26 sept.
2016

09:54

Tournai : les festivités de septembre (4)

Dimanche 11 septembre : le "Coup du Dragon".

A peine le cortège terminé, la foule se retrouva au pied du beffroi où l'attendait Monsieur Zo et son spectacle dont on ne connaissait que le nom : "le coup du Dragon", la surprise était donc totale.

Monsieur Zo.

Derrière ce nom bizarre, M. Zo, se cache un Tournaisien, metteur en scène, producteur et réalisateur de spectacles événementiels qui se définit lui-même comme un "art-penteur". Diplômé Assistant-Social à l'ISSHA de Mons en 1979, il partit, dans les années quatre-vingt, se spécialiser à Paris au "Studio des Variétés". 

Depuis 1986, M. Zo donne réalité aux délires les plus fantasques de notre imagination, il est faiseur de rêves, créateur d'émerveillement. En 1996, il fonde, à Tournai, la troupe des "Facteurs d'Amour" que les Tournaisiens découvrent à la Saint-Valentin lorsque ceux-ci portent les messages d'amour postés par des hommes ou des femmes qui veulent, en ce jour de fête des amoureux, surprendre leur conjoint ou conjointe ou, plus encore, déclarer leur flamme à un être aimé. 

Ce concept s'étendra par la suite à Marseille, Madrid, Mons et Mouscron.

M. Zo deviendra le créateur d'une majorité des thèmes de "la Nuit des Intrigues", ce spectacle de rue qui ouvre traditionnellement le Carnaval de Tournai.

Pour les 175 ans de la Belgique, il réussira l'exploit de faire "naviguer" une véritable péniche de 80 tonnes dans les rues de Bruxelles pour le spectacle "Mademoiselle Madame". 

2016.09.10 la Marche des Géants Monsieur Zo.jpg

 On ne compte plus les aventures musicales auxquelles ce véritable homme-orchestre, doté d'une imagination débordante, a participé : les projets "Al'Manara" ou "Mali-mali" en compagnie d'Eloi Baudimont, la création de la parade organisée pour les vingt-cinq ans du festival "Juste pour Rire" de Montréal, les spectacles des "Folies de Maubeuge", l'inauguration d'un parc éolien avec "Le Grand Secret", l'ouverture de la manifestation "Charleroi 1911-2011" et "les Rencontres Inattendues" entre la musique et la philosophie, qui se déroulent à la fin du mois d'août dans la cité des cinq clochers. Il collabora également avec Franco Dragone et Luc Petit à la création du spectacle "Décrochez la Lune" de La Louvière. 

En 2015, M. Zo remporte le concours WApi qui le choisit pour monter le projet associant 18 communes du Hainaut Occidental dans le cadre de Mons 2015. Directeur artistique des "400 Coups", il mettra sur pied une première "Marche des Géants" qui traversera la Wallonie Picarde durant plusieurs jours.

Le dimanche 13 septembre 2015, ce spectacle itinérant doit se terminer en apothéose sur la Grand-Place de Tournai, dès la fin du cortège des Amis de Tournai. Hélas, une pluie battante vient contrarier les amours naissants du dragon du beffroi et de la princesse d'Espinoy. Pire, une des magnifiques cloches qui survolent la foule rompt ses amarres et, emportée par le vent, disparaît à jamais derrière les nuages.

 

M. Zo (à droite sur la photo)

 

Le coup du Dragon. 

En imagination, cette cloche a été retrouvée par M. Zo et fondue pour donner le "la" à toutes les cloches de la ville. C'est elle que le "Grand Sonneur" va ramener sur la Grand-Place au cours de la "Marche des Géants" du samedi 10 septembre (voir l'article consacré précédemment à cette manifestation).

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"Le grand Sonneur"

Se dirigeant vers le pied du beffroi où l'attendent une douzaine de sonneurs, déguisés en petits géants, elle va être emmenée dans les airs par le Dragon du beffroi, descendu pour s'en emparer (la réplique est parfaite, on croit voir le jumeau de celui qui fait office de girouette).

