30 avril
2007

09:38

Tournai : la tour Saint Georges

Après être passés face à la Halle-aux-Draps, franchissons un porche en pierre pour emprunter la ruelle de la Grand'Garde qui longe le bâtiment que nous venons de découvrir, par cette étroite voie pavée, non habitée, nous aboutissons sur une placette : la Place Nédonchel où se tenait, voici quelques siècles, le "Marché aux Poulets" et ensuite le "Marché aux Toiles".

Dans la rue Saint Georges qui relie cette place à la rue Roc Saint Nicaise, on découvre alors sur la gauche : la tour Saint Georges. Celle-ci est un vestige de la première enceinte communale de la ville.

Dès le moyen-âge des remparts ont été élevés pour protéger les habitants des invasions. Ce furent d'abord de grand remblais de terre et de pierrailles, mais par la suite on améliorera la protection en construisant des murs de pierre, massifs, percés de meurtrières et flanqués à des endroits stratégiques de tours carrées ou rondes.

La tour Saint Georges date ainsi de la fin du 12è et du début du 13ème siècle. Elle est prolongée d'un élément de courtine, mur qui reliait les différentes tours. Certains archéologues estiment que la première enceinte de Tournai comportait une douzaine de portes et était longue d'environ 3 kilomètres.

Lors d'une précédente édition des Euro-médéviales, on invitait les visiteurs à se familiariser au tir à l'arbalète, le lieu était symbolique puisque que les fossés entourant ces tours d'enceinte servaient régulièrement de champs de tir pour les "serments" d'archers et d'arbalétriers.  

La tour Saint Georges a été restaurée dans le courant des années quatre-vingt et le terrain vague qui l'entourait a été transformé en un jardinet qui la met particulièrement en valeur.

Plus haut, la rue Roc Saint Nicaise et sa voisine la rue Roquette Saint Nicaise tiennent leurs noms des carrières qui s'y trouvaient lors de la construction de la cathédrale et qui fournirent la pierre de Tournai avec laquelle est bâtie le prestigieux édifice. 

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29 avril
2007

08:39

Tournai : rénovations en cours (2)

Nous nous sommes baladés sur la rive gauche de l'Escaut, franchissons le fleuve afin d'aller voir les rénovations entreprises dans l'autre moitié de la ville.

Sur le Quai Dumon qui abrita sous Louis XIV le Parlement des Flandres, on vient d'entreprendre des travaux aux bâtiments situés aux numéros 1 et 2, propriétés d'un organisme financier. Ces immeubles classés sont mieux connus sous les noms de "Grand Saint Georges", ancienne auberge située à l'angle du Quai et de la place du Becquerel et de "la maison du Notaire", son dernier occupant exerçant cette profession.

Plus loin, sur le Quai Sakharov, un immeuble appartenant à un particulier fait également l'objet d'importants travaux.

Autre chantier d'envergure, la rénovation de la gare de Tournai, oeuvre de l'architecte courtraisien bien connu, Beyaert. C'est au milieu du 19ème siècle que l'administration communale de l'époque décida de l'édification de la nouvelle gare sur l'emplacement des anciens remparts de la ville. Victime des bombardements, elle fut reconstruite après la guerre et méritait un sérieux lifting.

A la chaussée de Renaix, sur l'emplacement d'un ancien couvent, on termine d'importants travaux de construction d'un home pour personnes agées. ... Mais deux gros chantiers se profilent à l'horizon : la possible modification des arches du Pont des Trous qui permettrait ainsi à des bateaux de 3.000 tonnes de transiter par Tournai dans le cadre de la liaison Seine-Nord. Actuellement le gabarit est limité à 1.350 tonnes, on nous dit, encore faut-il le prouver, que les travaux d'élargissement auraient d'importantes retombées économiques pour secteur carrier du Tournaisis et surtout celui de la rénovation complète de la cathédrale, permettant à ce joyau de retrouver un lustre perdu au cours des dernières décennies. Mais de cela, nous aurons certainement l'occasion d'en reparler.

