10 mai
2007

Tournai : le quartier Saint-Jacques (2)

Il y a tant de choses à voir dans ce quartier Saint-Jacques que nous y resterons une journée de plus.

Après l'avoir rejoint par les rues des Carmes, Claquedent et des Augustins, trois rues parallèles en légère déclivité, nous arrivons sur un axe transversal qui débute au boulevard Léopold pour rejoindre l'église Saint Jacques.

La rue Frinoise doit son nom à une déformation de rue Froyennoise, voie qui menait au village de Froyennes. On y trouve, la caserne des Sept Fontaines, une des nombreuses casernes construites sous Louis XIV sur base de plans de Vauban. Sa construction fut autorisée par lettre patente du roi Soleil en date du 24 février 1673. Comme ses soeurs de Saint Jean et des Capucins, elle fut financée par un impôt de 3 florins prélevé sur les sacs de grains à brasser, et de deux florins par foyer. Lever une taxe pour financer des investissements, voilà une trouvaille qui ne date donc pas d'hier ! La caserne a accueilli jusqu'à la seconde guerre mondiale, les logements des agents de police de la ville, les personnes agées désignent d'ailleurs encore ce bâtiment sous le vocable de "caserne des agents de police". En ruine durant plus de trente années, elle fut classée et entièrement rénovée dans les années quatre-vingt, elle offre désormais de magnifiques appartements et a abrité jusqu'en 2011 les bureaux de l'office des Contributions. Quand on vous dit que cette caserne est symbolisée dès sa naissance par la taxation !

Par le Floc à Brebis (marché à Brebis) gagnons la rue des Soeurs Noires et débouchons dans la rue du Palais Saint Jacques qui se situe face à l'église. Celle-ci s'étend entre le bas de la rue des Carmes et le bas de la rue des Bouchers Saint Jacques. Plusieurs origines sont données à son appellation : palais pourrait tout simplement symboliser le tabernacle de l'église : "le Saint des Saints - dit l'historien Hoverlant - est le seul palais que veulent habiter les vrais chrétiens". Ducange, autre historien, croit en la présence d'une maison destinée à recevoir des hôtes ou voyageurs, peut-être même y trouve-t-on un hôpital accueillant les itinérants, n'oublions pas que cette rue est un lieu de passage obligé pour les pélerins du Nord de l'Europe se rendant à Saint Jacques de Compostelle. Enfin le nom de la rue ne serait que la déformation du mot "palis" (palissade) rappelant le mur d'enceinte du cimetière qui entourait jadis l'église.

Les rues du Louvre et du Grain d'Or tiennent leur nom d'enseignes de maisons qui s'y trouvaient. Enfin la rue des Bouchers Saint Jacques, anciennement appelée rue du Viel (mot désignant en langue romane un veau) rappelle cette profession qui avait élu domicile en ce lieu peu éloigné du marché aux Vaques (place de Lille). C'est d'ailleurs à proximité de cet endroit qu'on trouvait la "petite boucherie" dont une reconstitution sous forme de maquette est visible au musée de Folklore de la ville. Une des maisons de cette rue possède sur sa façade des "cartouches", sculptures nous montrant, comme une bande dessinée de l'époque, les étapes de l'abattage du cochon.

(sources : A-F-J Bozière, Tournai ancien et moderne et recherches personnelles)

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