2016.09.11 400 Coups descente du Dragon (1).jpg

Crachant son feu, la bête emporte la petite cloche dans le ciel de la cité de Clovis mais elle sera interceptée par les personnalités qui se trouvent au dernier étage de ce symbole des libertés communales. Le bourgmestre Rudy Demotte, les échevins Philippe Robert et Pol Olivier Delannoy, la Présidente des Amis de Tournai, Annick Veys et son adjoint Bernard Valle, les représentants des cultes catholique, musulman, protestant et de la laïcité, tous réunis dans une grande fraternité, vont la faire sonner pour donner le "la".

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Aussitôt l'Bancloque va se réveiller et serpentins et confettis multicolores vont jaillir des entrailles du prestigieux édifice tandis que la foule sera survolée par trois cloches. La cathédrale Notre-Dame décide également de participer à la fête et la religieuse Marie-Pontoise va entamer un dialogue avec l'Bancloque, sa voisine laïque tandis que le carillon du beffroi joue ses plus beaux airs, heureux d'être associé à cette grande sonnerie de cloches. 

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2016.09.11 400 Coups les cloches dansent.jpg

Participant à la fête, trois cloches vont survoler la foule.

Ce magnifique spectacle suivi par une foule immense qui avait pris place dans la rue Saint-Martin et sur la Grand-Place venait clôturer cette journée ensoleillée.

Avant que la Présidente des Amis de Tournai ne remette les clés au Bourgmestre, on assiste encore au serment de la "Compagnie du Serment de l'Bancloque", les nouveaux porteurs de géants prêtent serment, au pied du beffroi, en qualité de serviteurs de la cité. 

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Pour une majorité de Tournaisiens, il était grand temps de rejoindre ses pénates car, le lendemain, le lever doit avoir lieu aux aurores pour participer à la "Grande Braderie annuelle des Commerçants". Nous en parlerons dans le prochain article.

Photos : R et S. Van Rompaye-Rauwers et P. Winberg

S.T. septembre 2016 

23 sept.
2016

19:29

Tournai : expressions tournaisiennes (377)

Babillarte aux ceusses qui ont l'temps de m'lire !

J'sais que vous êtes, au moinse, eine beonne vingtaine à attinte l'billet in patois qui paraît à l'fin de l'sémaine. I-in a même qui seont tout aussi défoutus de n'pos avoir d'nouvelles d'Fifinne et d'Edmeond qu'ein couleonneu, l'diminche au matin, qui, dins l'ciel, i-n'veot pos arriver l'meilleu d'ses couleons. Si cha fait treos ou quate feos in suivant que je n'vous ai pos parlé d'mes deux gins, ch'est pasque j'ai eu bieau aller à leu maseon, je n'les ai pus vus d'puis bin lommint. J'me sus dit qu'i-z'aveot'ent pétête ein dint conte mi, qui n'aveot'ent pétête pos aimé eine séquoi que j'aveos écrit. La vérité ch'est qu'i-seont toudis in train d'trotter dins tous les coins de l'ville, te les rincontes, ein jour près d'la gare et l'lind'main du côté de l'chaussée d'Lille. I-ont bieau ête à l'porte des quater-vingt ans, i-s'in veont porméner, à pied, pa tous les temps.

Verdi, on peut dire que ch'a été ein véritape miraque pou mi pasqu'i-z'éteot'ent mates et, adeon, i-n'ont pos sortis. 

Vous savez bin qu'avec eusses pou lancher l'conversatieon, i-suffit dire : 

"Et alors, quoisque te pinses de l'situatieon, Edmeond ?".

Ceulle phrase, ch'est comme l'sésame d'Ali Baba (neon, je n'vous parle pos d'l'incien marchand d'nougat), ch'est l'clé qui, au Moyen-Ache, permetteot d'ouvère l'cheinture d'chasteté et qui f'seot, tout à n'ein queop, canter à l'feimme :"libérée, délivrée". 