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28 avril
2007

08:50

Tournai : rénovations en cours (1)

Marquons une pause dans la visite quotidienne de la ville et abordons un sujet bien visible ces derniers temps à Tournai : la rénovation de bâtiments.

On a coutume de dire que "quand le bâtiment va, tout va!" alors il y a lieu d'être optimiste dans la cité des cinq clochers puisque d'importants travaux sont en cours.

Sur la rive gauche, citons la rénovation d'une façade de la place de Lille. Cette maison abritait, jusqu'il y a peu, un hôtel à l'enseigne "Aux Armes de Tournay". De style Louis XIV, elle date de la fin du 17ème siècle, début du 18è, elle fut longtemps défigurée par une terrasse où l'aluminium était un véritable coup de poing sur ce bâtiment à trois niveaux, proche de l'église Sainte Marguerite. Le dégagement a permis de retrouver une cartouche représentant la scène de "la fuite Egypte", mentionnée sur des ouvrages consacrés à Tournai et dont on avait perdu la trace, ce chantier a été par la suit abandonné

Un peu plus loin, à l'angle de la rue Perdue et de la rue des Maux, les travaux de construction sur le terrain occupé par le théâtre de Tournai, démoli lors de la dernière guerre, vont bon train, on regrettera cependant les différences de gabarits par rapport aux autres bâtiments. Comme c'est souvent le cas, on veut construire un étage mansardé pour rentabiliser au maximum l'espace destiné à la location ou à la vente, on avait déjà, hélas, connu cela par le passé au pied même de la cathédrale. Il faut croire que les promoteurs immobiliers sont indifférents à l'harmonie qui doit prévaloir dans une ville d'art et n'attachent de l'importance qu'au retour sur investissement !

En face, l'ancien Hôtel des Pompiers est en cours de transformation, bureaux et appartements remplaceront la caserne occupée entre 1970 et 2005 et sur le parking arrière des logements sociaux prendront place.  

Le réduit des Dominicains est situé à deux pas de la Grand'Place, les vieux bâtiments sont restaurés (les façades seront conservées) pour devenir des appartements en plein centre de la ville.

La place Saint Pierre est un endroit très fréquenté de Tournai, elle n'a rien de comparable avec son homonyme de la cité du Vatican mais la foule s'y presse par beau temps. L'immeuble situé à l'angle de la place et de la rue de la Lanterne est en rénovation, de style néo-classique, il était presqu'en ruine après avoir abrité un café dernièrement à l'enseigne du "Quai des Brumes", plus connu encore avant sous le nom précédent du "Pingouin" où les sapeurs avaient l'habitude de venir rafraîchir des gosiers...en feu !

De l'autre côté, l'actuel café voit sa façade totalement ravalée. Ces chantiers terminés, la place trouvera une harmonie, tous les bâtiments ayant reçu un lifting ces deux dernières années. Toujours sur la rive gauche, l'ancien hôpital militaire "Quartier Major Médecin De Bongnie" sera bientôt en chantier, le bâtiment à front de rue sera conservé et rénové, un bâtiment à construire abritera les services du CPAS, à l'étroit dans leurs murs actuels, puissent l'occuper, le parc permettra de construire des logements moyens et sociaux. Chantier qui devrait durer quelques années car il faut bien dire que depuis que le projet a été présenté dans la presse locale, on constate peu de concrétisation sur le terrain.

Pour être complet signalons également la rénovation de maisons anciennes, entreprise par des particuliers, à la rue Blandinoise, rue du Ballon, rue de la Madeleine et dans le Bas Quartier ainsi qu'un projet qui vient de débuter au niveau de l'ancienne Poste principale, rue des Chapeliers.  

(sources : Fondation Pasquier Grenier - bulletin 88- et recherches personnelles)

26 avril
2007

08:28

Tournai : la Grand'Place

Le beffroi domine la Grand'Place. Celle-ci présente la particularité d'être de forme triangulaire. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer cette forme dont la jonction de deux voies romaines ou la présence d'une nécropole gallo-romaine. Lors des travaux entrepris dans les années nonante, on a découvert les fondations d'un petit édifice de forme circulaire laissant penser à un lieu de culte la forme de celui-ci a été souligné par des pavés différents des dalles de sol

Au moyen-âge, le forum servait aux grands rassemblement de la population pour assister aux tournois, aux fêtes populaires ou cérémonies religieuses. Deux bâtiment remarquables s'y dressent : la Halle-aux-Draps et l'église Saint-Quentin.

La Halle-aux-Draps est un bâtiment en pierre du moyen-âge servant à l'origine pour la vente de produits manufacturés à Tournai. Lorsque l'industrie drapière s'y développa, elle devint exclusivement le lieu de vente des draps produits dans la ville où on comptait plus de 2.500 métiers. D'abord bâtiment avec charpente en bois, elle fut démolie au début du 17ème siècle et reconstruite par le maître maçon Quentin Ratte sur base des plans établis par Jacques Van den Steen. Quelques années plus tard, une cour à galeries y fut édifiée. Fin du 19ème siècle on lui donna l'aspect que nous connaissons aujourd'hui en couvrant la cour d'une grande verrière et il y a quelques années sa façade, rongée par le temps et par la pollution engendrée par le gaz d'échappement des voitures, fut entièrement nettoyée et les pierres et colonnes soulignées par des liserés d'or. Lieu d'expositions, de salons, le bâtiment servit aussi de salle de spectacle après la démolition du théâtre de la rue Perdue durant la guerre jusqu'à l'inauguration de la Maison de la Culture.

L'église Saint-Quentin date elle du début du 13ème siècle et fut l'objet de nombreuses rénovations. Du sanctuaire originel subsistent la nef unique de quatre travées, le transept avec tour de croisée et deux chapelles en angle. Suite aux bombardement de mai 1940 qui détruisirent la presque totalité des bâtiments de la Grand'Place, ceux-ci ont été restaurés suivant le style qui était le leur. les travaux ont été terminés à la find es années soixante.

En été, les jets d'eau placés au centre de la partie piétonne apportent une impression de fraîcheur aux nombreux touristes installés aux terrasses des cafés et restaurants et sont sources de rafraîchissement pour les plus jeunes, les bannières des métiers de Tournai ondulent au vent léger, quant à la statue de Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy, elle domine tous ce petit monde, la hache à la main, continuant à vouloir protéger sa ville, comme elle le fit à son époque, mais ceci est une autre histoire...

(sources : Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique -Province du Hainaut, canton de Tournai 1982 et recherches personnelles).

25 avril
2007

09:41

Tournai : le beffroi

A deux pas de la cathédrale se dresse le beffroi. Au 12ème siècle, le roi de France Philippe-Auguste signa la charte conférant l'autonomie de gestion à la ville de Tournai. Suite à cette attribution, les travaux de construction du beffroi débutèrent en 1188 (pour rappel ceux de la cathédrale voisine s'étaient terminés vers 1171). Le beffroi de Tournai est donc le plus ancien de Belgique.

Symbole des libertés communales, il abrite dans sa tour une cloche dénommée "la Bancloque" qu'on faisait sonner à différentes occasions telles que les rassemblements de la population pour assister aux délibérations communales, pour l'informer des procès et des exécutions, pour la prévenir d'une possible invasion de troupes ennemies.  

Simple tour carrée à l'origine terminée par une terrasse, elle servait également de tour de guet afin de repérer les débuts d'incendie fréquents à l'époque et se propageant rapidement dans une ville aux ruelles parfois étroites et aux bâtiments bien souvent en bois (le tocsin avertissait alors la population du danger qui les menaçait).

En 1294, la cité prenant de l'extension et les bâtiments étant peu à peu plus élevés, l'édifice fut réhaussé d'un étage et une flèche vint le couronner, celle-ci se termine par un dragon, girouette dominant la ville, le beffroi mesure ainsi 70 mètres. Les quatre tourelles du premier étage sont elles surplombées d'un personnage en pierre appelé "hurlu" rappelant les soldats chargés de la défense de la ville. Sa silhouette actuelle date 1844 et est l'oeuvre de l'architecte tournaisien Bruno Renard.

Le beffroi est un monument très visité, en gravissant les 257 marches pour arriver au sommet, on peut visiter de nombreuses salles occupées par des expositions didactiques (salles aux noms étranges : Solequin, la Fosse, la Boursette et les Quatre-Vents), voir le cachot où étaient enfermés les prisonniers en attente de jugement (la tour servit de prison jusqu'au début du 19ème siècle), admirer la salle du carillonneur (des concerts sont souvent organisés lors de fêtes ou durant les dimanches de la période estivale), au sommet on découvre un splendide panorama de la ville et de ses environs.

Restauré au début des années nonante, le beffroi accueille, tous les ans, des milliers de visiteurs soucieux de découvrir la ville, ses églises, ses monuments en un coup d'oeil.

09:41 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, beffroi de tournai |

24 avril
2007

12:37

Tournai : la cathédrale Notre-Dame (7)

Nous terminons la visite virtuelle de la cathédrale par les salles où est conservé le Trésor. Abbayes, chapelles, paroisses possèdent de nombreux objets de culte, parfois véritables oeuvres d'art qui forment le patrimoine religieux. La cathédrale de Tournai possède elle aussi sa propre collection de pièces de grandes valeurs et celles qui ont été déposées lors de la fermeture, au fil des siècles, de différents lieux de culte.

C'est ainsi que le trésor s'ent enrichi des oeuvres des abbayes Saint Martin et Saint Nicolas des Près de Tournai, de Saint Feuillien du Roeulx, de Saint Ghislain, de Saint Amand, de Vicogne mais aussi de monastères tels ceux du Saulchoir à Kain et celui des Près Porçins, de couvents comme celui des Frères mineurs et des Dominicains à Tournai, du couvent des Oratoriens à Mons.

Parmi toutes ces pièces remarquables, vous pourrez admirer : la châsse des Damoiseaux, confrérie fondée en 1280 et à laquelle appartiennent les gens du Droit qui détiennent le privilège de la porter lors de la Grande Procession historique de septembre, la châsse de Saint Eleuthère, un des premiers évêques de Tournai ayant vécu au VIème siècle, la châsse de Notre-Dame Flamande, une des sept merveilles de Belgique, oeuvre de l'orfèvre mosan Nicolas de Verdun, le Bras-reliquaire de Saint Eleuthère, orfèvrerie tournaisienne de 1892.

Une collection somptueuse de vêtements liturgiques, finement brodés portant orfrois de fils d'or ou d'argent et de soies de couleurs. Parmi ceux-ci : la "chasuble dite de Saint Thomas Becket", portée par cette archevêque de Canterbury quelques semaines avant son assassinat en 1170, "le manteau de Charles Quint" offert par l'empereur lorsqu'il logea en l'abbaye de Saint Martin en 1531 lors de la tenue, à Tournai, d'un chapitre de la Toison d'Or, "la chape de Louis XIV", remise en 1671 par le Roi Soleil à l'abbaye de Saint Martin lors de sa venue pour la pose de la première pierre de la nouvelle église abbatiale.

Quelques tapisseries dont celle de la "Translation des restes de Saint Feuillien" restaurée en 2006 par la fondation des Amis de la Cathédrale. Comme on le constate, un amateur d'art religieux pourra passer des heures à contempler tous ces témoignages de Foi des artistes qui les conçurent.

Voilà, notre visite se termine. Depuis son inscription au Patrimoine Mondial, la cathédrale de Tournai a retrouvé une seconde vie. En période estivale, des touristes du monde entier viennent contempler ce trésor de l'art architectural de l'Occident. Vous qui avez été séduits par ces quelques informations, n'hésitez pas à les imiter et envisagez Tournai, dans votre parcours découverte.  

(sources : collection Tournai, Art et Histoire, Découvrir la Cathédrale par Mr. Jacques Pycke, Professeur à l'Université de Louvain-la-Neuve et Achiviste de la Cathédrale et recherches personnelles).

12:37 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cathedrale notre-dame, thomas becket |

23 avril
2007

16:59

Tournai : la cathédrale Notre-Dame (6)

Nous poursuivons la visite de la cathédrale de Tournai et admirons son choeur gothique.

Lors de sa construction initiale, la cathédrale était de style roman (12ème siècle), mais au cours du siècle suivant, l'évêque d'alors, Gautier de Marvis, influencé sans doute par les cathédrales françaises qu'il avait probablement visitées, souhaita transformer le choeur en lui donnant un style gothique. Long de 58m, ceint d'un déambulatoire ouvrant sur cinq petites chapelles rayonnantes, il apparaît plus grand que la nef, ce qui est une anomalie et qui donne ses dimensions extraordinaires au bâtiment, faisant de lui, un des plus grands sinon le plus grand édifice religieux de Belgique.

Il y a six ans encore, on pouvait y admirer le grand retable et l'autel en marbre du 18ème siècle provenant de l'abbaye Saint Martin, les stalles des chanoines en bois datant du 18ème siècle et provenant des abbayes hennuyères de Saint Feuillien du Roeulx et de Saint Ghislain.

Au milieu du choeur se trouvait un magnifique lutrin en laiton destiné à recevoir les livres des chants entouré des sièges des chantres. La cathèdre, c'est ainsi qu'on nomme siège de l'évêque lorsqu'il préside les cérémonies, déplacée depuis le début des travaux dans la nef romane est en bronze doré et copie du fauteuil dit de Dagobert conservé à la Bibliothèque de France.

Sous le déambulatoire, derrière le choeur sont enterrés les évêques, Mgr Delplancq (décédé en 1834), Charles Marie Himmer, (décédé en 1994) et Jean Huard, (mort en 2002), les dalles funéraires ne sont momentanément plus accessibles, le choeur étant fermé au public, car là aussi des problèmes de stabilité seront à résoudre. le nom de tous les évêques qui se sont succédés sont gravés sur des panneaux.  

(sources: Tournai, Art et Histoire, découvrir la cathédrale de Tournai par Mr Jacques Pyck, Professeur à l'Université de Louvain-la-Neuve et Archiviste de la Cathédrale)

16:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cathedrale notre-dame |

19 avril
2007

09:34

Tournai : la cathédrale Notre-Dame (5)

Quittons la nef romane et abordons le transept, celui-ci la sépare du choeur gothique. Ses dimensions sont pratiquement celles d'une petite église : 66m50 de long et 14m de large. A chaque extrémité de celui-ci une abside semi-circulaire aux vitraux du 16ème siècle. Il est situé sous la tour lanterne (la tour centrale) bâtie sur quatre imposants piliers.

A la limite de la nef et du transept, le dallage a été enlevé et depuis quelques années des fouilles ont été entreprises en complément à celles déjà réalisées dans le bas-côté nord de la nef romane. Celles-ci ont permis de découvrir différents niveaux, vestiges de bâtiments qui ont précédé l'actuelle cathédrale : un remarquablement bien conservé baptistère datant de l'époque carolingienne, un dallage d'un édifice religieux antérieur, probablement de la fin de l'époque gallo-romaine.

Fin de l'année 2006, une découverte qui peut être qualifiée d'exceptionnelle a été faite. On y a en effet mis à jour deux tombes situées dans l'axe de la cathédrale, faisant certainement partie d'une église du milieu du 11ème siècle, soit une centaine d'année avant l'édification de l'édifice actuel. Le 13 décembre 2006, une de ces tombes a été fouillée et a révélé la présence du corps d'un évêque reconnaissable à sa bague et à sa crosse, le tombeau portant l'inscription "Bauduin".

