29 mars
2017

11:20

Tournai : souvenirs du Cabaret (9)

Le "renouveau" du Cabaret a déjà vingt ans !

Après la démission de Lucien Jardez, les membres ont élu un nouveau Président en la personne de Philippe De Smet (voir l'article que nous lui avons consacré au sein du blog) et préparé la saison du 90ème anniversaire.

S'il n'y a pas eu de "révolution de palais", les fidèles amis du Cabaret ont néanmoins constaté une modernisation notamment dans la présentation des membres.

Fini ces deux rangées de tables où les membres siègeaient par ordre de préséance, abandonnée la présentation de chaque chansonnier par une introduction présidentielle, désormais, les membres sont attablés par groupes de deux ou trois auprès d'une petite table comme dans une guinguette et c'est le chansonnier lui-même qui présente sa chanson, son poème ou son monologue et demande le ban pour le précédent. 

Deux nouveaux membres sont venus renforcer l'équipe, Claude Delonville, un poète qui écrit tantôt en patois, tantôt en français et Michel Petit. Ils sont tous les deux lauréats du concours Prayez de 1996. Bientôt Jean-Marc Foucart (voir l'article que nous lui avons consacré au sein du blog) viendra les rejoindre. A la fin de l'année, pour fêter les nonante ans, le Cabaret enregistre un CD reprenant les quatre airs les plus connus des Tournaisiens dont l'hymne "Les Tournaisiens sont là" qu'ils n'avaient jusqu'alors jamais enregistré.  

Le Cabaret a acquis rapidement une nouvelle vitesse de croisière et, d'année en année, de nouveaux membres sont venus frapper à sa porte : Vincent Braeckelaere, Bernard Clément, Jean-Michel Carpentier, Pascal Winberg, Michel Derache, Danny Batteauw, Pol Wacheul, Christian Bridoux, Luc Feron, Georges Vico, Gérard Platevoet et l'actuel aspirant, Jonathan Delforge. 

Certains ne feront qu'un bref passage comme Michel Petit ou Bruno Delannay et, ainsi va la vie, d'autres nous quitteront pour toujours comme Marcel Roland, René Godet, Félicien Doyen, Jean-Pierre Verbeke ou André Wilbaux. 

Marcel Roland était né le 20 juin 1921 à Tournai. Lauréat du concours Prayez en 1953  avec ses chansons "L'Parc Communal" et "Mi, j'aime bin cha", il entre dans la Royale Compagnie en 1959. Avant de devenir directeur d'agence au sein d'un organisme financier, il avait tenu avec Fernande, son épouse, la coopérative socialiste de la rue Saint-Brice et, nanti d'un diplôme de comptabilité, avait travaillé aux Cafés Hivre. 

Au sein de la Compagnie, il exerça la fonction de grand argentier jusqu'à son départ le 15 janvier 1997. Il était reconnu comme remarquable interprète des œuvres des anciens mais on lui doit aussi "L'Vie tournaisienne" et "M'pétite école". Il restera à jamais dans la mémoire des amateurs de Revues comme le compère de Lucien Jardez dans le duo hilarant "Jojo et Nénesse". Habitant la rue Royale, il est décédé inopinément en septembre 2000.

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René Godet (à gauche de la photo) en compagnie de Jean-Marc Foucart et de Pierre Vanden Broecke en 1997.

René Godet était né à Tournai, le 18 juillet 1934. Fils de teinturier, il tint l'entreprise familiale située à la rue du Bourdon Saint-Jacques en compagnie de son épouse Josiane jusqu'au début des années 2000. René était un homme sensible à la détresse humaine et, avec son épouse, il s'est investi profondément au sein de  la Fondation Follereau (antenne tournaisienne des Amis du Père Damien), rendant souvent visite à "ses" amis, les lépreux de la léproserie espagnole San Francisco de Borja de Fontilles. Il est d'ailleurs à l'origine d'une charte signée entre la léproserie et la Ville de Tournai et de la venue à Tournai de malades guéris ou stabilisés. Il a évoqué son engagement dans un livre qu'il a publié  sous le titre"La Joie d'Aimer", paru en 1992. Serviteur de la cité des cinq clochers, il sera membre du Comité de l'a.s.b.l. "Les Amis de Tournai" et Chevalier Massier de la Confrérie des Chevaliers de la Tour.

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René Godet (à droite sur la photo) en compagnie de ses amis de la Fondation Follereau de Tournai en 1992.

Lauréat du Concours Adolphe Prayez en 1977 avec sa chanson "Edmond", il est entré au Cabaret en 1979. Dans l'esprit de la majorité des auditeurs, il a succédé à Louis Urbain avec ce côté "fleur bleue" qui transpirait dans la plupart de ses chansons. Inconditionnel de Charles Trenet qu'il nous disait avoir rencontré à Bruxelles et être allé applaudir à Paris lors de ses adieux, il choisissait souvent un air du "fou chantant" pour nous distiller ses textes où on sentait souvent pointer son côté Cyrano de Bergerac, pourfendeur des travers de la Société. Au sein de la Compagnie, il exerça la fonction de Secrétaire-bibliothécaire (succédant à Ghislain Perron) de 1997 à  2000. Obligé de quitter le ponton en raison du mal qui était apparu, il est nous a quittés le 18 avril 2011. Son fils "Loulou Godet" est bien connu des auditeurs de l'émission "Les enfants de chœur", le dimanche sur Vivacité où il est fait de fréquentes apparitions, des téléspectateurs de No Télé où il apparaît, avec son compère Dominique Watrin, chaque samedi dans l'émission "Les Wapirates de l'Info", des spectateurs des Pi-Menteurs, spectacle de la salle La Fenêtre, et des lecteurs de la presse, où il fait paraître régulièrement des billets d'humeur et d'humour ! Bon sang ne peut mentir !

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Remise de la charge de René Godet en 1997 par Jean-Pierre Verbeke et André Wuibaut.

Alors qu'on disait son nonantième anniversaire menacé, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien fête, cette année, ses cent-dix années d'existence et, comme dit la chanson : "Au Cabaret, i-a toudis des bieaux jours". 

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Philippe De Smet au piano accompagne Georges Vico - Christian Bridoux - Pascal Winberg et Gérard Platevoet lors d'un Cabaret donné à la "Résidence du Théâtre" à Tournai en janvier 2016.

Voici résumées les septante dernières années du Cabaret mais l'histoire est loin d'être terminée, l'Optimiste va continuer à brosser le portrait des membres actuels qu'il n'a pas encore eu l'occasion de rencontrer.

(sources : "Florilège du Cabaret", ouvrage paru en 1982 à l'occasion du 75ème anniversaire de la Compagnie - "Chint ans d'Cabaret", ouvrage de Pol Wacheul publié lors du centième anniversaire de la compagnie -  "Les Charges de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien", de Jean-Luc Dubart et Freddy Gaspardo, paru en 1998 - souvenirs personnels - photos : "Courrier de l'Escaut" et R.R.). 

S.T. mars 2017.

27 mars
2017

10:24

Tournai : le carnaval 2017

Tournai fête le retour des beaux jours !

Dans l'impossibilité de m'y rendre, j'ai heureusement pu compter sur la collaboration d'une amie qui m'a transmis une série de photos prises à l'occasion de l'édition 2017 du Carnaval de la cité des cinq clochers.

Cet événement annuel qui prend place le week-end du Laetare fut tout à fait exceptionnel car tous les ingrédients étaient réunis pour assurer le succès de cette journée et apporter un large sourire sur le visage des organisateurs.

Comme il est rare qu'à la fin du mois de mars, on puisse bénéficier de pareilles conditions météorologiques, une foule immense fut au rendez-vous. On évoque un nombre de 10 à 15.000 personnes, c'est possible mais difficile à évaluer ! Dès le début de l'après-midi, les parkings mis à disposition des participants affichaient "complet". Il fallait chercher bien longtemps pour encore trouver une place sur le parking du Conseil de l'Europe (plaine des Manœuvres), sur celui de la Maison de la Culture, de la Maison des Sports et tout le long des boulevards de ceinture (des automobilistes avaient même stationné leur véhicule sous le chapiteau communal dressé à l'avenue des Frères Rimbaut) ! Des milliers de personnes, presque toutes déguisées, ont pris d'assaut les rues de la ville. 