Edmeond i-n'a pos eine si grosse tiête que cha pou pouvoir warder là-d'dins toutes ces idées-là. Et comme à chaque feos, Fifinne elle  met s'grain d'sel, j'me creos alfeos au concel communal quançque l'oppositieon a décidé d'faire bacchanale.

Fifinne elle a dit :

"On est allé su l'plaine pou vir l'karmesse. Biribi, mes amis, bé queu tristesse. Combin j'orgrette l'Friture Bruxelloise et s'petit saleon dusque'on mingeot ein complet ou bin des saurets aux p'tits ogneons".

Edmeond i-a rajouté ave s'n'air tout excité : 

"Combin j'orgrette l'temps des balanchoires dusque l'p'tites mam'zelles laicheot'ent vir, ein bref momint, leu frou-frou d'dintelle. Combin j'voudreos orvir l'vielle chenile in beos et s'toile qui soudain s'rabatteot pou les amoureux s'faire des mamours, te peux ête seûr que Fifinne et mi on in profiteot".

"Quançqu'on alleot au Tir-Photeo, si on toucheot l'cible, eine sirène berleot et quançque t'orwettieos l'dév'lopmmint, t'aveos toudis l'air d'deux riches annochints. Dins eine baraque, soi-disant capturé dins eine forêt vierche, on alleot vir ein sauvache et on n'saveot pos que l'brafe garcheon i-éteot né dins l'Borinache. L'feimme à barpe, elle ne feseot pos d'orclame pou Gilette et l'Hercule de foire i-n'areot même pos su déplacher eine palette". 

"Asteur, t'as des greos machins pou t'inveyer in l'air et t'as l'coeur qui tourne quançque t'orviens su tierre. Acore hureux que jusse avant d'meonter su l'manèche te n'as pos avalé des boules à l'graisse pasque, j'peux t'asseurer, l'ceu qui s'ortruèfe pa d'zous i-n's'reot pos à s'n'aisse". 

"On veyeot aussi des moteos et même eine pétite auteo rouler su les parois verticales d'ein grand tonnieau. Si l'infant n'éteot pos doué à l'pêque aux canards, l'peluche qui gagneot elle t'aveot coûté bin des liards. Avant toute cosse, t'alleos querre là du plaisi et avec eine bande d'amisses t'aveos bin du larri. Pou s'erposer, ch'est au Cintral ou au café du Solel qu'on alleot chiffler eine pinte ou boire ein Pale-Ale. Asteur, ch'est dins eine tente au bord du qu'min et ave l'vint, l'poussière elle est in supplémint. Dis hardimint ! ".

J'li ai dit :

"Te peux toudis déquinte su l'Grand-Plache pour boire t'n'habituel breuvache".

Fifinne elle a répeondu :

"bé, quoisque te dis là, i-n'sareot pos aller jusqu'au centre de l'ville, Mossieu, quançqu'i-a séo, pa d'vant l'prumière buvette, i-arrête tout pile". 

Eine feos acore, j'ai été obligé d'canger l'conversatieon et j'ai bin vite trouvé eine eaute questieon :

"Comme tertous à Tournai, l'lindi, vous avez seûrmint fait braderie ?".

Ch'est Fifinne qui a pris l'relais comme dins ein journal télévisé.

"On est sortis avant siept heures et au bas du peont, les ouverriers metteot'ent des greos blocs d'béteon et tout in bas de l'rue d'l'Yser, in puque de ces grosses pierres, i-aveot aussi des barrières d'fier, ch'est l'prouèfe qu'on vit dins ein meonte d'loleos et que des gins i-devienne'tent total'mint seots. Edmeond et mi on s'a dit qu'elle commincheot d'jà bin l'braderie. A midi, jusse à l'porte du Zorba, on a vu eine couple qui s'teneot po bras. Ch'est l'diminche après-deîner, aux conférinces d'l'école d'Horticulture, qu'on veyeot ces deux gins du temps qu'on aveot acore, à no maseon de l'rue Montifaut, no p'tit gardin. J'ai félicité ces deux perseonnes in disant qu'i-z'éteot'ent toudis aussi jeones, que d'puis qu'on les aveot pus vus, i-n'aveot'ent pos cangé, si, si, qu'i-a dit l'heomme, qui deot, si j'm'in rappelle bin, s'appe'ler René, i-a ein an, on a déménagé ! ".

"Dins l'temps, les gins pouveot'ent chiner, t'aveos les vieux rossignols sortis des guerniers, asteur, bé ch'est ein grand marché, i-a même, comme l'saim'di, tous les vindeus pakistanais. Ceulle ainnée, i-aveot ein marchand d'toubaque et ein eaute qui f'seot des coucoubaques, i-aveot même ein marchand d'produit d'vaisselle qui moutreot qu'ave ceulle boutelle à chinquant eureos les verres i-étincellent. Edmeond i-a voulu acater ein caleçon ave l'mintieon : "ch'est mi qui est maîte à m'maseon". J'l'ai ormis su l'étalache et j'li ai viv'mint déconseillé in li disant que j'saveos bin que ch'n'éteot pos vrai"! ".

A c'momint là, no brafe Fifinne elle partit faire ein tour dins l'cuisine pasque, quançqu'on intind qu'l'ieau elle bout, i-est bin vite temps de l'verser dins l'cauchette du marabout

Edmeond i-a profité qu'elle n'éteot pos là pou s'pincher et m'dire tout bas :

"J'ai acaté, dins l'rue Royale, du carabouya in cachette, j'in chuche toudis ein quançque j'orviens ein peu pompette. Et si m'feimme elle me d'minde ce qu'elle sint là, j'li dit qu'ch'n'est rien qu'ch'est l'naque du carabouya".

I-a eine cosse que j'ai ormarqué, ch'est qu'Fifinne, malgré s'n'âche, elle a acore l'orelle fine :

"Quoisqu'ave l'Optimisse, t'es in train d'marmouser, j'ai aperchu t'tiête du ceu qui est occupé à comploter".

"j'parleos des affaires que dins l'temps on pouveot faire. J'diseos qu'ave cheonq chints francs, te rimplicheos t'cabas i-a, à peine, vingt ans. Pou c'prix là, t'as eine feos acaté ein caraqueo brodé et mi eine quémisse et ein bieau gilet. Et ave l'reste d'l'argint on a fini in buvant des pintes au Régint".

"Et du billet, des écapures i-d'a bramint restées pasque t'es acore orvenu à l'maseon bin quervé".

"Ah mais ch'est à cha qu'cha sert, l'braderie, ch'est avant tout pou oblier ses soucis".

j'les ai ravisés et j'ai solennell'mint déclaré  :

"A Tournai, après l'braderie, on dit que l'été i-est fini".

"Ch'éteot beon avant. Après l'braderie, on rallumeot l'cauffache mais asteur on va continuer à queurir tout nu comme des sauvaches".

Comme on approcheot du soir, j'ai profité pou leu dire au-revoir.

"Su m'blog, j'm'appelle pétête l'Optimisse mais j'n'ai pos invie d'jeuer les nudisses".

Diminche, on fiête les Hermann ou Herman et comme dit l'dicton :

"A la saint Herman, i-est temps d'sortir t'caban" pourquoi j'dis cha ? Pasqu'on fiête aussi les Firmin et on dit : "A la saint Firmin, l'hiver i-est in qu'min".

