blandain et de Marquain. Une grande surface consacrée uniquement au jardinage, aux fleurs, plantes et à la décoration des espaces verts dénommée "Super-Jardin" attirent, principalement le samedi, une importante clientèle française venue acheter fleurs et plantes beaucoup moins onéreuses que dans le pays voisin.

Au moment de la Toussaint, on frôle même l'embouteillages au lieu-dit "la barrière d'Orcq" tant les véhicules en provenance de France sont nombreux. Sur une place triangulaire, l'église du village est dédicacée à Sainte Agathe. Sanctuaire de style classique en briques et soubassement de moëllons de la fin du XVIIIème siècle, elle fut restaurée en 1974. Elle posséde une tour en avancée avec tourelle d'escalier carrée et annexe, une nef et collatéraux de quatre travées sous toit unique, un choeur en abside avec chevet à trois plans et deux annexes latérales. A l'extérieur, contre le chevet, on note la présence d'un calvaire édifiée en 1818. Remarquons aussi la présence dans le village d'une chapelle édifiée en 1669 entourée de deux tilleuls et classée en 1953 : la chapelle Notre-Dame de Bonne Conduite et de la Paix. Au milieu d'un vaste parc se dresse la château Horlait, construction en pierre, visible à partir de chemins de promenades qui amèneront ceux qui les empruntent à travers bois et prairies, au lieu-dit la Marmite, centre de vacances, située à la limite d'Orcq et de Froyennes.

(sources : "Tournai vers le futur" édité par l'ASBL Tourisme et Culture , "le répertoire des sanctuaires de Belgique" édition 1982 et recherches personnelles.

10:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, orcq, les trois suisses, superjardin |