Ce dernier était le 36ème évêque du diocèse de Noyon-Tournai. Fidèle du roi de France Henri 1er, il régna sur le diocèse durant près de 25 ans et mourut en 1068. Contrairement à ce qu'il fut admis jusqu'à présent, il ne fut pas enterré dans la région parisienne mais bien en la cathédrale de Tournai où il était présent au moment de sa mort. La dépouille a été emportée pour analyses et de nombreux visiteurs tournaisiens de la cathédrale que l'Optimiste a eu l'occasion de rencontrer espèrent son retour dès que possible, se souvenant sans doute que les objets découverts dans le tombeau de Childéric ( bracelet en argent, abeilles d'or du manteau et fibule) ont été transférés en France après leur découverte en 1653 lors de travaux au pied de l'actuelle église Saint Brice et n'ont jamais été restitués.

A l'entrée du choeur, on découvre le jubé aussi appelé ambon, oeuvre du 16ème siècle de Corneille Floris de Vriendt de style Renaissance. Composé de marbre et d'albâtre, il se présente sous la forme d'un arc de triomphe aux nombreux médaillons illustrant des scène bibliques. Enfin, nous ne pouvons passer sous silence les peintures murales du 12ème siècle fort délabrées, cachées au regard du visiteur pour les protéger des poussières engendrées par les travaux de stabilisation de la tour Brunin et qui mériteront une restauration dans le cadre de la rénovation qui sera entreprise pour rendre à l'édifice une image plus en rapport avec son inestimable valeur historique, artistique, culturelle mais avant tout religieuse.  

(sources : Tournai, Art et Histoire, Découvrir la cathédrale par Jacques Pycke, Professeur à l'Université de Louvain-la-Neuve et Archiviste de la Cathédrale, bulletin 88 édité par la Fondation Pasquier Grenier comprenant un article également signé Jacques Pycke et recherches personnelles)

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18 avril
2007

11:38

Tournai : la cathédrale Notre-Dame (4)

Nous allons terminer ce jour la visite de la nef romane par la présentation de la chapelle Saint Louis située dans le bas-côté droit. Elle fut érigée dans la première partie du 13ème siècle en style gothique. En 1299, l'évêque Jean de Vassogne, alors conseiller du roi de France Philippe le Bel, la dédia à Louis IX (Saint Louis) mort en 1270. Le bon roi Louis, celui qui rendait la justice sous un chêne, était venu se recueillir en cette chapelle en 1257.

Celle-ci possède les plus anciens vitraux de la cathédrale, une partie date en effet du 14ème siècle et ils sont la représentation de différents saints reconnaissables à leur attribut : Sainte Catherine et sa roue, Saint Jean-Baptiste et l'agneau, Saint Jean l'Evangéliste et son calice, Saint Antoine et le cochon, Saint Paul l'Ermite et sa canne.

Les visiteurs seront séduits par la découverte de deux toiles de maîtres : "la délivrance des âmes du purgatoire" de Pierre Paul Rubens, don de Monseigneur Villain de Gand, tableau confisqué par l'occupant français en 1795, revenu en 1815 et restauré en 1993 par l'Institut royale du Patrimoine. Tournai s'enorgueillit de posséder ainsi la seule toile du maître flamand conservée en région wallonne. L'autre toile représente un"Christ en Croix" attribué à Jordaens (peintre flamand du 17ème siècle). Ce tableau a la particularité d'avoir échappé à la confiscation par les commissaires de la toute jeune république française, son propriétaire, le chanoine Pépin en fit don à la cathédrale en 1841. En 1999, sur initiative de la Fabrique d'Eglise Cathédrale, ce tableau a été restauré par le Musée de l'Unviversité de Louvain-la-Neuve.

Quittons la chapelle non sans avoir admiré les magnifiques panneaux sculptés du 18ème siècle qui garnissent trois de ses quatre murs, ils représentent la vie de Saint Benoit et de Saint Ghislain et avaient été executés pour l'église abbatiale de Saint Ghislain. Dans la nef, juste avant d'aborder le transept, deux statues vénérées par les tournaisiens : Notre Dame la Brune et Notre-Dame des Malades.

Notre Dame la Brune (aussi appelée Notre-Dame Flamande) fut détruite par les Iconoclastes en 1566. En 1567, un officier espagnol en garnison à Tournai, fit don d'une nouvelle statue. Vierge très foncée, elle fut de tous temps vénérée comme une vierge noire comparable à celle des Saintes Marie de la Mer. Toutefois, en 2005, les Amis de la Cathédrale décidèrent de la faire restaurer. On constata alors qu'elle n'était devenue brune qu'à cause des outrages du temps, de la fumée des cierges ou des incendies qui touchèrent l'édifice au cours de l'histoire. On lui redonna la teinte voulue par son auteur ce qui ne plut guère à certains tournaisiens qui ne retrouvaient plus leur "vierge noire". Nous pensons qu'il fallait lui restituer son polychrome d'origine pour être fidèle à l'image voulue par son créateur.

Notre-Dame des Malades se dresse à l'endroit même où se pressaient les victimes de la grande peste de 1092. La vierge délivra la ville de ce fléau, depuis lors, la procession de remerciement, instaurée par l'évêque Radbod sort chaque année le deuxième dimanche de septembre, voilà une date à inscrire à votre agenda !  

(sources : Tournai, Art et Histoire, Découvrir la cathédrale par Jacques Pycke, et recherches personnelles).

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17 avril
2007

09:41

Tournai : la cathédrale Notre-Dame (3)

Nous allons aujourd'hui franchir la porte d'entré de cet édificie aux dimensions impressionnantes : 134 m de longueur, une largeur au niveau du transept de 66m50, une hauteur des clochers de 83 m, la nef : 26 m, la tour lanterne éclairant le transept 48 m et la hauteur du choeur 36 m, une superficie totale de plus de 5.000 m2. Il est bâti sur l'axe Ouest-Est comme tous les grands édifices religieux, le choeur étant tourné vers l'Est.

La cathédrale est placée sous le patronnage de Notre-Dame et possèdent deux saints patrons auxiliaires : Saint Piat, un missionnaire d'origine italienne, fondateur d'une première colonnie chrétienne dans le tournaisis à la fin du 3ème siècle et Saint Eleuthère, premier Evêque de Tournai dans le royaume Franc de Childéric et Clovis.

La nef romane construite au 12ème siècle s'inspire de modèles anglo-normands et rhénans. Elle fut consacrée, suivant la tradition, en 1171. Elle est formée d'une superposition de quatre étages de baies en plein-cintre, séparées par des cordons ininterrompus donnant à l'ensemble une progression majestueuse vers le transept et le choeur. De chaque côté, un bas-côté supportant une tribune dont les murs sont garnis de stèles funéraires. 

Au-dessus de l'entrée principale, un monumental orgue de tribune, construit en 1854, accompagne la Maîtrise de la cathédrale lors des offices du dimanche et lors des célébrations des grandes fêtes du calendrier liturgique. Au-dessus de l'orgue, une grande rosace, construite en 1851 représentant le "Triomphe de Marie" On y distingue au centre la Vierge, un premier cercle est composé d'anges, le second des douze signes du zodiaque séparés par les symboles des saisons, enfin le cercle extérieur représente les prophètes parmi lesquels sont intégrés deux grandes figures de l'ancien testament : Moïse et Salomon.

Sous l'orgue, une gigantesque statue du Christ Sauveur portant l'inscription "Celui qui entre par moi sera sauvé". Le touriste sera choqué par le peu de richesse du mobilier actuel, les chaises noires sont en plastic et créent un anachronisme flagrant. Espérons qu'après la fin du chantier (qui devrait durer environ 20 ans), ce mobilier sera remplacé par des chaises s'intégrant mieux dans l'ensemble.

Parlons encore de la Chaire de Véritée, en bois de style Louis XV, oeuvre de l'orfèvre tournaisien Gaspard Lefebvre, elle représente un calice qui repose sur un pied en forme de palmier encadré de personnages représentant les trois vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité. Elle fut réalisée par Antoine Gillis, sculpteur de Valenciennes, fondateur de l'Académie de dessin de Tournai.

(sources : Tournai, Art et Histoire, Découvrir la cathédrale par Jacques Pycke, Professeur à l'Unversité de Louvain-la-Neuve et Archiviste de la Cathédrale et recherches personnelles).

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