(lexique : eine babillarte (ou eine lette) : une lettre / aux ceusses : à ceux / au moinse : au moins / attinte : attendre / ête défoutu : être déçu / ein couleonneu : un colombophile / les couleons : les pigeons / treos ou quate feos : trois ou quatre fois / lommint : longtemps / toudis : toujours / porméner : promener / pétête : peut-être / eine séquoi : quelque chose / toudis : toujours / porméner : promener / pa : par / verdi : vendredi / ein miraque : un miracle / ête mate : être las, fatigué, fourbu / adeon : donc / eusses : eux / lancher : lancer / quoisque : qu'est-ce que / ceulle : cette / ouvère : ouvrir / l'cheinture : la ceinture / tout à n'ein queop : tout à coup / canter : chanter / warder : garder / alfeos : parfois / l'karmesse : la kermesse, la foire aux manèges / queu : quelle / orgretter : regretter / ein sauret : un hareng saur / les ogneons : les oignons / les balanchoires : les balancoires / les mam'zelles : les demoiselles / laicher vir : laisser voir / orvir : revoir / l'beos : le bois /  ête seûr : être sûr, être certain / berler : hurler / quançque : lorsque / orwettier : regarder / ein annochint : un innocent / ein sauvache : un sauvage / vierche : vierge / l'garcheon : le garçon / l'barpe : la barbe / l'orclame : la réclame / déplacher : déplacer / asteur : maintenant / acore : encore / jusse : juste / l'manèche : le manège / les boules à l'graisse : les beignets, les croustillons / pa d'zous : en dessous / ête à s'n'aisse : être à son aise / l'pèque : la pêche / les liards : l'argent / cosse : chose / querre : chercher / avoir bin du lari : avoir de la joie, de l'amusement / s'erposer : se reposer / chiffler un verre : boire un verre d'un seul trait / l'qu'min (ou l'quémin) : le chemin / déquinte : des cendre / ein breuvache : un breuvage / avoir séo : avoir soif / l'prumière : la première / canger : changer / tertous : tous / siept : sept / les ouverriers : les ouvriers / in puque : en plus / l'fier : le fer / l'prouèfe : la preuve / ein meonte d' loleos : un monde d'innocents / ête seot : être sot / commincher (ou qu'mincher) : commencer / les guerniers : les greniers / l'saim'di : le samedi / l'toubaque : le tabac / les coucoubaques : les crêpes / moutrer : montrer / acater : acheter / ormette (ou ermette ) : remettre / l'étalache : l'étalage / l'cauchette du marabout : le filtre (en tissu) de la cafetière / s'pincher : se pencher / du carabouya : sorte de bonbon noir au goût anisé vendu par des Africains sur les marchés et dans le foires / chucher : sucer / l'naque : le parfum / l'âche : l'âge / marmouser : murmurer / aperchevoir : apercevoir / cheonq chints : cinq cents (se prononce plus facilement que chinq chints) / l'cabas : le sac à provision, le sac qu'on emporte pour les commissions / ein caraqueo : sorte de blouse pour femme / eine quémisse : une chemise / les écapures : les petites sommes d'argent laissées pour un pourboire / bramint : beaucoup / quervé : ivre / oblier : oublier / raviser : regarder / l'cauffache : le chauffage / queurir : courir / jeuer : jouer / les nudisses : les nudistes).

S.T. septembre 2016.

19:29 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

21 sept.
2016

09:17

Tournai : les festivités de septembre (3)

Dimanche 11 : les cortèges !

La procession à peine rentrée à la cathédrale, vers 12h45, l'êvêque, Mgr Guy Harpigny, se rendit en cortège de la place de l'Evêché au pied du beffroi. Sur l'estrade, il alla remettre à Rudy Demotte, bourgmestre, les clés de la Ville reçues la veille. Alors que retentissait l'hymne "les Tournaisiens sont là", le premier magistrat de Tournai allait aussitôt transmettre le précieux sésame à Annick Veys, Présidente des Amis de Tournai, la chargeant ainsi, symboliquement, de continuer à animer la ville. 

Malgré qu'un soudain et temporaire petit crachin soit venu semer une certaine inquiétude chez les organisateurs, sur la Grand-Place, il n'y avait déjà plus une place de libre aux terrasses des cafés et des brasseries, beaucoup ayant fait le choix de s'y restaurer afin d'être en première ligne pour le spectacle de l'après-midi. Dès 14h, des harmonies et fanfares régionales occupèrent le kiosque dressé face à la Halle-aux-Draps afin de faire patienter la foule. Pendant ce temps, les rangées de chaises qui ceinturaient le forum tournaisien trouvaient, peu à peu, leurs occupants. 

 

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Les groupes Marie de Hongrie de Binche et Charles-Quint de Gand formant le groupe "Renaissance".

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Vers 15h, un premier spectacle de qualité sera offert aux spectateurs. Les groupes "Marie de Hongrie" de Binche et "Charles-Quint" de Gand reconstituèrent les somptueuses fêtes qui marquèrent la venue de l'Empereur à Tournai pour un chapitre de la Toison d'Or, en 1531. Malgré une amplification quelque peu faiblarde et quelques spectateurs qui se croyaient encore attablés au restaurant et tenaient salon, les tableaux proposés furent appréciés par une très large majorité de spectateurs.

 

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A 16h, venant de la place Crombez et ayant traversé le centre-ville par les rues Royale, de l'Hôpital N.D, de Courtrai, de la Tête d'Argent et Perdue, les cortèges débouchèrent sur la Grand-Place par la rue des Maux, emmenés par les porteurs de bannières du Manège de Blandain. Ce sera alors un tableau haut en couleur et en son qui sera offert aux Tournaisiens : musiques, chars et Géants vont défiler durant plus d'une heure. 

 

 

 

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De la garde anglaise au groupe sud-américain, de la formation musicale de Neufchâtel à la Band'As de Wattrelos, de la gondole vénitienne aux chars du Biscuit, de la Porcelaine ou des Amis de Tournai, tous les groupes composant ce long cortège apportèrent admiration et animation.

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Le groupe Jamaïque

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La formation musicale de Neufchâtel

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La Band'As de Wattrelos.

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Le char de la Soupière en hommage à la Porcelaine tournaisienne.

Emmenés par les porteurs tournaisiens de la Compagnie de l'Bancloque ou par ces habitués des rues de la cité des cinq clochers que sont les porteurs athois, les géants tournaisiens dansèrent et virevoltèrent sur des airs régionaux avant d'aller sagement se ranger à l'ombre de Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy. Petit gag qui ne passa pas inaperçu, le kiosque ayant été mis à la disposition des harmonies et fanfares, c'est face à la statue de l'héroïne tournaisienne que les autorités communales et leurs invités avaient pris place mais c'est devant la tribune que, par habitude, tous les groupes firent leurs démonstrations. 

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Reine Tournay et Childéric dansent.

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Saragos et Châle Vert ont rejoint les croisés Lethalde et Engelbert et le Vendéen.

Le cortège se clôtura par les char de la "Chanson Tournaisienne". Petits Rambiles, Filles Celles picardes et membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien invitaient, comme chaque année, les spectateurs à reprendre en chœur les "cancheonnes tournisiennes qu'on aime tell'mint bin qu'on in predreot s'n'haleine à canter leu z'orfrains"". Autre petit gag, ce groupe, juché sur la plate-forme d'un très long camion, fut un des rares à vouloir faire le tour complet de l'esplanade. Hélas, bien trop long, le transport resta coincé entre rangées de spectateurs et statue et dut attendre que le public rejoigne le beffroi pour assister au spectacle de Monsieur Zo afin de se tirer de ce mauvais pas !

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Comme chaque année, le cortège se termina par la traditionnelle distribution des fleurs qui décoraient les différents chars. Un nouveau temps fort de cette journée marquée par la grisaille le matin et le soleil l'après-midi venait de prendre fin. 

Loin de se disperser, le public avait alors rendez-vous au pied du beffroi au sommet duquel les attendaient diverses personnalités. Cela est une autre histoire qui sera racontée dans le prochain article !

photos: S. et R. Van Rompaye-Rauwers.

S.T. septembre 2016