31 mai
2007

Tournai : les ponts sur l'Escaut (2)

A côté du pont de Bois se dresse toujours le Pont de Fer qui relie la rue du Cygne au Quai Dumon. Il remonte à l'époque de Louis XIV et tient son nom de sa remarquable balustrade en fer forgé. Il prit transitoirement le nom de pont Marie Louise, sous l'empire, mais reprit sa dénomination primitive en 1815. En 1841, il fut totalement reconstruit mais le mode de construction n'avait guère convaincu, il s'agissait d'un tablier fait de petits cubes de bois debout, bouillis dans l'asphalte et fixés à l'aide de cette même matière nous dit Bozière. On décida de le démolir une nouvelle fois et de le reconstruire en 1863. Il faut savoir qu'à cette époque, il donnait un accès direct à la gare de Tournai alors établie sur le quai à hauteur de l'actuel quai Sakharov.

Bien qu'il soit maintenant en pierre, il porte toujours le nom de Pont de Fer. Sur la rampe gauche, en venant de la rue du Cygne, se dresse la statue de Barthélémy Du Mortier, homme politique et naturaliste tournaisien dont nous aurons l'occasion de reparler ultérieurement lorsque nous aborderons les biographies des personnages célèbres nés à Tournai.

Autre pont aujourd'hui disparu, le Pont du Bruille dont on retrouve la trace dans des écrits du XIème siècle. Il est décrit comme une tour percée d'un passage si étroit qu'un homme à pied pouvait seul y passer. Ouvrage militaire servant à la défense de Tournai, il disparut en même temps que le château d'Henri VIII à la fin du XVIIème siècle.

Toujours présent, ayant traversé les siècles, le Pont des Trous, porte d'eau qui servait à la défense de la ville, était aussi, pour cette raison, appelé "les arcs de la porte Bourdiel" ou "arcs de la Thieulerie", ces tours étant percées de meurtrières permettant à des archers de repousser l'envahisseur. Il prit ensuite le nom d'Arcs des Salines et ensuite Pont des Trous, le mot "trou" étant ici synonyme d'écluse, il était utilisé par les bateliers pour désigner les dénivellés sur les cours d'eau. Il a été probablement érigé au XIIIème siècle en même temps que la porte Bourdiel, il apparaît dans les premiers écrits en 1302. Tout au long de l'histoire, on répara, on agrandit les arches, on consolida les défenses. Il a été modifié la dernière fois après la seconde guerre mondiale et est maintenant, comme nous l'avons déjà vu, au centre du débat de l'élargissement de l'Escaut.

Il nous reste à parler de deux ponts sans véritable cachet : situé en aval, le Pont Delwart, du nom de l'échevin des travaux qui, sous Louis Crombez, perça le quartier de l'actuelle gare après la démolition des remparts et fut à l'origine du tracé des boulevards de ceinture de la ville et le pont Devallé, situé en amont, du nom de cet ingénieur en construction civile originaire de Tournai qui coordonna la reconstruction de la ville en 1945. Ce pont était appelé auparavant Pont Soyer....

(sources : A-F-J Bozière "Tournai, ancien et moderne, G. Lefebre "Biographies tournaisiennes").

10:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri viii, louis delwart, louis crombez, tournai |

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