Que ce soit à Binche, Malmédy, Stavelot, Chapelle-les Herlaimont tout comme à Kain, Vaulx ou Tournai... partout où il est organisé le Carnaval permet à la population locale et aux visiteurs de fêter dans la joie la fin d'un hiver parfois trop long, de retrouver le pavé des rues abandonné pendant de longs mois et surtout, à notre époque, d'oublier durant quelques heures un monde fait d'une violence exacerbée et d'agressions, de mettre entre parenthèses, une vie très souvent teintée d'inquiétude et de pessimisme. 

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Toutes les statues sont à la fête, quelques jours avant l'événement, elles sont habillées aux couleurs d'une confrérie qui les parraine. Martine et son chien patapouf n'ont pas été oubliés.

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Sur la Grand-Place, Christine de Lallaing est devenue la reine de la fête. 

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On découvre d'étranges personnages au détour d'une rue.

Le carnaval de Tournai a la particularité de ne pas présenter une cavalcade, un cortège organisé, mais trois grands groupes composés de confréries qui se rejoignent au centre-ville pour des temps forts : l'hommage à la Naïade, le lâcher de ballons, le jet de "pichous" du beffroi (des petits pains confectionnés par les boulangers tournaisiens pour l'occasion), le sacrifice du Roi carnaval sur un bûcher dressé au milieu du forum tournaisien et la marche funèbre de la Grand-Place à l'Escaut afin de jeter ses cendres dans le fleuve. 

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Un singe qui semble surpris par l'objectif ou tout simplement en admiration devant la photographe.

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Les Gilles de Saint-Piat étaient de sortie.

Il n'y a pas de cortège sans chars, certains ont demandé des heures de travail.

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Les vikings étaient de retour à Tournai mais beaucoup plus pacifiquement que ce qui nous envahirent au Moyen-Age. 

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Le carrosse des "Monsenors" emporte les ballons pour le lâcher.

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Tout comme les premières fleurs, le Carnaval symbolise l'arrivée du printemps.

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Il est impossible de photographier l'ensemble des participants. Qu'on sache simplement que la photo ci-dessous prise à la rue des Puits l'Eau lors de l'hommage à la Naïade ne représente qu'une petite partie de la marée humaine qui avait envahi Tournai.

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Le char du Roi Carnaval représentant les éléments, thème de cette année, défile dans les rues avant de rejoindre la Grand-Place où il terminera dans un immense brasier. Il faut savoir que ce char a été confectionné par des institutions accueillant des personnes handicapées ou socialement défavorisées. 

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Différents fanfares et groupes musicaux dont l'un vient chaque année de Suisse animent cette manifestation.  

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Le "Pirate" est rentré au port ! Le Carnaval 2017 est terminé, nul doute que, forts de son succès, les organisateurs préparent déjà l'édition 2018 !

(photos : Renelde Rauwers).

S.T. Mars 2017.

10:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, carnaval, christine de lallaing, martine |

24 mars
2017

08:59

Tournai : expressions tournaisiennes (400)

Quate chintième babillarte !

Cha fait asteur quate chints saim'dis qu'in patois d'Tournai j'vous écris. Mo Dieu, bé comme l'temps passe et vite s'écoule, cha fait d'jà huit ainnées que j'raqueonte des cacoules ! In m'lisant, vous l'avez seûrmint adveiné, j'sus vraimint fier d'ête ein infant d'Tournai et je n'veux pos que l'parler d'ichi i-soiche oblié que, pa des gins parlant eine eaute lanque, i-soiche déméprisé

No patois, ch'est no symbole, no signe de ralliemint, ch'est l'incestral lien qui unit tous les Tournisiens. L'ceu qui veut, eine feos, intinte ces meots qu'on dit dins l'cité des cheonq clotiers, in ouvrant ses orelles pou bin acouter, i-n'a qu'à aller porméner dins nos rues, nos rulettes ou bin l'leong d'nos quais .

J'sus seûr que dins toutes les conversatieons, i-intindra toudis au moinse eine de ces espressieons : 

D'ein qui n'in a jamais assez, pou bin définir l'perseonne, on dit : "M'n'heomme i-li faudreot l'gardin et les preones". On dit pou ein rusé, ein soucard : "Dusqu'i-s'perdra, i-f'ra noir !". On dit pou ein heomme qui veut passer inaperchu, ein qu'on a jamais ermarqué : "I-fait l'effet d'ein grain d'aveine dins l'gueule d'ein baudet".  Pou ein individu maiguerleot, on dit que "ch'est ein carilleon d'ossiéaux". On dit d'ein heomme qui fait du mauvais ouvrache, d'ein bricoleu, d'ein cafouilleu : "Et bé m'n'heomme, i-est adreot d'ses mains comme ein pourchéau de s'queue". Pou désigner ein qui aime bin l'biere et qui est toudis quervé, vous risquez pétête d'intinte : "M'heomme i-buvreot Bapéeaume et ses fossés" cha m'étonnereot... cha n'est pus fort utilisé, asteur, on parle avant tout "d'ein potieau d'cabaret". Pou ein vantard, ein qui s'prind toudis l'tiête, on dit :"Ein heomme qui s'vante et ein baudet qui s'gratte ch'est deux bellés biêtes". Cha va alfeos vous choquer quançque vous intindrez pou ein heomme qui est in train d'agoniser ; "I-n'a pus beauqueop d'sanche, s'cul i-sint l'louchet", rasseurez-vous, cha n'est pos de l'vulgarité, diseons que ch'est ein peu... imagé. Là dusque j'sus d'accord d'dire que ch'est vraimint grossier, ch'est quançqu'on anneonche que "l'feimme est impanch'loutée". Ces meots-là cha m'fait pinser au ceu qui n'a pos l'langache fort raffiné, ainsin on dira d'ein qui parle platemint : "à m'mote que m'n'heomme i-n'tamisse pos fin !". Pou ein heomme qui a marié eine feimme infidèle, eine qui a l'habitude d'aller vir ailleurs si l'hierpe elle est pus belle, on li dira, in guisse d'consolatieon et pou n'pos treop s'in faire : "I-véaut mieux ête wieot qu'aveule : on veot ses confrères". Cha m'fait pinser à ceulle phrase que j'ai intindue concernant ein malhureux qui éteot cocu :"L'curé li ouvère l'porte à double battants, pou qui n'accroche pos ses cornes in rintrant". Vous avez pétête rincontré dins vo vie, ein profiteu, ein heomme du ginre pique-assiette, d'li on dira : "Pou li minger à l'ouel, s'bouque elle f'reot l'tour de s'tiête". 

Ein bieau jour, des gins de la héaute société on voulu interdire l'patois d'Tournai. Pa ces jocrisses, i-a été banni des classes des écoles, ch'est simpe, si on l'parleot, on attrapeot eine colle. Si te diseos "ahais Mossieu" pou répeonte à eine questieon, te t'ortruèveos, vite fait bin fait, avé eine punitieon. On d'veot copier chint feos, in calligraphie : "En français on répond oui, le maître me l'a souvent dit".

Comme diseot Mossieu Parvenu et Madame Proutemachère : 

"Mon Dieu que ce langage est vulgaire, il définit bien les classes populaires, si un enfant veut s'élever dans la société, on doit lui interdire cette façon de parler". 

"Bé queompte là d'zeur et beos d'l'ieau, t'aras des clairs boyéaux", si à l'école on éteot obligé d'parler l'lanque de Voltaire, à nos maseons l'maîte i-n'pouveot pos v'nir nous faire taire. 

Tous ces gins qui, pou parler, metteot'ent les preones dins les quertins, i-ont été fameus'mint estoqués pa l'succès du Cabaret Walleon Tournisien. Du patois, ces gins-là i-n'sav'tent pétête rien mais, pou nous eautes, acouter les Filles Celles Picardes, Bruno Delmotte ou les canteus du Bistreot Tournaisien, ch'est bin leon d'ête du flamind. 

I-n'ont jamais voulu comprinte tous ces adeptes du beon langache, que ch'est l'patois de l'Ile de France qui est, peu à peu, dev'nu l'usache. 

Nos incêtres, nos aieux, nos parints qui nous ont éduqués, i-n'conniseot'ent pétête pos deux meots d'Français mais i-ont quand même fait des infants qui, dins l'société, peuv'tent, aujord'hui, s'débrouiller. 

Dins no beonne ville d'Tournai, tertous on sait qu'eine perseonne qui a l'bazin, ch'est eine qui est prisse d'trimblemints, qu'ein heomme qui su s'freont i-a ein riche boursieau, ch'est pasqui-a eine bosse après eine mauvais queop. I-n'feaut pos nous espliquer quançqu'on dit qu'on a brichaudé l'argint, on comprind tout d'suite qu'on a gaspillé les liards comme chez Publifin. On s'déméfie des cache-à-puches et des mordiquéaux, i-cache'tent toudis à batt'lier, à vous bourrieauder, à vous inveyer à l'hosto. A Tournai, à Ath ou à Mouscreon, on a tertous nos espressieons, ch'est no carte d'idintité, ein espèce d'marque d'fabricatieon. 

Si vous m'suivez d'puis l'prumier artique, vous n'avez pus b'soin du lexique et si vous êtes fidèle d'puis l'prumière rubrique vous pouvez me l'faire savoir pa ein commintaire, même laconique.

In attindant, l'sémaine qui vient, on orpalera d'cuisine grâce, bin seûr, aux orcettes de no beonne Fifinne !

(lexique : eine babillarte : une lettre / asteur : maintenant / quate chints : quatre cents / saim'di : samedi / des cacoules : des carabistouilles, des histoires inventées / adveiner : deviner / ein infant : un enfant / ichi : ici / eine eaute lanque : une autre langue / démépriser : mépriser / l'ceu : celui / eine feos : une fois / les cheonq clotiers : les cinq clochers / acouter : écouter / porméner : promener / les rulettes : les ruelles / l'leong : le long / seûr : sûr / au moinse : au moins / l'gardin : le jardin / les preones : les prunes / ein soucard : un sournois / dusque : où / inaperchu : inaperçu / l'aveine : l'avoine / ein maiguerleot : un homme très mince / les ossiéaux : les os / ein ouvrache : un ouvrage, un travail / ein cafouilleu : personne qui agit de façon désordonnée, qui ne sait pas par où commencé l'ouvrage / ein pouchéau : un porc, un cochon / quervé : ivre / pétête : peut-être / ein potieau d'cabaret : un pilier de bar / alfeos : parfois / quançque : lorsque, quand / l'sanche : la chance / l'louchet : la bêche (dans ce cas celle du fossoyeur) / anneoncher : annoncer / impanch'loutée : enceinte / platemint : platement / à m'mote : à mon idée / tamisse : tamise / l'hierpe : l'herbe / in guisse : en guise / wieot : cocu / ein aveule : un aveugle / ceulle : cette / l'ouel : l'oeil / l'bouque : la bouche / simpe : simple / ahais : oui / queompter : compter / là d'zeur : là-dessus / l'ieau : l'eau / l'maseon : la maison / mette les preones dins les quertins : phrase souvent entendue qui signifie parler avec emphase / ête estoqué : être abasourdi, frappé à mort / les canteus : les chanteurs / ête bin leon : être bien loin / tertous : tous / avoir l'bazin : être pris de tremblements / ein boursieau : une bosse, un hématome / ein queop : un coup / brichauder : gaspiller / les liards : l'argent / s'déméfier : se méfier / les cache-à-puches : personnes qui recherchent la bagarre,, qui cherchent continuellement noise / des mordiquéaux : des sales individus / batt'lier : batailler / bourrieauder : brutaliser / inveyer : envoyer / l'prumier artique : le premier article / les orcettes :les recettes).

S.T. mars 2017.

08:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |