23 août
2016

10:08

Tournai : promenade le nez en l'air (3)

A l'ombre des cinq clochers, la promenade continue !

Cette fois encore, nous allons partir à la découverte d'éléments architecturaux ou insolites que nos yeux de Tournaisiens habitués à déambuler dans la ville ne voient plus et que certains touristes ignorent totalement durant leur visite. 

 

Le chapiteau de l'homme qui tombe.

2005 Tournai cathédrale l'homme qui tombe (1).JPG

2005 Tournai cathédrale l'homme qui tombe (2).jpg

Dans la nef de la cathédrale Notre-Dame, à proximité de l'entrée par la porte du "Capitole", une colonne représente un "homme qui tombe". J'ai entendu plusieurs versions concernant cette représentation. La plus généralement admise évoque l'hommage d'un sculpteur à ceux qui se tuèrent lors de l'édification de l'édifice au XIIème siècle. Un chanoine y voyait plutôt une colonne posée à l'envers. Pour ce religieux, le personnage aurait dû être placé dans le bas et aurait ainsi symbolisé l'humanité qui souffre sous le poids des péchés. La troisième version, plus coquine, se rapproche de l'avertissement contenu dans la pierre gravée, placée sous l'arche formée par la chapelle Saint-Vincent qui relie l'évêché à la cathédrale. Cet avis s'adresse directement aux "malpropres qui, sentant venir un besoin urgent, sont invités à passer leur chemin". Etant libellé en latin, il est dommage que les "malpropres" de notre époque connaissent de moins en moins ce qu'on appelle les langues mortes. Cette colonne, retournée, aurait ainsi fustigé, ceux qui se soulageaient (et continuent à le faire) le long des murs de la cathédrale. 

 

La rosace.

2005 Tournai cathédrale la rosace (1).JPG

Lorsque des touristes font une visite du prestigieux édifice, en compagnie d'un guide, celui-ci ne manque pas de leur décrire la rosace située au-dessus des grandes orgues et de l'entrée principale. Au centre, on trouve une représentation de la Vierge Marie puisque la cathédrale lui est dédiée. Autour d'elle, seize petits cercles représentent des angelots, les seize cercles suivants de taille moyenne représentent les signes du zodiaque, trois par trois, séparés par des personnages représentant les saisons. Les seize cercles extérieurs de plus grande taille représentant les prophètes mais aussi Salomon et Moïse. Cette rosace a été placée dans le courant du XVIIIe siècle. Placée au nord-ouest de l'édifice, elle ne brille malheureusement de mille feux qu'à la tombée du jour. 

 

La statue de Notre-Dame la Brune.

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Cette statue en bois représentant une vierge à l'enfant a été offerte, en 1568, par un officier durant l'occupation espagnole en remplacement de celle brisée par les iconoclastes, en 1566. Cette vierge au visage de teinte brune a fait l'objet d'une restauration à l'IRPA, voici quelques années. Pour les historiens, c'est probablement la polychromie de sa robe d'origine qui lui a valu ce vocable. Pour d'autres, c'était la couleur foncée du bois qui l'assimilait aux vierges noires qu'on trouve dans les pays du Sud de l'Europe. Au cours de cette restauration, on a découvert que la teinte "bronzée" n'était pas celle qu'elle présentait à l'origine mais qu'elle résultait probablement de fumées. Les Amis de la Cathédrale ont souhaité la présentait au public sous l'aspect qu'elle avait au XVIème siècle. Me trouvant à l'accueil de la cathédrale au moment de son retour, de nombreuses personnes, surtout âgées, m'ont faire part de leur étonnement et même d'une pointe de déception, elles avaient perdu leur "vierge noire". Peut-être craignaient-elles qu'elle n'exauce plus leurs prières ? 

 

 

 

 L'abbaye de Saint-Martin

2006 Tournai plan abbaye de St Martin.JPG

 

 

On retrouve les premières traces de cette abbaye au début du XIème siècle, celle-ci allait s'étendre pour occuper les terrains sur l'entièreté du parc communal actuel et possédait de nombreuses propriétés dans la région.Le plan de cette abbaye disparue au moment de la Révolution française apparaît sur le mur d'une habitation de l'Enclos Saint-Martin. A partir du parc communal, on peut découvrir le cloître reconstitué faisant aujourd'hui partie des bâtiments de l'hôtel de Ville. 

 

 

 

 

2006 Tournai Hotel de Ville (3).JPG


L'Histoire de la ville résumée sur un bâtiment officiel.

Combien de personnes ont déjà pris le temps d'observer minutieusement les cartouches qui se trouvent sur le bâtiment des services administratifs de l'Administration Communale ! Ceux-ci reprennent chronologiquement (de droite à gauche) une succession de faits historiques : la louve allaitant Romulus et Remus rappelle la création de Rome, c'est à l'époque romaine que la cité des cinq clochers est apparue, les abeilles d'or de Childéric, père de Clovis, le roi des Francs qui avait fait de Tournai sa capitale, les drakkars des invasions des Vikings, la construction de la cathédrale Notre-Dame... le dernier représente les bombardements de la cité en 1940.

2006 Tournai Hôtel de Ville (2).JPG

Nous finirons notre promenade par des lieux peu connus du grand public mais dont l'histoire mérite d'être contée. 

(documents photographiques : F. Bauduin et collection personnelle).

S.T. août 2016.

20 août
2016

11:38

Tournai : expressions tournaisiennes (372)

Thérèse, l'terreur des balanches.

I-a alfeos des gins qui voudreot'ent bin passer inaperchus, i-ont bieau faire, on les veot arriver du fin feond de l'rue. Quançque j'parle de ces gins-là, j'pinse toudis à Thérèse, l'amie d'Fifinne, l'file d'ein Timpleuvois et d'eine inglaise

J'l'ai rincontrée, ceulle sémaine, chez Edmeond et Fifinne, elle éteot v'nue à Tournai acater eine paire d'ballerines. Comme i-m'l'a raqueonté m'comarate Edmeond, elle n'a jamais pu mette des sorlets à taleons. On a vite compris que si eine feimme pèse chint quater-vingt-quate kileos, ch'n'est pos possipe que ses gampes tienne'tent su des p'tit morcieaux d'beos. L'seule feos qu'elle a voulu essayer, l'paufe file, elle a cait in bas d'ses sorlets et elle a démis s'chevile.

Quançque Thérèse elle s'a assise su l'cayère, j'ai vu Edmeond faire secrèt'mint eine prière :

"Mo Dieu, j'vous d'minde d'protéger m'meublier, j'veos d'jà les pieds de l'cayère qui qu'minchent à plier".

I-a eu ein miraque, Edmeond i-a été exaucé, l'cayère elle a gémi mais elle n'a pos cassé. 

I-a fallu ein quart d'heure pou qu'Thérèse elle orprenne s'n'haleine, on la veyeot aspirer d'l'air pa s'bouque et ses nareines.

"Chéteot bin mieux à l'rue Montifaut, i-n'aveot pos d'marches, mais queulle idée qui t'as pris d'habiter asteur au prumier étache !".

S'adressant à Fifinne, tout in parlant, elle s'a pinchée vers l'avant, Edmeond i-a pinsé, "i-n'va quand même pos mette ichi ses bras su l'tape, c'n'élephant"..

"J'vas printe deux ou treos chuques pou mette dins m'café, l'docteur i-m'a conseillé d'oblier à jamais l'chuquerrier, j'li fais confiance mais ch'est l'impossipe qui m'a d'mindé ! D'jà que pou m'régime j'ai supprimé, l'matin et l 'soir, l'lait". 

"Quançque ch'est ainsin, commint que te fais pou v'nir, t'as trouvé à Timpleuve eine beonne âme pou t'conduire ?".

"Mo bé, j'n'habite pus Timpleuve d'puis lommint, j'ai pris m'liberté, j'vis asteur à Ramegnies-Chin. M'mopère i-a trouvé cha tout à fait normal, mais m'mamère, j'creos, que cha li a fait beauqueop d'mal, elle m'a dit que d'puis qu'j'aveos quitté l'villache tertous i-li diseot'ent qu'i-veyeotent fameus'mint l'plache ! T'départ, ch'est ein grand vide que m'mamère m'a dit tout bas, in essayant acore eine feos de m'printe inter ses bras".

Au momint qu'elle a dit cha, j'ai eu eine mauvaisse pinsée, comme vous connissez m'n'honnêteté, j'vas vous l'avouer :

"Ch'est comme l'greos quêne qui a au beos d'Bonsecours, là aussi i-feaut ête à trinte-six pou in faire l'tour".

Ch'est pos bieau, je l'sais, mais j'n'ai pos pu m'impêcher ! Vous allez tertous pinser que ch'n'est pos malin de s'moquer d'eine parelle infirmité, ahais, mais elle, si elle est ainsin ch'est pasqu'elle n'arrête pos d'toffier, elle n'est jamais maflée. Elle comminche à minger dès qu'elle est dérinviée et ch'est ainsin jusqu'au momint qu'elle va s'coucher. Même pindant l'nuit, à n'importe quelle heure, elle va pluquer eine séquoi dins l'réfrigérateur. 

Ceulle file, elle a ein estomac sans fin et chez elle tout fait fareine au moulin : de l'soupe à l'ogneon ou bin de l'ratatoute à porieons, des marmoulettes ou bin de l'blanquette, ein morcieau d'pourchéau ou bin eine assiette d' mutieau, ein plat d'salate ou bin des coucoubaques à l'castonate, eine plaque d'chucolat ou bin ein barre d'nougat, de l'tarte ou risse ou bin des bateons d'réglisse, du bédeo ou... j'arrête là m'n'énumératieon, j'vas d'attraper eine indigestieon !

Après ces considératieons, j'orprinds l'cours de l'conversatieon, Thérèse elle éteot jusse in train d'répeonte à l'interrogatieon d'Edmeond. 

"Adeon, quançque j'deos vn'ir à l'ville faire des commissieons, j'm'arringe toudis pou faire l'route ave l'vieux Gasteon"

In intindant ces meots, Edmeond, j'n'ai pos osu l'raviser, au feond d'mi-même, j'saveos d'jà quoisqu'i-alleot li d'minder.

"Quoisqu'i-a comme auteo, l'vieux Gasteon ?".

"Ch'est pos eine auteo, ch'est ein camieon !".

"Va bene, va bene" qu'i-a dit l'air sérieux Edmeond pindant que l'file simbleot s'poser des questieons. 

Ch'éteot pus fort que mi, j'n'ai pos pu m'ortenir, tout à n'ein queop, je m'sus éboulé d'rire. 

"Va bene", in frinçais cha veut dire "cha va bin", j'aveos pos imaginé que m'comarate i-parleot l'italien. J'veyeos d'jà l'benne du camieon s'orlever et Thérèse bourler in bas face l'devinture du marchand d'sorlets. D'jà que les pavés d'Tournai i-n'seont pos in fort beon état, Mossieu Boite i-areot acore dû ichi réparer d'fameux dégâts. 

"Mo, in t'intindant, j'ai cru que pou ortourner j'areos été obligée d'aller à l'arrière, pasque l'camieon d'Gasteon, je n'te l'ai pos dit, ch'est eine bétallière. Mo Dieu, t'es ein fameux bougre, te m'as foutu l'pépette, soiche rasseuré Edmeond, j'meonte toudis à côté d'li à l'avant du camieon" !

"T'as pos ein p'tit biscuit à minger, Fifinne" qu'elle a dit Thérèse, "je n'vas pos m'in faire pou l'visin qui répète toudis que j'vas finir obèse".

 L'platieau d'petits fours i-n'a fait qu'ein tour, on n'd'a même pos eu ein, elle l'a vidé in ein tour de main. 

"Les chucartes , ch'est m'péché migneon, j'm'traîn'reos su..."

"On a compris, i-est beon". 

"Chez à l'maseon Marquette à Orcq que j'vas querre des déchets d'waufes alfeos, i-seont fin bénaisses de m'vir, j'n'ersors jamais d'là sans mes treos sachets d'chinq kileos"

"Vingt milliards bé, te deos d'avoir pou tout eine ainnée" qui a dit Edmeond tout paf.

"Bé neon, neon, j'avale tout cha in moins d'deux" qu'elle a répeondu l'galafe.  

"Ch'est m'provisieon pour quançque j'ravise l'télévisieon, l'nuit que j'ai suivi Nafissatou Thiam, j'n'ai pos arrêté d'faire miam-miam", on a bieau dire mais les émotieons cha creuse et là d'zeur, pou tout faire passer, j'ai avalé deux beonnes Gueuze".

"Deux Gueuze et treos sachets d'déchets d'waufes, bé cha alors, si-i-areot les Jeux Olympiques pou les galfards t'areos l'médalle d'or". 

"J'minge quand même moinse qu'avant, j'ai perdu deux kileos d'puis chinq ans, d'jà quançque j'éteos toute gamine, j'ai toudis fait attintieon à m'régime".

Tout à n'ein queop, elle s'a erlevée.

"I-est temps pasque Gasteon i-va arriver. I-est parti conduire ein vieau à l'abattoir et i-aime bin ête rintré à s'maseon avant l'soir".

L'porte de l'salle à minger, ch'est d'travers qu'elle l'a passée et quançqu'elle a déquindu on a intindu gémir l' escalier.

"Pouvu qu'elle ne passe pos à travers, l'galafe, pasqu'on pourreot l'ertrouver in plein mitan de l'cave". Edmeond i-n'a vraimint été soulagé qu'au momint dusqu'i-a intindu l'porte de l'rue s'erfermer. Gasteon l'attindeot l'leong du quai et i-a eu bin du mau à l'imbarquer. Deux feos qu'elle est orpartie in arrière allant s'écraser su les barrières et bin qu'elles soichent rouillées, les vielles rambardes elles ont bin résisté.

Edmeond qui raviseot l'tablature po cassis, i-a souri et i-a dit :

"I-n'feaut pos qu'elle vient à caire dins l'Esquéaut pasqu'on n'a pos 'cor élargui l'Pont des Tréos !". 

P.S. Comme je l'dis toudis à l'fin d'mes artiques : toute orsannance ave des perseonnes qui vous connissez, ch'est de l'pure coïncidence, pasqu'inter nous, eine feimme ainsin, elle s'reot asteur dins eine cirque d'puis bin lommint !).

(lexique : l'balanche : la balance / alfeos : parfois / inaperchu : inaperçu / veot : voit / quançque : lorsque / toudis : toujours / l'file : la fille / l'inglaise : l'anglaise / ceulle : cette / acater : acheter / m'comarate : mon camarade / les sorlets : les souliers / chint quater-vingt-quate : cent quatre-vint-quatre / possipe : possible / les gampes : les jambes / l'beos : le bois / caire : tomber / l'cayère : la chaise / l'meublier : le mobilier / qu'mincher ou commincher : commencer / ein miraque : un miracle / orprinte : reprendre / l'bouque : la bouche / les nareines : les narines / queulle : quelle / asteur : maintenant / s'pincher : se pencher / l'tape : la table / l'chuque : le sucre / oblier : oublier / l'chuquerrier : le sucrier / lommint : longtemps / m'mopère : mon père / m'mamère : ma mère / beauqueop : beaucoup / tertous : tous / l'plache : la place / acore : encore / printe : prendre / inter : entre / l'quêne  : le chêne / parelle : pareille / ahais : oui / toffier : manger goulûment / ête maflé : être rassasié / dérinvier : réveiller / pluquer : grignoter / eine séquoi: quelque chose / l'fareine : la farine / les ogneons : les oignons / les porieons : les poireaux / les marmoulettes : les moules  / l'pourchéau : le cochon, le porc / l'mutieau : pâté grossier / des coucoubaques : des crêpes / l'castonate : la cassonade, sucre roux à partir de la betterave / du chucolat : du chocolat / de l'tarte au risse : de la tarte au riz / l'bédeo : l'agneau / orprinte : reprendre / jusse : juste / adeon : donc / osu : osé / quoisque : qu'est-ce que / tout à n'ein queop : tout à coup / s'ébouler : s'effondrer, s'écrouler / s'orlever : se relever / foute l'pépette : faire peur / rasseuré : rassuré / l'visin : le voisin / les chuquartes : les sucreries / querre : chercher / des waufes : des gaufres / bénaisses : contents / vir : voir / tout paf : tout saisi, profondément surpris / l'galafe ou l'galfard : le gourmand / là-d'zeur : là-dessus / moinse : moins / ein vieau : un veau / eine maseon : une maison / déquinte : descendre / in plein mitan : au beau milieu / dusque : où / s'erfermer : se refermer / l'leong : le long / orpartir : repartir / soichent : soient / vielles : vieilles / l'tablature : la situation ridicule, gênante / l'cassis : le châssis / l'Esquéaut : l'Escaut, le fleuve qui traverse Tournai / élarguir : élargir / ein artique : un article / eine orsannance : une ressemblance).

S.T. août 2016.

11:38 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

18 août
2016

09:22

Tournai : promenade le nez en l'air (2)

La promenade continue !

Nous  nous étions arrêtés face au portail de l'ancien bureau de Poste de la rue des Chapeliers. On repart et on relève à nouveau la tête pour découvrir d'autres lieux qu'on ne remarque pas si on vient visiter Tournai pour la première fois et moins encore si on passe régulièrement à proximité ! Notre périple permettra également de rencontrer un Tournaisien, grand défenseur du folklore de la cité des cinq clochers. 

 Cartouches, enseignes et balustrades insolites.

Tournai rue de la Cordonnerie A la Pomme d'Orange.jpg

A l'angle formé par la rue des Chapeliers et la rue de la Cordonnerie, une ancienne "enseigne" est encore visible, au-dessus de la porte d'entrée de l'actuel magasin de vêtements, celle de l'estaminet : "A la Pomme d'Orange". L'auteur de la photo a inscrit, par distraction, la mention rue de Courtrai, cette dernière débute bien au-delà de la place Paul Emile Janson après la rue du Curé Notre-Dame. 

Tournai place Paul Emile Janson le plan de la ville sur balcon.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la place Paul Emile Janson, un immeuble a été construit dans le courant des années 80, récemment les balustrades des balcons ont été rénovées. A-t-on déjà remarqué que l'enchevêtrement des fers représente tout simplement le plan de la ville de Tournai ?

 

Tournai place Paul Emile Janson plan de la ville sur balcon (2).jpg

Les cartouches.

Sur de nombreuses façades, on découvrait, jadis, des pierres sculptées représentant, par l'image, la profession de l'habitant des lieux, sorte d'enseigne de commerce à l'époque où peu de gens savaient lire. Je me rappelle que lors de travaux effectués, au début des années nonante, à la rue du Becquerelle dans le cadre de la construction d'un nouveau bâtiment à destination d'un organisme financier, une pierre gravée représentant un mortier de pharmacien a été trouvée. J'ai eu l'occasion de lire le rapport d'étude fait par l'ancien conservateur du musée d'Histoire et d'Archéologie, Mr. Duphénieux. Ses recherches lui ont permis de découvrir que cette pierre provenait très certainement d'une officine située, jadis, non loin de l'église Saint-Quentin dont le pharmacien s'appelait, pure coïncidence ou pas, Dumortier ou Du Mortier. Cette pierre a été conservée et scellée dans un des murs du nouveau bâtiment. Comment avait-elle atterri à cet endroit ? L'explication est simple, les gravats de démolitions effectuées en ville ont servi, au cours des siècles, de remblais pour de nombreuses constructions.

Tournai cartouche rue de la Wallonie 14 (Delhaye).JPG

cartouche sur une façade de la rue de la Wallonie

Lors de promenades dans le centre-ville, vous pourrez découvrir d'autres cartouches notamment à la place de Lille (ancienne boulangerie), à la rue des Bouchers Saint-Jacques, à la rue du Cygne (représentation de l'ancienne porte Ferrain et d'un arbalétrier illustrant l'article consacré dans ce blog à la lente évolution de la rue du Cygne), à la rue de l'Hôpital Notre-Dame (représentations de scènes bibliques)... pour autant que vous vous promeniez le nez en l'air. 

 

La Maison Tréhoux, "Au Siècle de Louis XIV".

Tournai au Siècle de Louis XIV Maison Tréhoux.jpg

La maison Tréhoux

 

Edouard Tréhoux (1878-1952) habitait, depuis 1912, au n°23 de la rue des Puits l'Eau. Son magasin d’ébénisterie portait l'enseigne "Au siècle de Louis XIV". Il est connu pour être le père des géants tournaisiens construits pour la plupart entre 1932 et 1934 (NDLR : voir les articles consacrés aux différents géants). Son premier géant fut "Reine Tournay". En plus de la précitée, on lui doit également "Childéric"," Christine de Lalaing", "Louis XIV", "Saragos", "Châle Vert", "Louis XVIII", le raccommodeur d'assiettes, "Lethalde" et son frère "Engelbert", croisés tournaisiens entrés les premiers dans Jérusalem lors de la croisade menée par Godefroid de Bouillon. Au cours des décennies qui suivirent, des Tournaisiens suivirent son exemple et d'autres géants de quartiers furent construits comme "Gramère Cucu" de Saint-Piat, "Storme" du quartier du Maroc, "Lalie" du quartier Saint-Brice à la tête de son groupe folklorique des "Pêcheurs Napolitains", "Jean Noté" du quartier Sainte-Magritte (Sainte-Marguerite), le "Vendéen" du quartier du 24 août, le "P'tit Chasseur" et "Edouard Tréhoux", un géant créé par les Amis de Tournai pour lui rendre hommage. Ces géants défilent lors du cortège organisé par les Amis de Tournai en septembre. 

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2015.09.13 Christine de Lallaing géant.jpg

Reine Tournay fut le premier géant pour la braderie de 1932        Christine de Lalaing date de 1933

 

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le vendéen

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                              Louis Storme qui fut le père de 21 enfants et "Bourguémette " du quartier du Maroc

  

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                                                                les géants Storme et Jean Noté

 

Les parapluies de... Tournai.

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Tournai rue Gallait parapluies 2016.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'image de certaines rues de cités méditerranéennes, les rues de la Cordonnerie et Gallait situées dans le piétonnier de la Croix du Centre (c'est le nom qui lui avait été donné par le bourgmestre Raoul van Spitael lors de son inauguration dans les années septante mais qu'on semble aujourd'hui ignorer) se sont dotées de rangées de parapluies multicolores apportant un peu d'ombre aux jours de grand soleil et... balançant joyeusement aux jours de grand vent.

 

Tournai rue de la Cordonnerie parapluies 2016.jpg

Espaces verts !

Tournai rue des Carmes.jpg

rue des Carmes

2011 Tournai rue des Campeaux  1.jpg

                                                                         rue des Campeaux

On rencontre encore au gré de la promenade des maisons qui se dissimulent pudiquement derrière une couverture végétale.

Nous aurons bientôt l'occasion de découvrir d'autres éléments parfois ignorés. 

(documents photographiques : le Courrier de l'Escaut - R. Rauwers - collection de J. Driesens que je remercie et collection personnelle)

S.T. août 2016.

09:22 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |