31 mai
2007

10:02

Tournai : les ponts sur l'Escaut (2)

A côté du pont de Bois se dresse toujours le Pont de Fer qui relie la rue du Cygne au Quai Dumon. Il remonte à l'époque de Louis XIV et tient son nom de sa remarquable balustrade en fer forgé. Il prit transitoirement le nom de pont Marie Louise, sous l'empire, mais reprit sa dénomination primitive en 1815. En 1841, il fut totalement reconstruit mais le mode de construction n'avait guère convaincu, il s'agissait d'un tablier fait de petits cubes de bois debout, bouillis dans l'asphalte et fixés à l'aide de cette même matière nous dit Bozière. On décida de le démolir une nouvelle fois et de le reconstruire en 1863. Il faut savoir qu'à cette époque, il donnait un accès direct à la gare de Tournai alors établie sur le quai à hauteur de l'actuel quai Sakharov.

Bien qu'il soit maintenant en pierre, il porte toujours le nom de Pont de Fer. Sur la rampe gauche, en venant de la rue du Cygne, se dresse la statue de Barthélémy Du Mortier, homme politique et naturaliste tournaisien dont nous aurons l'occasion de reparler ultérieurement lorsque nous aborderons les biographies des personnages célèbres nés à Tournai.

Autre pont aujourd'hui disparu, le Pont du Bruille dont on retrouve la trace dans des écrits du XIème siècle. Il est décrit comme une tour percée d'un passage si étroit qu'un homme à pied pouvait seul y passer. Ouvrage militaire servant à la défense de Tournai, il disparut en même temps que le château d'Henri VIII à la fin du XVIIème siècle.

Toujours présent, ayant traversé les siècles, le Pont des Trous, porte d'eau qui servait à la défense de la ville, était aussi, pour cette raison, appelé "les arcs de la porte Bourdiel" ou "arcs de la Thieulerie", ces tours étant percées de meurtrières permettant à des archers de repousser l'envahisseur. Il prit ensuite le nom d'Arcs des Salines et ensuite Pont des Trous, le mot "trou" étant ici synonyme d'écluse, il était utilisé par les bateliers pour désigner les dénivellés sur les cours d'eau. Il a été probablement érigé au XIIIème siècle en même temps que la porte Bourdiel, il apparaît dans les premiers écrits en 1302. Tout au long de l'histoire, on répara, on agrandit les arches, on consolida les défenses. Il a été modifié la dernière fois après la seconde guerre mondiale et est maintenant, comme nous l'avons déjà vu, au centre du débat de l'élargissement de l'Escaut.

Il nous reste à parler de deux ponts sans véritable cachet : situé en aval, le Pont Delwart, du nom de l'échevin des travaux qui, sous Louis Crombez, perça le quartier de l'actuelle gare après la démolition des remparts et fut à l'origine du tracé des boulevards de ceinture de la ville et le pont Devallé, situé en amont, du nom de cet ingénieur en construction civile originaire de Tournai qui coordonna la reconstruction de la ville en 1945. Ce pont était appelé auparavant Pont Soyer....

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne, G. Lefebre "Biographies tournaisiennes").

10:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri viii, louis delwart, louis crombez, tournai |

30 mai
2007

11:45

Tournai : les ponts sur l'Escaut (1)

Pour franchir le fleuve qui sépare la ville en deux parties, les tournaisiens disposent, à notre époque, de cinq ponts et de deux passerelles pour piétons. Précisons que le Pont des Trous ne permet actuellement plus le passage d'une rive à l'autre. Tous ces points de passage ont été reconstruits après la seconde guerre mondiale puisque les 16 et 18 mai 1940, l'aviation ennemie mena deux bombardements meurtriers qui avaient pour principal but d'empêcher le franchissement de l'Escaut par des troupes.  

Lors de la libération de la ville, en septembre 1944, un pont jeté par le Génie militaire permit de faire passer les importants convois alliés en route pour l'Allemagne, il était situé entre la rue du Moulin à Eau, devenue rue de la Tour Canteraine et le chemin de Ronde qui aboutit face à la caserne Saint-Jean.

Qu'en est-il cependant des ponts qui permirent de relier les deux parties de la ville tout au long de l'histoire. On en compta de très nombreux qui s'élevaient à différentes époques : le pont de l'Arche, tenant son nom de la vieille porte d'eau située à proximité, n'était au XIVème siècle qu'une passerelle en bois uniquement accessible aux piétons. Démoli au tout début du XVème siècle pour cause de vétusté, il fut reconstruit en 1551 en pierres. Malheureusement son existence fut de courte durée, trente années plus tard, il fut emporté lors d'une importante crue de l'Escaut. Rétabli en 1619, il fut remplacé en 1785 par un pont tournant. Il n'existe plus de nos jours, une passerelle en béton permet aux piétons de relier le quartier Saint Piat à celui de Saint Jean.

Le Pont à Pont est probablement le plus ancien de la ville, il est déjà mentionné dans la Charte de Chilpéric en 578 par les mots "ponte super flumen scalt". Ce nom étrange de Pont à Pont proviendrait du fait qu'il était composé de plusieurs arches donnant l'impression de ponts se succédant. Il est mieux connu des tournaisiens sous le nom de Pont aux Pommes suite au déménagement en 1653, du marché aux pommes de la Grand'Place vers le quai. Mais revenons un peu en arrière, ce pont d'origine romaine disparut pour laisser la place à un pont de bois emporté par un fort courant en 1315. Il fut alors reconstruit en pierre et présentait la particularité d'être envahi par les échoppes de poissonniers, de tripiers mais aussi de chirurgiens-barbiers (!) et de merciers. En 1685, il fut démoli et reconstruit, sa structure actuelle date du début des années cinquante. Avec le Pont de Fer, il est un des deux plus imposants ponts de la ville. Il est bâti sur l'axe beffroi-église Saint Brice.

Le Pont Tournu construit sur plusieurs arches était situé à hauteur de la rue Dame Odile. Il fut supprimé en 1683.

Le Pont Notre-Dame, remplaça ce dernier en 1685, il fut construit sous le règne de Louis XIV. Son nom est emprunté à l'église Notre-Dame toute proche, aujourd'hui disparue. On nous dit qu'en 1858, il fut reconstruit par Marcellis, de Liège pour une somme de 10.000 francs de l'époque. Depuis la guerre, le pont Notre-Dame est un pont levant qui coupe bien souvent la circulation sur l'axe gare-cathédrale en raison de l'augmentation sensible ces dernières années de la navigation fluviale. Il y a quelques années, une péniche arrivant trop vite vint s'encastrer dans son tablier provoquant d'importants dégâts et la fermeture du pont le temps des réparations.

Evoquons encore le Pont de Bois qui reliait à l'époque la rue des Fossés au Becquerel, passerelle pour piétons, elle donnait aussi accès aux moulins bâtis en aval. Le Pont de bois fut supprimé en 1675.

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne" et recherches personnelles).

11:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chilperic, marcellis, louis xiv, tournai, ponts |

29 mai
2007

09:02

Tournai : l'Escaut (2)

A Tournai, l'Escaut a toujours fait couler beaucoup d'eau mais également beaucoup d'encre !

Dans le mensuel "La Toison d'Or" de décembre 1972, l'architecte tournaisien Jacques Bruyère se penchait déjà sur le problème de son élargissement afin de le rendre accessible au gabarit des bateaux modernes. L'auteur de l'article attirait l'attention sur les deux solutions préconisées à l'époque : l'élargissement en site propre ou le contournement de la ville par le Nord. Ces deux projets allaient engendrer d'énormes travaux, provoquer des centaines d'expropriations, balafrer le ville pendant de très nombreuses années, faire disparaître un habitat hérité des siècles passés que chaque tournaisien souhaitait conserver.

Sensibilisé à ce problème, Raoul Van Spitael, devenu bourgmestre à la suite de la fusion des communes de 1976, eut une autre vision pour résoudre le problème. Il n'y aurait pas d'élargissement, pas de contournement, on adopterait tout simplement la solution de la navigation alternée dans la traversée de la ville. Les tournaisiens pouvaient respirer, eux qui étaient si attachés à leur fleuve, leurs quais et leurs maisons anciennes. Les travaux se résumèrent à l'installation de feux en amont et en aval de la ville réglant la circulation fluviale, une fois dans le sens de la descente du cours d'eau, une fois dans celui de la montée.

Cette solution est toujours d'application près de trente-cinq ans plus tard. Elle a permis l'aménagement, en 2005-2006, des quais situés sur la rive gauche entre le Pont-à-Pont et le Pont de Fer, la création du chaînon manquant du Ravel longeant l'Escaut, elle a, dans son sillage, amenait la restauration de nombreux immeubles par des propriétaires jusqu'alors dans l'expectative. Elle a également permis la rénovation du quai des Salines devenu un lieu de  promenade pour les Tournaisiens. 

Mais depuis l'année 2006, le spectre du chaos est à nouveau venu hanter les esprits des habitants. Le projet français de liaison Seine-Nord reliant la capitale de l'hexagone à Anvers et Amsterdam pose à nouveau le problème de la mise à grand gabarit de l'Escaut. En Flandres, on a de suite compris l'intérêt économique de cette liaison et les travaux sur la Lys ont déjà été entamés depuis longtemps. A Tournai, certains milieux économiques déclarent qu'on ne peut rater le wagon de l'expansion économique, qu'il est en effet vital pour l'économie, pour les industries, pour le bassin carrier qui pourrait ainsi exporter ses produits au moyen de péniches de 3.000 tonnes ou par convois poussés. Qui plus est, le problème du réchauffement climatique préconise la primauté du transport fluvial moins polluant sur le transport routier, responsable non seulement de pollution mais aussi d'embouteillages, de dégradations du réseau routier, voire de nombreux accidents de la circulation aux conséquences souvent tragiques.

Il existe deux obstacles majeurs à la réalisation du projet : l'écluse de Kain qu'il faudra aménager et surtout le vénérable Pont des Trous, dernier témoin des portes d'eau qui protégeaient Tournai des invasions au Moyen-Age. Trois solutions ont été envisagées : sa démolition et sa reconstruction ailleurs (où ?), son élargissement par la suppression de ses trois arches et le remplacement par une seule ou son contournement. La première semble abandonnée, elle ne présente aucun sens au niveau historique. Imagine-t-on transférer le Pont de Londres en rase campagne ? La seconde solution dénaturerait le site mais serait nettement moins onéreuse que la troisième qui défigurerait un quartier en pleine revitalisation depuis l'arrivée du cinéma Imagix et qui engendrerait de nombreuses expropriations. Il paraît que la solution a mettre en oeuvre est urgente, Tournai ne peut tergiverser au risque de voir son fleuve devenir une sorte de bras mort économique sur lequel on ne verrait plus passer que des bateaux de plaisance durant les mois d'été. Ceux qui décideront du choix dans les prochains mois devront tenir compte que la ville est parvenue à effacer en cinquante années les cicatrices du dernier conflit mondial qui l'avait ruinée. Doit-on à nouveau l'éventrer pour de nombreuses années ? Wait and see, il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts de Tournai avant que ne débutent les travaux. 

09:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liaison seine nord, pont des trous, tournai |

28 mai
2007

10:18

Tournai : l'Escaut (1)

Nous entamons, à partir d'aujourd'hui, un long chapitre consacré à l'Escaut, ce fleuve qui donna naissance à la cité.

La découverte lors des derniers travaux d'élargissement d'un débarcadère datant probablement de la période gallo-romaine, a permis de retracer le développement de la ville. C'est probablement à la hauteur de l'actuel quai Taille-Pierre que des premiers habitants s'installèrent, l'agglomération s'agrandit tout d'abord sur la rive gauche, bien plus tard sur la rive droite.

L'Escaut est un long fleuve tranquille d'environ 430 km prenant sa source près de Saint Quentin, arrosant le Nord de la France, traversant la Belgique du Sud au Nord de sa partie occidentale, devenant de Schelde quelques kilomètres après avoir traversé Tournai, arrosant Gand et Anvers, avant de devenir un large estuaire dans le Sud des Pays-Bas.

Jusque dans le courant du XVIIème siècle, le lit de l'Escaut était bien plus large qu'aujourd'hui. Dans sa traversée de Tournai, il était parfois bordé de petites maisons, parfois de terrains vagues propices à ses débordements hivernaux. A cette époque, on trouvait encore des îlots, des moulins construits sur pilotis, des barrages ou haies dont l'entretien incombait aux meuniers. Comme on peut aisément le comprendre, tous ces obstacles empêchaient la navigation dans la traversée de la ville. Aussi les marchandises arrivant par bateaux, de Flandres principalement, étaient-elles déchargées en aval de la localité et transbordaient sur des allèges conduites par des piremans afin d'être déchargées en ville. Sur un plan de 1611, on remarque la présence sur le fleuve de quatre pires ou écluses. C'est de ce mot que dérive le nom des hommes chargés de piloter les allèges. Ces déchargement avaient lieu trois jours par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi. Jamais le samedi, jour de marché.

Les pires restaient alors ouvertes jusqu'à midi pour permettre la circulation des allèges. Ceci provoquait l'arrêt des moulins car les eaux n'étaient plus assez abondantes pour les alimenter. Les piremans jouissaient de privilèges onéreux pour les maîtres bateliers, ceux-ci afin de s'en affranchir, soutinrent un procès qui amena à l'abolition de cette corporation prononcée par le Consistoire le 21 février 1689. A dater de ce jour, les bateliers pouvaient engager leurs pilotes et étaient les seuls maîtres des conditions qu'ils leurs octroyaient. Il y a quelques années, un groupe de tournaisiens a voulu rappeler le souvenir des ces hommes en créant le groupe folklorique des "Pilotes de Tournai". On peut voir ce groupe lors de la journée des Quatre Cortèges qui a lieu en juin de chaque année.

C'est encore grâce à Louis XIV, un roi vénéré des tournaisiens pour les transformations et améliorations qui furent apportées sous son règne, qu'on remédia aux problèmes de navigation. Les petites maisons situées au bord de l'eau qui rendaient impossible toute circulation sur les berges furent rasées, les moulins, barrages et haies disparurent du lit du fleuve, des quais en pierre furent construits et on plaça même des balustrades en fer pour empêcher les chutes accidentelles dans le fleuve. Grâce à ces travaux, les inondations se firent plus rares et la navigation ne fut plus interrompue sur le fleuve.

(sources : A-F-J Bozière, Tournai, ancien et moderne" et recherches personnelles).

10:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : escaut, louis xiv, piremans, tournai |

27 mai
2007

09:04

Tournai : le quartier du Parc (2)

Les rues voisines du parc communal portent le nom de personnages ou de faits historiques : la rue Rogier rappelle Charles Rogier, ancien député libéral de Tournai qui, pendant ses études à Liège, rejoignit les volontaires liégeois et alla aider les révolutionnaires des journées de septembre 1830. Il sera membre du gouvernement provisoire, d'abord député représentant Liège et ensuite député de Tournai en 1863 jusqu'à sa mort qui survint en 1885.

La rue du Chambge, rappelle le souvenir de deux chanoines de Tournai du 17ème siècle, dont l'un Nicolas, mort en 1638, fut le fondateur de l'office de Saint Eleuthère. Ils laissèrent des donations en faveurs de la jeunesse de Tournai.

La rue Albert Asou commémore le nom d'un politicien né à Tournai le 24 juin 1857 et ayant fait ses études à l'Athénée Royal. Devenu avocat, il réforma la Conférence du Jeune Barreau et en devint le premier Président. Conseiller communal en 1887, échevin de 1895 à 1911 et de 1921 à 1931, il sera conseiller provincial de 1904 à 1905 avant d'être élu bourgmestre de 1925 à 1927 et de 1932 à 1940. Il est décédé quelques semaines avant le début de la seconde guerre mondiale, ses funérailles furent célébrées le samedi 9 mars 1940.

La rue Vauban rappelle que cet architecte militaire de Louis XIV fortifia la ville, elle indique la direction de l'ancienne citadelle, dont quelques vestiges sont encore visibles entre le boulevard du Roi Albert et la rue... de la Citadelle, les nombreux souterrains peuvent encore être régulièrement visités et, chaque années, de nouvelles sections sont dégagées et sécurisés par les Amis de la Citadelle.

Parlons encore de la rue de Fontenoy, du nom de ce village proche d'Antoing où se déroula la célèbre bataille du 11 mai 1745 opposant les troupes de Louis XV aux troupes anglaises et irlandaises et où fut, selon l'histoire, prononcée cette phrase célèbre : "Tirez donc les premiers, Messieurs les Anglais", c'était peut-être la guerre en dentelles, mais les soldats qui s'y trouèrent la peau ne firent pas, eux, dans la... dentelle !

Le boulevard Lalaing a été ainsi nommé en hommage à Christine de Lalaing, princesse d'Espinoy, protestante qui, héroïquement, défendit la ville contre les troupes espagnoles en 1581. Sa statue se dresse au centre de la Grand'Place, hache à la main, elle est malheureusement tournée vers la cathédrale. Cette attitude fut parfois mal interprétée par les catholiques du début du 20ème siècle qui y virent un geste de défi. On raconte même que, pendant de nombreuses années, la grande procession de Tournai du deuxième dimanche de septembre évita le forum pour ne pas passer au pied de cette "protestante effrontée". Les temps ont changé, grâce un esprit d'oecuménisme et au fait que, peut-être, la tolérance a pris peu à peu le pas sur l'intolérance, ce détour a été supprimé au début des années 2000.

C'est dans ce quartier également que se trouve le palais de justice, oeuvre de l'architecte Vincent, inauguré en 1879. Bâtiment imposant, on y accède par un escalier monumental,. Quand une personne menace une autre de recourir à la justice pour régler un litige, elle lui dit parfois : "Je vous ferai monter les marches ! ", cette expression trouve ici tout son sens !

(sources : Gaston Lefebvre "Biographie Tournaisienne" et recherches personnelles).

26 mai
2007

09:55

Tournai : l'Hôtel de Ville

Quittons le parc communal dans lequel nous venons de nous promener. En franchissant des arcades, nous débouchons dans la cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville. Cour carrée, pavée, agrémentée de deux pièces de verdures et de fleurs avec en leur centre un petit bassin alimenté par un jet d'eau.

Les locaux administratifs sont logés dans les bâtiments qui ceinturent la cour, hormis le Musée d'Histoire Naturelle. Le bâtiment qui jouxte celui-ci date du 17ème siècle. L'Hôtel de Ville a été installé dans les anciens bâtiments de l'abbaye de Saint Martin vendus en vertu des lois du 16 brumaire de l'an V, 15 et 16 floréal de l'an X. En 1809, le bourgmestre (dénommé maire dans certains écrits d'alors), Mr. de Rasse installa le siège de l'administration municipale dans ces bâtiments.

La description de l'époque faite par Bozière dépeint parfaitement l'édifice que nous pouvons encore admirer actuellement. Nous vous la livrons :"La façade de l'hotel de ville, d'un dessin sévère et harmonieux, se distingue par la grandeur des lignes et la sobriété des ornements. Elle offre à ses extrémités deux avant-corps peu saillants, reliés au frontispice par deux ailes. Ce frontispice est composé de pilastres cannelés, aux chapiteaux en volutes et à festons, surmontés d'un entablement et d'un fronton décoré des écussons de Belgique et de Tournai. Au-dessus règne une attique amortie par des vases d'une restauration récente. D'autres vases et des lucarnes ornées surmontent aussi les ailes de l'édifice".

Détruit lors de la seconde guerre mondiale, le bâtiment a été restauré identique à l'ancien de 1950 à 1969. Il a été inauguré en mai 1970 par les souverains Bauduin et Fabiola. Cette magnifique cour est cependant quotidiennement enlaidie par les véhicules des employés de l'hôtel de ville et des administrés qui viennent pour différentes démarches citoyennes. Ce n'est que lors de la venue de visiteurs importants ou d'hôtes royaux qu'elle se présente sous son meilleur aspect, vidée des voitures ventouses. Alors qu'il existe un important parking toujours vide à 300 mètres à peine, les usagers voudraient probablement entrer dans ce magnifique bâtiment comme on entre dans un service "drive-in".

En ce sanctuaire sont édictées des réglementations, entre autres, concernant le stationnement envahissant dans la ville, ne pourrait-on pas commencer par montrer l'exemple ? Il faut dire que nous vivons une époque où la marche à pied n'est plus considérée comme étant salutaire pour la santé, mais tout simplement synonyme de corvée ! L'intérieur mérite une visite : son hall monumental et le grand escalier menant au premier étage, la salle des mariages et le salon de la Reine, la crypte, le couloir du cloître et la salle où siège le conseil communal rappellent le passé glorieux du lieu.

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne" et recherches personnelles).

09:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, hotel de ville |

24 mai
2007

09:14

Tournai : le quartier du Parc

Le parc communal est, avec le jardin de la Reine et le parc Marie Louise, un des poumons verts de la ville. Il a été créé sur les terrains de l'ancienne abbaye de Saint Martin qui s'étendait jadis entre la rue Saint Martin, le boulevard Lalaing et la rue du Chambge. C'est à la suite de la révolution française et au décret qui supprima les ordres, congrégations, couvents...que disparut l'abbaye des moines bénédictins.

Les plantations du parc datent du début du 19ème siècle et offrent un panel d'arbres, de plantes et de fleurs. Sa partie basse située au niveau de la place Reine Astrid présentent deux bassins avec jets d'eau qui attirent de nombreux promeneurs en quête de rafraîchissement aux jours de canicules. Les pelouses deviennent alors des lieux de farniente et de bronzage pour des jeunes, parfois peu soucieux du respect de l'environnement ! Dans sa partie haute, sur une pelouse bordée de marronniers, s'élève le kiosque, oeuvre de Simon Roland où, en septembre, le samedi de l'inauguration des festivités locales, la Royale Harmonie des Volontaire Pompiers exécute son annuel "concert de l'karmesse". Celui-ci se termine traditionnellement par un pot-pourri (on dit désormais un medley) des airs et chansons tournaisiennes. Jusqu'il y a quelques années, les membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisiens s'y donnaient rendez-vous pour reprendre en choeur ces chants, véritables hymnes tournaisiens. Hélas, avec la disparition des Lucien Jardez, Marcel Roland ou Anselme Dachy, cette tradition prit fin.

Lorsqu'il réalisa son livre "Tournai, ancien et moderne" Bozière déplorait en 1864 que le projet de placement de grilles ceinturant le parc et permettant de le clore le soir était perpétuellement reporté aux calendes grecques. Ces grilles ont été placées dans les années qui suivirent et ont subsisté jusque dans les années 1980-1990. Désormais, le parc, éclairé le soir, est ouvert à la circulation des piétons. De nombreux bancs offrent la possibilité d'une pause au promeneur qui se laisse alors bercer par le chant des oiseaux qui ont trouvé refuge dans les arbres et haies.

Durant la journée, ii est dommage cependant que de nombreux automobilistes se rendant à l'Hôtel de Ville, tout proche, empiètent sur les pelouses ou sentiers en gravier parce que chercher un parking et faire une centaine de mètres à pied est devenu tellement inconcevable à notre époque. Les autorités communales ont bien tenté de mettre fin à ce qui semble parfois être une invasion, mais après quelques jours de surveillance et la pose de papillons sur les pare-brise, les premiers véhicules sont revenus. Il faut malheureusement être conscient que la zone de police a d'autres chats a fouetter que de faire la chasse à ces irrascibles chauffeurs ! Indifférent à cette agitation, veillant sur cet espace vert, Louis Gallait, statue en bronze de l'illustre peintre tournaisien, semble monter la garde sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville, à quelques pas du Musée des Beaux Arts où ses oeuvres sont présentées au public.

23 mai
2007

08:32

Tournai : le quartier Saint Piat (4)

Poursuivons notre visite par les rues situées aux alentours de l'église. En montant la rue des Jésuites, une seule rue sur la gauche : la rue de Bève longe le séminaire suivant le tracé de l'ancien rempart de la ville. Depuis quelques années, un couvent s'est établi dans une partie de l'ancien séminaire, les Soeurs de l'Assomption. Le mot "bève" signifie boue, ordures. Elle a probablement hérité son nom du manque d'hygiène qu'on pouvait y constater jadis. Bozière raconte que dans cette rue aboutissait une ruelle, aujourd'hui disparue, donnant accès à une tour dite des Loués Dieu, ordre de faux religieux, apparus à Tournai après la bataille des Eperons d'Or. Après un angle droit, la rue se rétrécit et prend l'aspect d'une ruelle débouchant dans la rue Saint Piat.

Sur la droite de la rue des Jésuites, trois rues se succèdent, tout d'abord une rue étroite, pavée qui aboutit au Vieux Marché au Beurre, elle porte le nom de rue des Procureurs, en souvenir, nous dit Hoverlant, du fait qu'un procureur fiscal y demeurait. Auparavant et jusqu'au XVIIème siècle, elle avait pour nom Cauwe. On a cru trouver son étymologie dans le mot "cave" ou "creux", toutefois, un écrit de 1278, établi lors de la vente d'une habitation, situe le bien à l'angle de rue de la Vigne (rue des Jésuites) et de la ruelle Johan Cauwe. Ce serait donc un nom de famille qui serait à l'origine de son nom ancien.

Un peu plus haut, la rue du Château l'Abbaye rappelle la présence d'un refuge de ce couvent de prémontrés situé aux environs de Mortagne dans le Nord de la France à une petite vingtaine de kilomètres de Tournai. Ce nom date du XVIIIème siècle, avant on la désignait par Quategarne, Categarde, Cattegarne ou Quate Jarbes (mot signifiant gerbes), probablement l'enseigne d'une maison qui s'y trouvait.

Enfin, la rue de la Ture, auparavant le Ture dans les écrits du XIIIème siècle, nom provenant du latin Turia, relie également le Vieux Marché au Beurre au haut de la rue des Jésuites, débouchant devant la chapelle du séminaire. Tur, en langage ancien, signifiant tour, rappelle que cette voirie est située sur le parcours des anciens remparts, dans lesquels s'érigeaient de nombreuses tours de guet.

Rue au nom assez mystérieux, la rue de La Loucherie joint la rue de la Ture à la rue Garnier. Impasse jusqu'en 1940, les chercheurs se sont penchés sur le roman pour déterminer son nom : louche signifie cuiller, louchet ou bêche. On n'a jamais trouvé aucun écrit signalant que de artisans fabriquant ces objets résidaient dans cette ruelle. Certains pensent que le mot Loucherie serait une corruption du mot huisserie. Il existe, en effet, une porte dans les remparts, la tour de la Loucherie, restaurée au siècle dernier qui s'élève à l'angle de la rue Garnier. Cette dernière rue, aux immeubles récents puisque que le quartier fut totalement sinistré durant la seconde guerre mondiale, avait le triste privilège d'abriter une prison dite" la Tannerie". Son nom actuel est celui d'un ancien préfet du département de Jemappes, souvenir de l'annexion de la ville à la France.  

Evoquons enfin ce lieu où convergent les rues que nous avons parcourues aujourd'hui, le Vieux Marché au Beurre, petite placette triangulaire, appelée jadis Marché à la Layne et même placette Cauwe, elle tient son nom de l'installation au XVIIIème siècle d'un marché aux produits laitiers. Ecartons nous du voisinage de l'église pour rejoindre la petite rue des Ingers. Les villes fortifiées possédaient de nombreux engins pour leur défense : bombardes, catapultes, balistes (canons anciens) ou bâtons à feu. Ceux-ci étaient regroupés dans un même lieu appelé "grange aux engins", bâtiment que visita Charles V, roi de France, en 1368. Ingers est le mot roman qui désigne les engins. Auparavant cette rue s'appelait Froid-Fontaine et même dans certains écrits de 1487 Frés-Fontaines, probablement parce qu'y jaillissait une fontaine aux fraîches eaux.  

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne" et recherches personnelles).

08:32 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charles v, departement de jemappes, tournai |

22 mai
2007

09:46

Tournai : l'église Saint Piat

Piat fut le premier évangéliste martyr de la région de Tournai où il faut décapité. La légende raconte qu'il continua sa route, son chef (sa tête) entre les mains. C'est d'ailleurs ainsi qu'il est désormais représenté. 

L'église Saint Piat qui lui est dédiée a été construite durant la période s'étalant du XIIème au XIVème siècle. Lors de la dernière restauration qui débuta en 1948 pour se terminer en 1971, on découvrit les vestiges d'une basilique mérovingienne probablement élevée par Saint Eloi, évêque de Noyon (diocèse avec lequel celui de Tournai était alors fusionné), elle-même érigée à la place d'un temple romain où l'on sacrifiait aux idoles.

 L'évolution du bâtiment à travers les âges peut être résumée de la façon suivante : à l'origine, un narthex (portique d'entrée à l'époque médiévale), une nef à trois travées, une abside (espace formant le choeur). Au VIIème siècle, on procède à l'agrandissement de la nef par l'ajout de deux travées. Nombreux nouveaux ajouts à l'époque gothique (le choeur en 1370), les chapelles Nord et Sud, la modification de la façade, l'élévation de la chapelle saint Roch contre le collatéral sud.

Au XVème siècle, on assiste à la construction d'une chapelle dédiée à Michel le Maire, dit de Gand, fondeur tournaisien. Les chapelles Nord et Sud sont dédiées à Notre-Dame d'Alsemberg et à Saint Hubert (auparavant appelée chapelle Saint Pierre). La chapelle St Hubert servait à une confrérie installée en 1664 par le pape Alexandre VII. D'abord établie dans l'oratoire de l'hôpital Delplanque (hospice dont nous avons parlé dans l'article précédent), elle fut transférée en l'église Saint-Piat en 1805. Cette confrérie célébrait une neuvaine à partir du 3 novembre et distribuait durant celle-ci : pains bénis, bagues et chapelets. Cinq tableaux, oeuvres d'Hennequin, garnissent alors la chapelle rappelant la légende du Saint patron de l'Ardenne.

Comme à Sainte Marie Madeleine, deux clochers étaient prévus à l'origine, un seul fut construit.

L'église Saint-Piat se trouve au bas de la rue des Jésuites, rue pavée à forte déclivité ayant gardé un caractère ancien qui mène au parc communal. Son nom évolua au cours des siècles, rue de la vallée de la Vigne, rue de Babylone, des Allemands et enfin, sa dénomination actuelle. Bozière n'avance aucune origine au nom de Babylone, Raymond Bonnet propose l'explication suivante : la rue menait au refuge de l'Abbaye de Saint Amand dont le bâtiment avait un style "babylonien" ! Nous sommes obligés de le croire sur parole avec cependant les réserves d'usage ! Les deux auteurs sont d'accord sur l'origine de la rue des Allemands, des marchands allemands s'y étant installés.

Dans le milieu de la rue s'élève le grand séminaire. Celui-ci fut fondé par l'évêque de Choiseul du Plessys-Praslin, sous Louis XIV, sur le site occupé par la suite par l'ordre des soeurs de la Charité (dans la rue du même nom). Ce premier séminaire exista jusqu'à l'annexion de la Belgique par la France républicaine. A l'issue du Concordat, un nouveau séminaire fut érigé sur le site actuel de la rue des Jésuites. Jusque dans les années septante, celui-ci comptait des dizaines de jeunes gens destinés à la prêtrise, il n'y en a plus aujourd'hui, la crise des vocations étant une réalité. Les plus anciens tournaisiens se rappelleront ce long défilé de jeunes gens en soutane qui se rendaient de la rue des Jésuites à la cathédrale alors que la cloche de Notre-Dame les appelait, le dimanche vers 14h45, à célébrer les Vêpres en la cathédrale, un office aujourd'hui disparu !

Un ensemble d'immeuble à façades gothiques est situé aux numéros 12 à 16 de la rue. Ces bâtiments étaient habités, jadis, par les demoiselles Manarre qui y fondèrent une institution pour l'éducation de jeunes filles. On raconte qu'elle comptait parmi ses rangs Mesdemoiselles Charlotte et Henriette Robespierre, natives d'Arras, soeurs de Maximilien de Robespierre dont certains retiennent qu'il fut un brillant homme politique mais que l'Histoire qualifie de tyran.

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne", R. Bonnet "les rues de Tournai...", Répertoire du mobilier des sanctuaires de Belgique, Province du Hainaut, canton de Tournai II").

21 mai
2007

14:12

Tournai : le quartier Saint Piat (3)

Quittons le quai Taille Pierre et son voisin le quai des Poissonsceaux (habité jadis par les poissonniers et la brasseurs) et rejoignons l'axe transversal du quartier Saint Piat qui relie le carrefour du Dome à celui des Résistants.

La rue des Clairisses rappelle le couvent qui s'y était installé. C'est en effet en 1628 qu'une demoiselle Sainte Aldegonde ayant pris l'habit à Gand obtint l'autorisation d'ouvrir une maison de son ordre à Tournai. Les religieuses acquirent, en 1630, le refuge de l'Abbaye de Marchiennes, située Grande rue Saint Piat. Le 27 août 1783, le décret de Joseph II supprima l'ordre qui se retira en France. En 1839, un inconnu offrit à l'Evêché de Tournai une maison avec annexes, dans l'ancien clos des récollets. Il exigea que celle-ci soit destinée à accueillir les soeurs clarisses revenues de France en 1837. La tradition voulait que les futurs époux ou les membres de leurs familles, ainsi que toute personne qui organisait un évènement festif, portent des oeufs à Sainte Claire afin de s'assurer d'une excellente météo le jour des noces ou de la fête. Les dernières soeurs ont quitté le couvent à la fin de l'année 2008, le bâtiment, vendu, devait être transformé en un gîte de standing avec table d'hôtes.

C'est dans la rue des Clairisses qu'on trouvait jadis la Manufacture de Tapis de Tournai, connue bien au-delà de nos frontières, créée par Mrs Piat et Lefebvre. Cet important établissement ayant fait la renommée de Tournai est également représenté par une maquette au musée de Folklore de la ville. Avant guerre, les amoureux de l'Art se rendaient dans un magnifique hôtel, de style néo-classique, le "Cercle Artistique" où étaient organisées expositions de peintures, de sculptures, de porcelaines ou de tapisseries.

A l'angle de la rue des Clairisses et de la rue des Jésuites, on trouve le café de "la Poire Cuite"où, au début du siècle dernier, une fois le travail terminé, de nombreux tournaisiens aimaient se retrouver pour sacrifier à la traditionnelle partie de cartes du lundi soir. La rue Saint Piat commence au bas de la rue des Jésuites, face à l'église paroissiale. A ce carrefour s'élève le monument à la chanson wallonne, mieux connu à Tournai sous le nom de "Pichou Saint Piat", il rappelle le lieu de jaillissement d'une des deux fontaines du quartier. De nombreuses rénovations d'immeubles ont été entreprises dans cette rue la rendant plus attractive. C'est aussi en ce lieu qu'avant guerre se tenait le "sacre Saint Piat", une des ducasses de quartiers les plus populaires de la ville.

Dans le prolongement de la rue Saint Piat abordons la rue Sainte Catherine qui menait jadis aux murs d'enceinte et à la porte de Valenciennes. Un très grand bâtiment sur la gauche rappelle que s'y trouvait l'Hospice des Vieillards, fondé par les époux Delplanque et qui fut remplacé par la suite par l'Hospice des Indigents, construit, au 19ème siècle, par Bruno Renard. Nous aurons l'occasion de reparler des "collets rouges" et des "châles verts", noms donnés en raison des habits que portaient les garçons et les filles qui y étaient hébergés. Les bâtiments a été transformé, depuis une trentaine d'année, en une école pour jeunes filles où sont enseignées coiffure, couture. Les aînés ont été transférés dans de nouveaux bâtiments gérés par le CPAS, situés au lieu dit "Moulin à cailloux", derrière la gare de Tournai. Comme le nom de la rue s'appelle la rue des Champs, on comprend aisément que les personnes agées ont sans doute gagné la tranquillité et le confort ce qui est important mais malheureusement perdu tout contact avec la vie urbaine. Avec leur départ disparurent de nombreux estaminets où avant de rentrer le soir à l'hospice, ils appréciaient boire une dernière...pinte et tiraient une dernière fois "su leu touquette" (pipe). Fermé le Petit Valencienne, le Bilou, l'As de Carreau..., ces cafés où le temps semblaient s'être arrêté.

L'avenue des Etats-Unis a été ainsi nommée après la seconde guerre mondiale en hommage aux soldats américains qui libérèrent Tournai en septembre 1944.

(sources : A-F-J Bozière, "Tournai, ancien et moderne" et recherches personnelles).